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QUÉBEC – Plus d’un mois après avoir accepté l’offre des Predators de Nashville, Jonathan Marchessault s’explique toujours mal que les Golden Knights de Vegas n’aient pas cherché par tous les moyens à retenir ses services.

« On tourne la page, mais je sais qu’en tant que joueur, et avec la tête de hockey que j’ai, je n’aurais pas pris cette décision », a lancé Marchessault, de passage au Centre Vidéotron de Québec pour participer au Pro-Am Sun Life.

« Je vais m’ennuyer de Vegas, mais ils vont s’ennuyer de moi! »

Marchessault se doutait au cours des jours qui ont précédé l’ouverture du marché des joueurs autonomes qu’il ne serait pas de retour dans la ville du vice. Il n’a toutefois pas reçu de nouvelles de la part de son ancien propriétaire, Bill Foley, et de son ancien DG, Kelly McCrimmon, depuis le 1er juillet. Impossible donc pour lui d’obtenir une dernière explication sur les raisons qui ont motivé leur décision de couper les ponts avec lui.

« Un jour, quand je serai dans leurs bottines comme coach ou DG, je vais savoir comment ils pensaient à ce moment », a soumis Marchessault.

L’attaquant québécois de 33 ans explique cependant avoir reçu quantité de messages de la part de membres de l’organisation de Vegas depuis qu’il a accepté une entente de cinq ans d’une valeur de 27,5 millions $ (valeur annuelle moyenne de 5,5 millions $) avec Nashville. 

« Mon entraîneur (Bruce Cassidy) m’a écrit, a noté Marchessault. Même chose pour tout le personnel dans les bureaux, les gens du marketing, les thérapeutes, mes coéquipiers, ils m’ont tous contacté. Ça me fait sentir que j’ai fait quelque chose de bien, je pense que j’ai touché bien des gens et que j’ai eu un gros impact dans la communauté. Je suis fier de ça, mais c’était le temps de tourner la page. »

L’impact de Marchessault sur la jeune histoire des Golden Knights est indéniable. Il est le meneur de l’histoire de l’équipe pour les matchs joués (514), les buts (192), les passes (225) et les points (417). Il a aussi remporté le trophée Conn-Smythe à titre de joueur par excellence des séries éliminatoires de la Coupe Stanley lors de la seule conquête de l'équipe en 2023.

Avec un tel palmarès, on ne peut reprocher à Marchessault d’avoir pensé que son association avec Vegas allait se poursuivre.

« C’est ce que je tente de faire comprendre à mes enfants, que dans la vie, lorsqu’on pense avoir atteint un niveau où on croit pouvoir relaxer, que tout va bien, on se fait toujours ramener à l’ordre, a philosophé Marchessault. Ma mentalité, et je le répète à mes enfants, c’est que les choses ne deviennent jamais plus faciles dans la vie, il n’y a jamais de chemin facile. Plus on avance, plus ça va être difficile. C’est comme ça que ça se passe dans la vie. »

Un immortel à Québec

S’il a marqué l’histoire des Golden Knights dans la LNH, Marchessault a aussi laissé sa marque avec les Remparts de Québec au cours de son passage de quatre saisons dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec, entre 2007 et 2011.

Les Remparts ont d’ailleurs annoncé mardi qu’ils allaient retirer le numéro 18 de Marchessault au cours d’une cérémonie le 21 septembre prochain. Le natif de Cap-Rouge, à une quinzaine de kilomètres du Centre Vidéotron, affirme qu’il ne s’attendait pas du tout à recevoir cet honneur.

« C’est dans ces moments-là que tu prends le temps de t’asseoir, de réaliser tout ce que tu as fait, de songer à ton parcours, a mentionné Marchessault. Personnellement, c’est un des plus beaux honneurs qui peuvent m'être décernés. Voir mon numéro être retiré, c’est quelque chose qui ne va probablement plus jamais m’arriver dans ma vie. »

Si la perspective de prononcer un discours devant une importante foule le terrifie quelque peu – il compte d’ailleurs demander l’aide de son épouse pour composer son texte – Marchessault considère cet honneur, qui sera décerné pour la neuvième fois par les Remparts, comme une récompense qui englobe la totalité de sa carrière, et non seulement de ses quatre campagnes dans la LHJMQ.

« Je suis tellement fier d’avoir gagné la Coupe Stanley, le Conn-Smythe, de faire retirer mon chandail, a énuméré Marchessault. Ce sont toutes des choses qui me rendent vraiment fier, mais je pense que ce dont je suis le plus fier, c’est la manière dont j’ai façonné mon parcours. Je suis parti de tellement loin. 

« Je n’ai jamais été le meilleur joueur de mon équipe. J’étais un bon joueur, mais jamais le meilleur. De voir tout ce que j’ai accompli, c’est dans ces moments-là que je suis capable de réaliser tout ce que j’ai fait. C’est probablement de ça que je suis le plus fier, de mon parcours. »