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Jonathan Drouin ne regrette en rien son passage chez les Canadiens de Montréal. L'attaquant québécois admet néanmoins que le nouveau départ qu'il va entreprendre avec l'Avalanche du Colorado était plus que nécessaire sur le plan personnel.

Après six saisons en montagnes russes dans l'uniforme bleu-blanc-rouge, Drouin s'est prévalu du statut de joueur autonome sans compensation qui s'offrait à lui en paraphant un contrat d'un an avec l'Avalanche.

« J'avais besoin d'aller ailleurs, d'obtenir un nouveau départ », a avoué Drouin en visioconférence, lundi.

« Montréal est déjà derrière moi, je regarde vers le futur. J'ai passé de belles saisons à Montréal, mais également des saisons difficiles avec des blessures et des problèmes. Je ne changerais cependant pas grand-chose. Tout arrive pour une raison. »

Acquis du Lightning de Tampa Bay, le 15 juin 2017, en plus d'un choix de cinquième ronde, en retour du défenseur Mikhail Sergachev et d'un choix de deuxième tour, Drouin a récolté 186 points (48 buts, 136 passes) en 321 matchs avec le CH.

Les choses se sont corsées pour lui au cours des deux dernières années. Il a d'abord fait l'impasse sur la fin de la saison régulière ainsi que sur le parcours des Canadiens jusqu'en finale de la Coupe Stanley en 2020-21 en raison de problèmes d'anxiété et d'insomnie. Le Québécois a ensuite été limité à 82 matchs au cours des deux campagnes suivantes, inscrivant seulement huit buts et 49 points.

Les six saisons de Jonathan Drouin à Montréal

« Les deux dernières années ont été difficiles, a reconnu Drouin. Kent [Hugues] et Jeff [Gorton] ont été très gentils avec moi […] et ça allait super bien avec Martin [St-Louis]. On était sur la même page, on voyait le hockey de la même manière. C'est difficile de partir quand tu as un "coach" comme ça, avec lequel je me sentais à l'aise. »

Le directeur général Kent Hughes avait gardé la porte entrouverte pour un retour de Drouin lors du repêchage à Nashville, la semaine dernière. L'attaquant âgé de 28 ans a mentionné avoir pris la décision de profiter de son autonomie « quelques jours » avant le 1er juillet.

Au Colorado, Drouin va renouer avec deux anciens coéquipiers : Artturi Lehkonen, qu'il a croisé au cours de son passage avec le Tricolore, et Nathan MacKinnon, avec lequel il a fait la pluie et le beau temps avec les Mooseheads d'Halifax, dans la Ligue de hockey junior majeure du Québec (LHJMQ).

La présence de MacKinnon au Colorado n'est d'ailleurs pas étrangère au choix de sa destination. Si les deux comparses n'avaient jamais discuté d'une possible réunion dans la LNH au cours des dernières années, l'occasion s'est présentée avec Drouin libre comme l'air.

« Moi et "Nate" avons échangé des messages-textes au cours des derniers jours. Le Colorado était assurément sur mon radar. J'espérais que nous pourrions nous entendre, et j'ai eu la chance d'obtenir un contrat d'un an. »

À leur dernière saison ensemble à Halifax, Drouin a obtenu 105 points en 49 matchs et MacKinnon a amassé 75 points en 44 parties. Ils ont mené leur équipe au championnat de la LHJMQ, avant de triompher à la Coupe Memorial.

Quelques mois plus tard, MacKinnon a été sélectionné au tout premier rang du repêchage 2013 par l'Avalanche. Drouin a été réclamé au troisième échelon par le Lightning.

Se disant être en pleine forme mentalement et physiquement, Drouin n'a pas hésité longtemps lorsque l'Avalanche a déposé son offre.

« Je suis content et chanceux d'obtenir une occasion comme celle-là avec une si bonne équipe, a-t-il lancé. J'ai hâte d'amorcer le prochain chapitre de ma vie avec ma famille au Colorado. »

Montréal, du bon et du mauvais

Drouin est catégorique : Montréal représente une destination de choix pour tout joueur de la LNH, et encore plus pour les joueurs québécois.

Il reconnaît toutefois que la pression omniprésente dans ce marché n'est pas pour tout le monde.

« Je ne dirais jamais à un Québécois de ne pas venir jouer avec les Canadiens, a assuré Drouin. Même après six ans, j'avais encore des papillons dans le ventre avant de sauter sur la glace du Centre Bell.

« Il y a des choses qui ne changeront jamais. La passion des "fans" sera toujours là. Il y a de la pression. Si tu es capable de la gérer, c'est une super belle place pour jouer. »

Drouin prévient cependant qu'il est impossible pour un joueur québécois de savoir dans quoi il s'embarque avant d'être plongé dans le bain.

« Quand je suis arrivé à Montréal, je pensais savoir à quoi m'attendre, a-t-il conclu. Tout le monde le dira, on ne peut pas savoir. »