Bill Zonnon Action 1

Bill Zonnon avait 5 ans la première fois qu'il a vu P.K. Subban jouer pour les Canadiens de Montréal à la télévision.

« J'ai dit à mes parents : "Je veux être comme lui", a raconté le jeune homme de 16 ans natif de Montréal. Alors ils m'ont emmené dans un magasin, nous avons acheté de l'équipement, puis j'ai commencé à jouer et à réaliser que je pourrais me rendre loin dans ce sport. Me voilà ici aujourd'hui. »
Le « ici », c'est à Rouyn-Noranda avec les Huskies dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). L'attaquant recrue est le quatrième meilleur marqueur de son équipe avec 19 points (huit buts, 11 passes) en 21 matchs.
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Il occupe le troisième rang à égalité parmi toutes les recrues de la LHJMQ derrière le centre Matyas Melovsky (25 points; cinq buts, 20 passes en 26 matchs) du Drakkar de Baie-Comeau et l'attaquant Maxim Massé (24 points; sept buts, 17 passes en 23 matchs) des Saguenéens de Chicoutimi.
Zonnon, sixième choix au total du repêchage 2022 de la LHJMQ, a été nommé recrue du mois d'octobre, alors qu'il a marqué dans quatre matchs consécutifs au cours d'une séquence de sept rencontres de suite avec au moins un point (12 points; cinq buts, sept passes).
Il a goûté à l'expérience du hockey international pour la première fois quand son nom a été ajouté à la formation du Canada pour le Défi des moins de 17 ans 2022 à Langley et à Delta, en Colombie-Britannique, du 3 au 12 novembre.
Zonnon a amassé trois points (un but, deux passes) en six rencontres pour Équipe Canada Blancs dans le tournoi qui mettait en vedette les États-Unis, la Finlande, la Suède et la Tchéquie.
« Du côté offensif, son intelligence au jeu est très élevée, et il a de très bonnes mains, ainsi qu'un bon lancer, a noté l'entraîneur des Huskies Brad Yetman. Il apporte beaucoup de choses. Il est autant un bon franc-tireur qu'un bon passeur. »
Zonnon (6 pieds 2 pouces, 179 livres) se dit plutôt surpris par ses succès en début de saison, lui qui a évolué avec Northwood School à Lake Placid, dans l'État de New York, au sein du programme de développement américain (prep school). Là-bas, il a récolté 33 points (14 buts, 19 passes) en 75 parties de 2020 à 2022.
« Je suis une personne qui a énormément confiance en ses moyens. Je me plaisais à croire que j'étais capable de connaître un bon départ, mais je n'en étais pas certain, a-t-il dit. Je ne savais pas à quoi ressemblerait le calibre de jeu. Mais mon but était évidemment d'avoir un impact positif. J'ai pu voir à quoi le niveau de jeu ressemble et m'adapter. Je connais un bon départ, je me surprends un peu. »
Yetman, quant à lui, est loin d'être étonné.
« Nous avons vu très tôt au camp d'entraînement à quel point il peut être dynamique, a expliqué l'entraîneur. Ça reste impressionnant de voir un jeune de 16 ans être capable de mettre des points au tableau de la sorte. Mais nous savions quand nous l'avons repêché qu'il pouvait être un excellent joueur, qu'il est capable de créer des jeux et de capitaliser sur les chances de marquer.
« Nous lui avons laissé un peu de temps pour qu'il s'adapte à la ligue. Lorsque nous avons commencé à lui donner plus de temps de glace et plus de responsabilités en avantage numérique, il a saisi l'occasion. »
Zonnon soutient qu'il modèle son jeu sur celui de l'attaquant des Rangers de New York Artemi Panarin, son joueur préféré dans la LNH.
« Nous avons une bonne vision quand nous avons la rondelle, et nous avons de bonnes mains », a-t-il estimé.
Zonnon aime également l'assurance avec laquelle Panarin joue, et il a une grande admiration pour ce qu'a démontré Subban avant de prendre sa retraite après 13 saisons avec les Canadiens, les Predators de Nashville et les Devils du New Jersey.
« C'est ce que j'essaie de transposer dans mon jeu, a dit le jeune homme. Tu dois avoir confiance en tes moyens et être capable d'exposer cette assurance. J'ai l'impression que c'est ce qu'aiment les gens de notre génération. Les gens aiment les gars qui ne sont pas que des joueurs de hockey. Ils aiment ceux qui en font davantage en dehors de la glace. Ça peut se traduire par leur façon de s'habiller, leur façon d'agir. »
Zonnon a hésité entre la LHJMQ et les États-Unis pour la suite de son développement, ne sachant pas laquelle des deux avenues serait la meilleure pour lui permettre d'atteindre un jour la LNH.
Il a choisi le circuit junior québécois principalement parce que ça lui permettait de revenir aux sources.
« Il y a toujours eu une partie de moi qui voulait revenir à la maison, a mentionné Zonnon. Même si j'ai décidé de jouer dans la 'Q', je regarde encore des matchs universitaires et des vidéos sur YouTube en lien avec les campus. Je ne regrette pas du tout ma décision, mais le hockey universitaire est toujours quelque chose de très intéressant. »
\Crédit photo: Jean Lapointe*