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Les textes de la série « Tête-à-tête avec… » sont publiés le dimanche sur LNH.com. Nous nous entretenons avec des acteurs du monde du hockey afin d'en apprendre plus sur leur vie sur la glace et à l'extérieur.

L'édition de cette semaine met en vedette le gardien des Sabres de Buffalo Craig Anderson.
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Craig Anderson a révélé qu'il va probablement conclure le chapitre de sa carrière de 19 saisons dans la LNH à la fin de la saison 2021-22, même s'il ne veut pas encore employer le mot « retraite ».
« Après cette année, je devrai faire passer ma famille en premier », a affirmé le gardien des Sabres de Buffalo. « C'est en quelque sorte un dernier tour de piste pour moi-même, une dernière occasion d'être égoïste et de continuer à jouer. J'ai encore du plaisir. Mais en même temps, j'ai une famille qui a également besoin de moi.
« J'essaie de jongler avec tout ça. Je pense que j'arrive à une étape où je peux penser à être un peu plus à la maison avec ma famille. »
Si Anderson décide bel et bien d'accrocher ses jambières après la saison, il mettra un terme à une brillante carrière dans la LNH.
Repêché en troisième ronde (73e au total) en 2001 par les Blackhawks de Chicago, le gardien de 40 ans pourrait atteindre le plateau des 300 victoires dans la LNH quand les Sabres accueilleront les Panthers de la Floride lundi (19 h HE; MSG-B, BSFL, NHL LIVE).
Anderson montre un dossier de 299-259-67 avec deux verdicts nuls, une moyenne de buts alloués de 2,84, un pourcentage d'arrêts de ,913 et 42 blanchissages en 667 matchs en carrière dans la LNH avec les Blackhawks, les Panthers de la Floride, l'Avalanche du Colorado, les Sénateurs d'Ottawa, les Capitals de Washington et les Sabres.
Il a conservé un dossier de 8-7-0 avec une moyenne de 2,94 et un pourcentage de ,907 avec Buffalo cette saison et il participera à son troisième match extérieur quand les Sabres croiseront le fer avec les Maple Leafs de Toronto lors de la Classique Héritage Tim Hortons 2022 de la LNH au Tim Hortons Field de Hamilton, en Ontario, le 13 mars (16 h HE; TVAS, SN, TNT, NHL LIVE).
Anderson s'est entretenu avec LNH.com au sujet de la Classique Héritage, de son avenir, de la manière dont il veut qu'on se souvienne de lui lorsqu'il accrochera ses jambières, de son rôle de mentor avec les Sabres et de la façon dont lui et son épouse Nicholle continuent d'éduquer les gens dans la lutte contre le cancer.
Tu as déjà dit que tu ne veux pas parler du plateau des 300 victoires jusqu'à ce que tu l'aies atteint. Être aussi près d'un plateau si prestigieux, qu'est-ce ça dit sur l'héritage que tu vas laisser?
« Je pense que ce que je retiens le plus est la longévité. Quand je suis débarqué en 2002-03, je ne savais pas où ça allait me mener. Quand tu es jeune et que tu arrives dans cette ligue, tu as des attentes. Mais ça ne prend pas beaucoup de temps avant que tu réalises qu'il n'y a rien de facile. Tu commences à te demander si tu as ta place dans la Ligue, et même dans le hockey professionnel. Quand tu es encore dans le hockey professionnel après 20 ou 21 ans, ça en dit long sur ta longévité. »
Qu'est-ce qui t'attend dans l'avenir? Comme mentionné précédemment, tu n'es pas prêt à utiliser le mot « retraite », pas encore à tout le moins.
« Je pense que ce serait regarder trop loin en avant. Je veux prendre les choses un match à la fois. J'ai encore du plaisir à jouer, mais j'arrive à un point où mes enfants ont 10 et 8 ans, et ils font du sport à temps plein (en Floride). C'est donc très difficile d'être à trois heures d'avion. Je pense que je devrai faire passer la famille en premier après cette année. »
À en juger par ces mots, est-ce que tu savoures, chaque match, chaque période et même chaque arrêt comme si c'était la dernière fois?
« Il faut demeurer dans le moment présent et ne pas regarder trop loin en avant. En ce moment, j'ai du plaisir à sauter sur la glace, à compétitionner et à pratiquer le sport que j'aime autant que quand j'avais 5 ou 6 ans et que je commençais. Tu profites de ces moments, et à la fin, tu y repenses et tu te dis que tu es heureux de les avoir vécus. Ensuite, tu tournes la page et tu passes à autre chose. Nous verrons lorsque nous serons rendus à cette étape. Si c'est le moment de tourner la page, je vais passer du temps avec ma famille et cesser de faire passer en premier mon plaisir personnel de pratiquer le sport que j'aime tellement. »
Avant que les Sabres te tendent une perche sur le marché des joueurs autonomes l'été dernier, étais-tu en paix avec le fait que ta carrière était peut-être terminée?
