Hoglander Miller Suter

Tout au long de la saison, les membres du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH.

Aujourd'hui, on leur a posé la question suivante : on attendait Alexis Lafrenière, mais d'autres recrues se signalent jusqu'à présent dans la LNH. Quel joueur de première année a le plus retenu votre attention jusqu'ici?
À LIRE AUSSI : Le meilleur joueur de chaque province canadienne | Thibault : La passation des pouvoirs se trame à L.A.

Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

C'en est presque ridicule depuis quelques saisons de voir un nouvel espoir de premier plan faire son arrivée avec les Canucks. Il y a eu Brock Boeser, puis Elias Pettersson, enfin Quinn Hughes l'an dernier, et finalement Nils Hoglander cette saison.
Hoglander n'est peut-être pas destiné à une aussi belle carrière que ses coéquipiers nommés ci-dessus, et il n'est peut-être pas le meilleur pointeur parmi les joueurs recrues, ou encore le plus complet, mais il est assurément l'un des plus spectaculaires depuis le début de la campagne.
Après avoir épaté la galerie au Championnat mondial junior et dans la Ligue élite de Suède en inscrivant pas un, pas deux, mais bien trois buts à la manière d'un joueur de crosse - le bon vieux « Michigan » -, Hoglander a montré depuis le début de la saison qu'il pouvait se tirer d'affaire avec les meilleurs joueurs au monde en récoltant sept points (trois buts, quatre passes) en 18 parties.
Ce n'est pas seulement le nombre de points qui impressionne dans son cas, mais bien la manière dont il les a obtenus. Il a déjà inscrit un but en frappant le disque au vol, et a peut-être récolté la mention d'aide la plus spectaculaire de la saison.

OTT@VAN: Pearson profite du jeu de Hoglander

Le Suédois de 20 ans ne remportera peut-être pas le trophée Calder, mais il devrait faire son apparition dans les faits saillants de la soirée sur une base régulière.

Philippe Landry, pupitreur LNH.com

Il y a plusieurs bons candidats, mais j'arrête mon choix sur Ty Smith. Difficile de savoir s'il maintiendra le rythme - surtout que les Devils n'ont joué que neuf matchs depuis le début de la saison - mais le départ du jeune Albertain est fort impressionnant.
On dit souvent qu'il faut plus de temps pour un défenseur afin de s'adapter et d'atteindre son plein potentiel dans la LNH. Il faut croire que Smith n'a pas reçu le mémo, car il a déjà amassé huit points (deux buts, six aides), un rendement offensif bon pour le premier rang à égalité avec Jack Hughes et Miles Wood chez les Devils. Le jeune homme de 20 ans possède également un différentiel de plus-4 après neuf parties.
Smith, qui affiche le meilleur ratio de point/match (0,89) parmi les recrues ayant joué au moins quatre rencontres, s'inscrit peut-être dans la nouvelle lignée des jeunes défenseurs mobiles et très talentueux, comme le sont Cale Makar de l'Avalanche du Colorado et Quinn Hughes des Canucks de Vancouver. Il faut toutefois modérer les attentes, car pour le moment, il n'est que le cinquième défenseur le plus utilisé en moyenne au New Jersey (16:53) et il affronte rarement les meilleurs éléments adverses.
La voie est toutefois libre afin qu'il s'impose comme un des piliers à la ligne bleue des Devils pendant plusieurs années, P.K. Subban, Damon Severson et Will Butcher étant les seuls défenseurs sous contrat pour la prochaine saison.

