Tête-à-tête avec… Jeremy Swayman
Le gardien des Bruins discute de son début de carrière, de l'influence de Rask et de son amitié avec Ullmark

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L'édition de cette semaine met en vedette le gardien des Bruins de Boston Jeremy Swayman.
NEW YORK - Il s'agissait du match d'ouverture des Bruins de Boston le 16 octobre, et le gardien recrue Jeremy Swayman avait obtenu le départ, l'ayant mérité après une bonne fin de saison précédente et des performances impressionnantes au camp d'entraînement en septembre.
En face du joueur de 23 ans, devant le filet des Stars de Dallas de l'autre côté de la patinoire du TD Garden, il y avait Braden Holtby, qui était justement le gardien que Swayman admirait le plus en grandissant à Anchorage, en Alaska.
Swayman ne pouvait pas laisser passer l'occasion de dire quelques mots à Holtby.
« J'aimais beaucoup Braden Holtby en grandissant, donc de jouer contre lui lors du match d'ouverture a été spécial, a raconté Swayman. J'ai pu lui dire avant le match, et il m'a répondu : "Sérieusement? " »
Swayman a rigolé en racontant l'histoire.
« Je ne voulais pas le vieillir, a-t-il ajouté. Mais c'était un moment parfait. »
Il a eu le dessus sur le vétéran de 32 ans ce soir-là, réalisant 27 arrêts, incluant 14 en troisième période, dans une victoire de 3-1.
Depuis, la saison de Swayman a été un peu comme une montagne russe.
À partir du match d'ouverture, il a formé un tandem avec Linus Ullmark jusqu'à ce qu'il soit rétrogradé à Providence, dans la Ligue américaine de hockey (LAH), le 12 janvier, car Tuukka Rask était prêt à revenir au jeu après une opération à une hanche.
La hanche de Rask ne lui a toutefois pas permis de revenir pour plus que deux semaines. En quatre rencontres, il a conservé un dossier de 2-2-0 avec une moyenne de buts alloués de 4,28 et un pourcentage d'arrêts de ,844. Il a été forcé de prendre sa retraite, et Swayman a été rappelé de Providence le 29 janvier.
Il devrait demeurer à Boston jusqu'à la fin de la saison, au minimum, mais probablement encore plus longtemps s'il continue à bien jouer. Swayman montre une fiche de 10-7-3 avec une moyenne de 2,14, un pourcentage de ,923 et deux blanchissages en 21 parties (20 départs).
« Je veux prendre les choses une journée à la fois et en profiter le plus possible », a dit Swayman.
Swayman a discuté plus en profondeur avec LNH.com de son développement comme gardien avec les Bruins, de son parcours jusqu'ici, de sa confiance et d'où elle provient.
Il est facile de comprendre pourquoi tu veux prendre les choses une journée à la fois, car il y a seulement quelques semaines, tu étais avec les Bruins et Tuukka Rask a décidé de revenir. Tu as alors été rétrogradé à Providence. Comment as-tu vécu ça? Comment as-tu encaissé la nouvelle, et qu'as-tu appris de cette expérience?
« Je veux tirer du positif de chaque situation. J'étais très heureux d'amorcer la saison avec l'équipe et de disputer de bons matchs. Mais évidemment, Tuukka allait revenir. Je savais que c'était une possibilité, et il était en droit de revenir, car il est un gardien extraordinaire. J'ai été chanceux de développer une belle relation avec lui hors de la glace. Le voir prendre sa retraite était un moment triste, mais d'un autre côté, j'étais fébrile pour lui. Je trouve qu'il a accompli de grandes choses pour le hockey et avec les Bruins. C'est mon travail d'élever mon jeu d'un cran maintenant et de m'assurer de tout faire pour aider l'équipe à gagner. »
Quels conseils Rask t'a-t-il donnés?
« Il possède beaucoup d'expérience au niveau de la LNH. Le voyagement est exigeant. Il y a des journées de congé qui sont importantes. Il était très ouvert à m'expliquer comment tirer le maximum de chaque journée. Ça demeure le même sport que tu aimes, mais tu dois te simplifier la tâche. Il m'a vraiment ramené sur terre. Il a été un très bon mentor dans cet aspect, pour m'expliquer comment toutes les choses se passent. »
Considères-tu que c'est vrai, qu'il s'agit encore à ce niveau du même sport que tu adorais lorsque tu étais petit? Tu étais au Madison Square Garden pas plus tard que mardi devant des partisans bruyants, et il s'agissait de ton premier match là-bas. Jouais-tu de la même façon que lorsque tu étais plus jeune?
« Oui, exactement. Tu rêves de jouer au Garden ou d'enfiler le chandail des Bruins pour la première fois, mais tu veux t'assurer de continuer à aimer ce sport. Avoir la mentalité d'être heureux de jouer et de faire partie de cette organisation est ce qui m'a le plus aidé. Je trouve que je suis à mon mieux lorsque je pense de cette façon. »
Toi et Linus Ullmark semblez avoir développé des liens forts, et on le voit avec vos accolades après les matchs. Peux-tu nous décrire ta relation avec lui? Après tout, vous êtes en compétition autant que vous êtes en équipe. Comment en êtes-vous venus à créer cette célébration?
