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LAS VEGAS - Les joueurs des Golden Knights de Vegas n'ont pas mis trop de temps à voir clair dans le petit jeu que veulent mettre de l'avant ceux des Panthers de la Floride.

Lors du premier match de la finale, samedi, ils ont vite remarqué que les coups de sifflet ne signifiaient pas nécessairement la fin des émissions. C'était plutôt le signal de départ pour l'autre game- la gamedans la gamecomme dirait un grand sage. Celle du rififi et du 'picossage'.

« On a été un peu surpris que ce soit après chaque coup de sifflet, mais après la première, on s'est parlé dans le vestiaire et on s'est dit qu'il fallait juste jouer à notre façon sans se soucier de ça, a expliqué l'attaquant William Carrier. Ils cherchent un peu à fatiguer les gars aussi.

« Nos meilleurs défenseurs jouent de grosses minutes, s'ils doivent gérer ça en plus… C'est leur stratégie. De notre côté, il faut rester disciplinés. »

Ça n'aura pris que 8:30 avant que la première échauffourée éclate. Sam Bennett s'est permis de bousculer le gardien Adin Hill dans son demi-cercle, et ce dernier a choisi de répliquer, causant une mêlée plutôt animée devant son filet. Ce n'était que la pointe de l'iceberg.

Tout au long de la soirée, les officiels ont dû trimer dur pour séparer les joueurs des deux équipes après les coups de sifflet. Les petits coups sournois, les empoignades et même les taloches au visage étaient légion. Bref, des « cochonneries », comme les a désignés Jonathan Marchessault après le match.

« On joue pour la Coupe Stanley, a amorcé le Québécois. S'il n'y a pas d'intensité, ce n'est pas un match de finale. »

Il semble d'ailleurs que le défenseur Alex Pietrangelo soit souvent la cible de ces « cochonneries ». Il fallait voir Matthew Tkachuk lui agripper le chandail et multiplier les petits coups au menton pour tenter de lui faire perdre les pédales, sans succès, en fin de deuxième période.

« Pourquoi je suis la cible? Je n'en ai aucune idée, a lancé le vétéran. La meilleure façon de réagir à ça, c'est de ne pas réagir. On s'en prend à moi de différentes façons… après le sifflet, pendant le jeu. Je peux vivre avec ça. Parfois, être tough, ça ne veut pas dire de répliquer ou de jeter les gants. C'est d'être capable d'en prendre. »

Le vase a débordé avec quatre minutes à faire au match quand Bennett, Matthew Tkachuk et Chandler Stephenson se sont fait montrer la porte de sortie après une longue séance de crêpage de chignons derrière le filet des Panthers. Quelques minutes plus tard, Radko Gudas prenait aussi le chemin des douches.

« Des fois, il y a beaucoup d'émotions rendu en finale, a souligné avec justesse l'attaquant des Panthers, Anthony Duclair. Des cochonneries, comme dit Marchy, on va en voir beaucoup… En même temps, il faut rester calme et disciplinés et éviter de franchir la ligne de l'indiscipline. »

Celle-ci a été franchie à quelques occasions, et pas juste après le sifflet. Les Panthers ont écopé de 11 pénalités totalisant 46 minutes contre cinq punitions et 18 minutes pour les Knights, qui ont inscrit deux de leurs cinq buts avec l'avantage d'un homme. Une statistique qui portera à réflexion dans le camp floridien.

« Ils peuvent nous faire payer en avantage numérique, a conclu Duclair. On a vu qu'ils ont beaucoup de talent, comme sur le but de Marchessault qui a marqué même s'il avait deux gars sur le dos. Nous devons travailler plus avec nos jambes et moins avec nos bâtons. »