« J'étais à l'aise avec les deux scénarios. Ça me convenait que ça se poursuive ou non. Finalement, j'ai eu une occasion de jouer, et je suis reconnaissant de l'avoir obtenue. »
Comment as-tu pris la décision de jouer cette saison?
« J'étais très emballé quand j'ai reçu l'appel. En venant à Buffalo pour partager mes connaissances et mon expérience avec les gars, je considérais que je pouvais contribuer et compétitionner. Malheureusement, nous avons eu beaucoup de blessés pendant quelques mois, donc ç'a été difficile pour l'équipe, mais maintenant que nous sommes en santé, je réalise que c'est encore plaisant de jouer. Quand tu es sur la glace et que tu as du plaisir, tu réalises que tu es encore un enfant. Ça fait en sorte que tout ça vaut la peine. Je me préparais à profiter de la vie à la retraite, puis la porte s'est ouverte. Je ne m'attendais vraiment pas à un appel lors de la première journée de l'ouverture du marché des joueurs autonomes. Je me disais que j'allais m'entraîner un peu pendant l'été et me tenir prêt au cas où quelque chose se présenterait. Je ne m'attendais pas à recevoir une offre dès le début. Ça m'a donné plus de temps pour intensifier mon entraînement en vue de la saison, donc tout est vraiment survenu au moment opportun. »
La saison des Sabres a été marquée de hauts et de bas, mais à quel point est-ce satisfaisant pour toi d'agir comme mentor pour les jeunes joueurs de Buffalo?
« On les voit progresser chaque jour. On savait dès le départ qu'il y aurait des moments difficiles. Mais parfois, tu dois faire un pas vers l'arrière pour faire deux pas vers l'avant. Nous sommes au beau milieu de cette courbe de progression en ce moment, et les joueurs sont en train de découvrir quel genre de joueur ils seront et comment ils pourront y arriver. Il faut leur inculquer les bonnes habitudes de travail. Nous naviguons donc à travers tout ça. La récompense, ce sera de voir s'ils peuvent atteindre leur plein potentiel plus rapidement que s'ils n'avaient pas eu de vétérans à leurs côtés. »
As-tu hâte à la Classique Héritage contre les Maple Leafs dimanche prochain?
« Je pense que nous serons fébriles une fois rendus là-bas. En ce moment, nous avons encore une semaine de hockey sur laquelle nous devons nous concentrer, mais une fois là-bas, avec la séance de patinage en famille et toute l'expérience entourant le match, ce sera comme lorsque nous étions des enfants. Comme quand on jouait dehors sur la patinoire dans la cour arrière ou avec nos amis à l'adolescence. Ce sera une belle expérience. »
Tu as signé deux victoires en plein air durant ton passage avec les Sénateurs (4-2 contre les Canucks de Vancouver en Colombie-Britannique en 2014; 3-0 contre les Canadiens de Montréal à Ottawa en 2017). Peux-tu nous parler de ces expériences?
« J'ai bien aimé ces expériences. Tout ce qui entoure les matchs, le fait de jouer en plein air et l'expérience en général étaient extraordinaires. À Vancouver, il pleuvait à l'extérieur, donc ils avaient installé le dôme. Je pense que le plus difficile est de s'adapter à ton champ de vision. Il n'y a pas de partisans derrière la baie vitrée et il y a beaucoup d'espace entre la baie vitrée et les partisans, donc ça peut prendre un peu de temps pour s'adapter. Mais je dirais qu'il faut simplement profiter du moment. C'est une chance qui ne se présente pas souvent, et ce n'est pas tous les joueurs qui ont la chance d'y participer. »
Aimerais-tu devenir entraîneur une fois que ta carrière sera terminée?
« C'est quelque chose qui te traverse l'esprit de temps à autre. Si je devenais tout de suite entraîneur, ce serait peut-être un peu égoïste de ma part de tout de suite me lancer dans quelque chose que je veux accomplir. Je devrai prendre une pause quand ce sera terminé et déterminer le plan pour les cinq prochaines années. Je ne serai peut-être pas de retour dans le hockey avant trois, cinq ou dix ans, qui sait? Mais j'adore partager mes connaissances avec les autres. Un entraîneur n'a pas la vérité infuse, mais il s'agit de partager ce que tu as appris de tes expériences. Peux-tu apprendre de ça? Peux-tu devenir meilleur grâce à mes expériences? »
Ton épouse Nicholle est une survivante du cancer de la gorge et elle s'est donné la mission d'aider les autres qui luttent contre la maladie. Comment se porte-t-elle?
« Elle a surmonté beaucoup d'épreuves. Le plus important est qu'elle partage son expérience avec des gens qui vivent la même chose que ce qu'elle a vécu. Chaque jour est une nouvelle journée pour nous en ce qui a trait au côté médical et à l'adaptation à cette nouvelle normalité. Tu avances malgré les embuches. L'important est de t'adapter et de t'assurer que tu fasses passer ta santé en premier. Je pense que c'est la chose la plus importante. »