« Ça démontre parfaitement quel genre de personne il est. Il est un vétéran. Il sait exactement où j'en suis dans ma carrière. Je suis nouveau et heureux d'être là, mais en même temps, j'ai aussi besoin d'apprendre beaucoup de choses. Dès le départ, il a été un mentor pour moi, un peu de la même façon que "Tuuks". Il m'a pris sous son aile et il est toujours là pour moi si j'ai besoin de quelque chose sur la glace ou à l'extérieur. Je peux vous assurer que les accolades ont lieu à l'entraînement également. C'est génial de le côtoyer. Il est de bonne humeur tous les jours et c'est plaisant d'avoir ce partenaire devant le filet avec qui tu compétitionnes. Tu lui souhaites le mieux, mais en même temps, tu veux aussi ce qu'il y a de mieux pour l'équipe. Je pense que nous avons une très belle relation. »

Qui a créé la célébration avec l'accolade?
« C'est venu naturellement. Je pense que la première fois était après le match d'ouverture. Linus était enflammé, il a ouvert les bras et nous nous sommes fait l'accolade. La tradition n'allait pas disparaître. C'était parfait. »
As-tu déjà eu un adjoint avec lequel tu ne t'entendais pas bien?
« J'ai été très chanceux de toujours avoir de bons adjoints qui me soutenaient. Même ceux qui parlent moins ou qui sont moins amicaux travaillaient comme des forcenés sur la glace. J'aime que ce soit quelque chose que je puisse retenir de chaque adjoint que j'ai eu. Mais d'avoir une belle relation avec ton adjoint et de pouvoir rencontrer sa famille ajoute quelque chose de spécial. Ça fait partie de l'amour que tu développes pour ton coéquipier. »
As-tu une routine d'avant-match? Que dois-tu absolument faire?
« Je ne suis pas complètement fou avec de nombreuses superstitions, mais j'ai assurément une routine, comme tout le monde. J'aime jongler. J'aime jouer au soccer à l'extérieur du vestiaire. J'aime rire, me détendre et avoir du plaisir. C'est un jeu après tout. »
Souvent, les autres joueurs vont se tenir loin du gardien partant. Est-ce le cas avec toi?
« Non, les gars n'ont aucun problème à venir me parler. Et j'aime ça. C'est une bonne chose que les gars sachent que je suis ici pour jouer et que je vais être prêt malgré tout. »
J'ai lu un article sur toi dans le Boston Globe avant la saison, dans lequel on apprenait que beaucoup de gens ont douté de toi. On dit que tu avais l'habitude de dire à tes entraîneurs que tu allais leur remporter des matchs. As-tu dit la même chose à Don Sweeney et à Bruce Cassidy?
« Oui. C'est quelque chose que j'ai toujours voulu avoir. J'ai toujours voulu avoir confiance en moi-même et afficher cette confiance avec la direction, les entraîneurs ou mes coéquipiers. Mais tu dois ensuite montrer que tu peux passer de la parole aux actes. C'est une expérience d'apprentissage. Tout ce que je veux, c'est gagner. Peu importe ce que ça prend, je veux gagner. C'est ce que je veux insuffler à mes coéquipiers et à l'organisation. »
D'où te vient cette confiance?
« Je pense que c'est de famille. Je viens d'une famille assez fière. Les Swayman ont toujours repoussé les limites. Mon père est un mentor extraordinaire pour moi. Il ne provient pas d'un milieu très riche et il a fait son chemin pour devenir médecin. Il est un modèle pour moi. Il a de l'intégrité. Il ne fait rien à moitié. Il se donne toujours à 100 pour cent, même quand il travaille sur la maison. C'est génial, tout ce que j'ai appris de lui. »
Ton père a grandi à Brooklyn et est déménagé en Alaska. Comment est-ce que ça s'est produit?
« Il a fait le saut d'une place à l'autre. J'ai encore beaucoup de famille dans la région de New York et en Floride. Il est allé à l'Université Florida State et a fait sa résidence à San Francisco, puis à Seattle, et il est ensuite allé en Alaska. Tranquillement, il a fait son chemin sur la côte ouest vers le nord. Il a toujours adoré le plein air. J'ai été tellement chanceux de grandir en Alaska. La communauté de hockey là-bas est géniale, mais la communauté en général également. C'est un superbe endroit où habiter, et c'est génial de faire partie de cette communauté tissée serrée. J'ai pu faire des choses là-bas dont certaines personnes rêvent. C'est génial d'avoir eu tout ça tout près de chez moi. »
Qu'est-ce que ton père pense d'avoir un gardien de la LNH dans la famille maintenant?
« Il n'en fait pas de cas. Il s'attend à plus. Il se demande ce que je vais être en mesure de faire de plus, et c'est génial. Il me garde sur terre. C'est bien de pouvoir parler avec lui de la prochaine étape et des prochains objectifs. »

















