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Double tâche pour Wickenheiser

La future membre du Temple de la renommée poursuit ses rêves sur et en dehors de la glace

par Nicholas J. Cotsonika @cotsonika / Journaliste NHL.com

Hayley Wickenheiser s'est dépassée pour être la meilleure athlète possible. Elle se dépasse d'ailleurs toujours, elle qui sera intronisée au Temple de la renommée du hockey le 18 novembre pendant qu'elle poursuit ses études en médecine à l'Université de Calgary et qu'elle travaille en tant que directrice adjointe du développement des joueurs pour les Maple Leafs de Toronto.

Elle savait que l'annonce de la cuvée 2019 du Temple de la renommée serait faite le 25 juin, mais elle ne pouvait certes pas attendre à côté du téléphone. 

« J'avais des choses à faire », a-t-elle dit en riant. 

Le Temple de la renommée n'a même pas réussi à la rejoindre à la suite de sa sélection, car elle était en pleine simulation d'un code bleu. En d'autres mots, elle pratiquait une réanimation d'une personne en arrêt cardiorespiratoire. Pas de téléphone permis. 

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Un peu plus tard, elle a saisi son téléphone et a constaté qu'elle avait des appels manqués en provenance de la région de Toronto et des messages textes de félicitations. En retournant à la maison, elle a appelé le président du Temple de la renommée, Lanny McDonald.

Plus jeune, Wickenheiser avait des rêves quelque peu opposés : gagner une Coupe Stanley avec les Oilers d'Edmonton et aller étudier la médecine à Harvard. Elle a été inspirée par une jeune voisine qui avait été gravement blessée dans un accident. 

« Elle a fini par s'en sortir. Je me rappelle comment cet événement a chamboulé ma vie. J'allais la voir à l'hôpital tous les jours et je voyais comment les médecins et les infirmières prenaient soin d'elle. Je sentais que c'était un métier que je voulais faire, a raconté Wickenheiser. C'est vraiment à partir de ce moment que j'ai compris ce que je voudrais faire autre que d'être impliquée dans le hockey. J'ai réalisé que j'y trouverais mon compte autant qu'au hockey. »

Wickenheiser en est à la deuxième année de trois qu'elle doit faire aux études médicales. Elle étudie la médecine générale pour l'instant, mais voudrait se spécialiser pour devenir urgentologue. 

À compter de janvier, elle passera six mois en stage à Toronto. Elle dit qu'elle va probablement finir par obtenir sa résidence à la même place. Mais depuis que les Maple Leafs l'ont engagé le 28 août 2018, elle vit à Calgary et se déplace à Toronto de quatre à 10 jours par mois. 

Le directeur général des Maple Leafs Kyle Dubas a mentionné que Wickenheiser est une ressource considérable tant pour les joueurs que pour le reste du personnel. En majeure partie, elle fait son travail avec l'équipe de Toronto dans la Ligue américaine et avec celle de Terre-Neuve dans la ECHL. Elle regarde des vidéos, se rend sur la glace pour établir des plans de développement, et tout ça avec une perspective que seule une joueuse d'élite mondiale peut avoir.

La saison dernière, un joueur éprouvait des difficultés. Les Maple Leafs ont envoyé Wickenheiser visiter le joueur et parler au groupe d'entraîneurs.

« Une des choses qui font la force de Hayley est son empathie et son habileté à comprendre les gens, comprendre leurs besoins. Et elle a aussi l'habileté de saisir ce que ça prend pour gérer ces situations, a expliqué Dubas. Elle combine les deux. Je pourrais déceler les problèmes d'un joueur et tenter de lui trouver des solutions, mais je ne pourrais pas le faire avec le bagage d'expérience d'un match pour une médaille d'or et de la meilleure joueuse au monde, qui connaît les sacrifices nécessaires pour s'y rendre. »

Chaque été au camp de développement, les Maple Leafs tiennent une rencontre au sommet entre membres du personnel. Ils demandent aux membres de faire des présentations. Cette année, Wickenheiser a abordé le sujet de la performance sous pression lorsque les attentes sont élevées.

Elle a porté un chandail avec une feuille d'érable, qui était rouge au lieu de bleue.

« J'ai pensé que ça laissait une impression poignante à notre équipe en raison du marché pour lequel nous travaillons, a dit Dubas. C'était vraiment intéressant de l'entendre parler de la vie avec Équipe Canada, des attentes de victoires à tout coup, de comment tu peux vivre avec ça et transformé la pression en énergie.

« Plutôt que de le voir comme un fardeau, il faut le voir comme quelque chose que tu as mérité en raison des efforts que tu as mis. Il ne faut donc pas reculer. Il faut être fier quand tu atteins cet objectif et envier la situation. »

La femme de 41 ans a un impact sur tout le monde, particulièrement sur les joueurs canadiens. Elle a représenté le pays aux Jeux olympiques cinq fois (1998, 2002, 2006, 2010, 2014) et a remporté quatre médailles d'or.

« Je ne suis pas certaine que les plus jeunes joueurs en savent beaucoup à propos de moi, mais je dis généralement que plus le joueur est performant, le moins de problèmes c'est pour moi, a dit Wickenheiser. La plupart des joueurs des Leafs, si ce n'est pas la totalité, se sont rapportés à moi à un certain point. On a échangé, ou ils m'ont félicité pour l'entrée au Temple de la renommée. Je crois qu'il y a un respect mutuel quand je leur parle. » 

Dubas utilise un mot plus fort en fait. 

« Tu ne sais jamais à quoi t'attendre parce que tu crains une attitude implicite du ''Oui, mais c'est une femme qui joue au hockey. Elle n'a jamais joué dans la LNH. Le hockey féminin est différent'', a avoué Dubas. Je n'ai pas peur de le dire. J'avais peur de cette réaction au début. 

« Mais quand j'ai vu comment elle se tenait juste quand elle entre ici, les joueurs, même nos meilleurs joueurs, on sent qu'il y a une révérence envers Hayley lorsqu'elle arrive dans l'édifice. »

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