BROSSARD – Il n’y a rien de mal à connaître rapidement sa propre identité. À 21 ans et à l’aube de sa deuxième saison dans les rangs professionnels, Tyler Thorpe a brossé un portrait très lucide de son futur au sein de l’organisation des Canadiens de Montréal.
À ce camp des recrues où les gros noms ne courent pas les rues chez le CH, Thorpe a fait sourire les journalistes à sa sortie d’un entraînement vendredi à Brossard.
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« Je me vois dans un rôle d’ailier de quatrième trio », a dit le colosse de 6 pieds 5 pouces et 230 livres. « J’ai un bon tir, mais je reste réaliste. Je sais que ma projection comme joueur est celle d’un plombier de quatrième ou de troisième trio. Mais je suis heureux avec ça. C’est un rôle agréable. »
Thorpe, un choix de cinquième tour (130e) à l’encan de 2024, a offert sa propre description des choses agréables sur une patinoire.
« Quand je parle de trucs agréables, je fais allusion à frapper mes rivaux, foncer dans des mêlées et me battre à l’occasion », a-t-il précisé, peu de temps avant le départ de l’équipe en autobus en direction de Gatineau, où les espoirs du Tricolore joueront deux matchs au Centre Slush Puppie contre ceux des Jets de Winnipeg (samedi) et des Sénateurs d’Ottawa (dimanche).
À sa saison recrue l’an dernier avec le Rocket de Laval, Thorpe a obtenu 16 points (quatre buts, 12 passes) en 68 matchs. Il a visité le banc des punitions pour 77 minutes.
« J’ai connu un lent départ, a-t-il précisé. Mais plus la saison avançait, plus je me sentais bien dans mon rôle. Je n’étais pas là pour récolter des points et obtenir du temps en supériorité numérique, je restais un ailier du quatrième trio. J’ai aimé ma fin de saison.
« Je veux poursuivre ma progression. Je n’ai pas besoin de marquer une tonne de buts. Je n’ai pas à changer mon style, mais je dois m’améliorer dans mes forces. »
Thorpe, qui a inscrit 23 et 27 buts à ses deux dernières saisons avec les Giants de Vancouver dans la Ligue de hockey de l’Ouest (WHL), n’a pas juste de grosses épaules. Le jeune homme originaire de la Colombie-Britannique a aussi un instinct de marqueur, même s’il ne s’agit pas de son principal outil.
À une époque pas si lointaine à Montréal (saison 2009-10), Jay Leach avait attiré les réflecteurs en sa direction à ses premiers pas avec le CH en mentionnant qu’il voulait passer inaperçu ("I wanna be a non-factor").
Comme défenseur, Leach avait trouvé une façon originale de dire qu’il cherchait à offrir un jeu simple, sans commettre d’erreurs.
Thorpe n’a pas imité Leach, mais il a quand même tenu un discours empreint de vérité.
« Il n’y a rien de mal à vouloir être un ailier au sein du quatrième trio dans la LNH, la meilleure ligue au monde », a affirmé Daniel Jacob, qui dirigera les espoirs des Canadiens à ce Face-à-face des espoirs. « J’aurais rêvé de faire mon chemin jusqu’à la LNH, même à l’aile d’un quatrième trio. »
Thorpe a fait ce constat bien avant ses premiers coups de patin l’an dernier dans l’uniforme du Rocket.
« À ma première saison dans la WHL, mon entraîneur (Mike Dyck) m’a pris à part pour me parler, a raconté Thorpe. Il m’a dit la vérité en me passant comme message que mon futur ne se retrouvait pas dans le rôle d’un ailier du top six. Il m’a rapidement fait comprendre que je me destinais à devenir un plombier du quatrième trio et que j’avais comme mandat de frapper mes rivaux afin de leur compliquer la vie. J’avais un grand sourire dans le visage après cette rencontre. Mon identité est claire depuis déjà plusieurs années. »
Dans ses nombreuses responsabilités comme entraîneur-chef du Rocket cette saison, Jacob aura comme mandat de guider le gros ailier dans le bon chemin.
« On veut du papier sablé au sein de l’organisation, mais le papier sablé doit être intelligent et efficace, a affirmé l’homme de 46 ans. Le papier sablé qui court partout, qui ne tue pas de jeu et qui n’arrête pas de rondelle, il finit par se sortir de la ligue. "Thorpy" connaît son rôle. Il cherchera maintenant à maximiser ses forces. À partir de Noël l’an dernier à Laval, il a pris son envol. Il scannait mieux la glace et il était plus confiant en sortie de zone. Avec un meilleur rythme dans son jeu, il frappait plus et il avait un meilleur synchronisme pour générer du chaos. »


















