BUIUM BADGE CHAUMONT

ARLINGTON, Virginie – Le hockey restera toujours une roue qui tourne. Un joueur prend sa retraite, un autre joueur fait ses débuts. Chez le Wild du Minnesota, Marc-André Fleury et Zeev Buium ont illustré cette classique scène au printemps.

À 40 ans, Fleury vivait les derniers jours de sa carrière dans la LNH lors de la série de premier tour contre les Golden Knights de Vegas. Au même moment, Zeev Buium, un jeune défenseur de 19 ans, avait le bonheur de faire ses débuts avec le Wild.

Invité comme représentant du Wild à la vitrine des meilleurs espoirs de la LNH, un événement organisé conjointement par l’Association des joueurs et le fabricant de cartes Upper Deck, Buium a dérogé des réponses classiques pour décrire son expérience auprès du gardien québécois.

« Il était génial avec moi », a dit Buium mercredi dernier à sa sortie d’une séance de photos au centre d’entraînement des Capitals de Washington à Arlington, où se tenait l’événement. « J’avais entendu toutes les histoires à son sujet et je savais qu’il représentait un personnage unique. J’ai compris que c’était bien le cas.

« J’ai appris à le connaître et il faisait tout pour que je me sente bien avec le Wild. Il prenait le temps de venir me parler et il me posait aussi des questions au sujet de ma famille, pas juste sur le hockey. Je trouvais ça incroyable. Flower a connu une formidable carrière dans la LNH. Je ressentais toute la tristesse en fin de saison puisque nous savions qu’il accrochait ses jambières. Toutes les équipes lui rendaient des hommages, ce n’était pas juste à l’intérieur de notre vestiaire. Il méritait cette vague d’amour. Pour moi, Flower est une légende. Et je ne suis pas le seul à penser ça. »

Buium, un défenseur de 6 pi et 183 lb, est tombé sous les griffes de celui qu’on décrit comme l’un des meilleurs joueurs de tours de la LNH.

« Il m’a fait un mauvais coup, mais ce n’était rien de trop fou, a-t-il répliqué en souriant. À mon premier jour avec le Wild, j’étais assis dans la première rangée de notre salle des vidéos. J’avais écouté les recommandations de mes coéquipiers. À son arrivée, il m’a dit que j’avais pris son siège. Mon cœur a arrêté de battre un peu. Je me sentais mal. Mais il m’a rapidement dit que c’était juste une blague. »

De retour au Minnesota pour le début des classes de ses trois enfants à l’école, Fleury a corroboré les dires de la recrue du Wild.

« Je lui ai juste fait un petit mauvais coup, a dit le nouveau retraité. Ce n’était rien de trop gros même si je m’en souviens bien. J’ai juste dit à Zeev qu’il avait pris ma place et que je voulais mon siège. Il se sentait mal. Je le voyais dans son visage. Il est devenu nerveux rapidement. Mais je n’ai pas étiré ça longtemps.

« J’avais de la misère à garder mon côté sérieux. J’avais en tête de le rendre nerveux, mais quand j’ai vu le stress dans ses yeux, je me suis dit que c’était assez. Je l’avais piégé ! J’étais content.

« J’ai toujours aimé préparer des coups pour les recrues, a-t-il poursuivi. Je savais qu’ils n’oseraient pas se venger. Ils étaient de bonnes cibles. Mais je le faisais pour détendre l’atmosphère et pour les inclure rapidement dans le groupe. C’est une bonne façon de tester le sens de l’humour d’un joueur. »

Un défenseur doué offensivement

Buium, un choix de premier tour (12e au total) au repêchage de 2024, a porté l’uniforme du Wild pour quatre des six matchs de premier tour face aux Golden Knights. Il a fait le saut au Minnesota immédiatement après l’élimination de son équipe en demi-finale du Frozen Four, le championnat emblématique de la NCAA.

Gagnants en 2024, les Pionners de l’Université de Denver ont subi un revers de 3-2 contre l’Université Western Michigan, éventuels vainqueurs de l’édition 2025.

À sa dernière saison à Denver, Buium a montré qu’il était prêt pour le prochain niveau avec une récolte de 48 points (13 buts, 35 passes) en 41 matchs. Le rapide défenseur avait obtenu 50 points (11 buts, 39 passes) en 42 matchs à sa saison recrue.

« Je n’ai pas encore beaucoup d’expérience dans la LNH, mais mes quatre matchs en séries m’ont permis de réaliser que tu dois travailler vraiment fort, a affirmé l’Américain de 19 ans. Le jeu est rapide. J’ai eu un aperçu du rythme à ce niveau, mais aussi de la fréquence des matchs. Ça devient une plus grande bataille mentalement. Pour cet été, je me suis concentré afin d’ajouter du poids et des muscles. La LNH est la meilleure ligue au monde. Je jouerai contre des gars plus vieux et plus costauds. »

Aux yeux de Fleury, Buium a les atouts pour s’établir rapidement à la ligne bleue du Wild.

« Je ne l’ai pas vu pour plusieurs matchs, mais je peux déjà dire qu’il deviendra un bon défenseur dans la LNH. Il a une grande mobilité et il se déplace avec aisance. Il lit bien le jeu, il trouve des façons d’atteindre le filet avec son tir et il relance bien l’attaque. Son côté offensif ressort rapidement.

« Zeev est aussi vraiment gentil. Pour un jeune, je ne le trouvais pas trop timide. Il riait tout le temps et il suivait les autres joueurs sur la route quand nous partions au restaurant. »

Même s’il ne bloquera plus de rondelles, Fleury aura encore l’occasion de croiser Buium sur son chemin. Le gardien québécois restera proche de l’organisation du Wild au cours de l’hiver.

« Je n’ai pas encore parlé avec Bill (Guerin), mais nous voulons travailler ensemble, a précisé Fleury. Mon rôle restera à déterminer. J’aimerais découvrir une autre facette du hockey, celle des dirigeants, sans toutefois voyager sur la route. À court terme, je désire surtout passer du temps avec ma famille. »