Robert Laflamme, journaliste principal LNH.com

C'est en suivant les matchs des Rangers et d'Alexis Lafrenière que j'ai pu apprécier le talent du défenseur recrue K'Andre Miller.
On l'avait comme oublié, celui-là, dans le lot des espoirs et jeunes joueurs de premier plan de l'organisation, éclipsé par les Lafrenière, Igor Shesterkin et Vitali Kravtsov.
On le disait fort prometteur, il remplit déjà ses promesses à l'âge de 21 ans. Ce choix de premier tour en 2018 jouait dans les rangs universitaires américains, pas plus tard que la saison dernière. Et imaginez, il y a quelques années à peine, c'était un attaquant! Doté de qualités athlétiques exceptionnelles, il a fait la transition à la position de défenseur.
Il faut dire qu'il possède le physique de l'emploi, à 6 pieds 5 pouces et 210 livres. Il me fait penser à Seth Jones des Blue Jackets de Columbus, en plus agile et plus offensif. Les Rangers souhaitent le voir modeler son style à celui de Victor Hedman du Lightning de Tampa Bay. C'est vous dire... Surveillez-le bien celui-là.
Un mot sur Lafrenière en terminant : patience. Le 'kid' connaît un début de carrière timide, mais c'était prévisible. Il faut lui donner le temps. Déjà, dans les derniers matchs des Rangers, il s'est dégourdi. Le niveau d'espérance à son endroit était peut-être démesurément trop élevé. Ça reste un jeune de 18-19 ans qui doit faire ses classes dans la cour des grands, qui plus est dans un contexte très particulier. Il sera très très bon dans un avenir rapproché, vous verrez.

John Ciolfi, pupitreur LNH.com

Avant le début de la saison, plusieurs experts prédisaient que les Blackhawks allaient rivaliser avec les Red Wings de Detroit pour le dernier rang dans la section Centrale Discover, surtout quand on a appris que leur capitaine Jonathan Toews allait être à l'écart pendant longtemps en raison d'une maladie. Mais jusqu'ici, les Blackhawks surprennent, présentant une fiche de 7-5-4 à la suite d'un lent départ (0-3-1).
Une autre belle surprise est l'attaquant suisse Pius Suter, qui mène toutes les recrues de la LNH avec six buts et neuf points en 16 rencontres (à égalité avec Kirill Kaprizov du Wild du Minnesota). Jamais repêché dans la LNH, le centre de 24 ans a passé les cinq dernières saisons avec le ZSC dans la ligue suisse avant de se retrouver au sein d'un trio complété par Patrick Kane et Alex DeBrincat. Depuis le 24 janvier, les trois joueurs ont amassé 36 points, dont 16 buts, en 11 matchs. Mais, comme il l'a démontré avec un but spectaculaire en prolongation face aux Stars de Dallas, le 9 février, Suter possède tous les talents pour générer l'attaque à lui seul.

CHI@DAL: Suter tranche de façon spectaculaire

En attendant le retour de Toews, les Blackhawks peuvent se dire que leur attaque est entre bonnes mains pour l'instant.

Hugues Marcil, pupitreur LNH.com

Tim Stützle n'amasse peut-être pas encore les points à la pelletée, mais il est déjà l'une des recrues que j'aime le plus voir à l'œuvre.
L'attaquant allemand de 19 ans patine comme le vent et il est doté d'atouts offensifs extraordinaires, à commencer par un lancer des poignets foudroyant. Stützle n'a récolté que six points, dont quatre buts, et on voit qu'il s'adapte encore au niveau de jeu de la LNH. Il est loin d'être un produit fini, néanmoins, il a montré à plusieurs reprises des flashs du joueur qu'il deviendra dans quelques années, comme lorsqu'il a inscrit un but et deux passes contre les Canadiens de Montréal le 4 février dernier, une performance au cours de laquelle il a montré tout ce qu'il possède dans son coffre à outils.

OTT@MTL: Stützle a le compas dans l'oeil en AN

Mais au-delà des statistiques, j'aime la fougue et le caractère du jeune homme. Dès ses débuts dans la LNH, il a montré qu'il n'avait pas peur d'aller dans les coins et de tenir tête aux vétérans en s'imposant physiquement et en s'impliquant dans toutes les facettes du jeu. On peut déjà voir que le jeune homme est très compétitif et qu'il déteste perdre. Pas surprenant de constater que ses coéquipiers semblent déjà l'adorer, dont un certain Brady Tkachuk. Croyez-moi, ces deux-là vont faire suer leurs adversaires au cours des prochaines années.
Si Stützle représente un pilier de la reconstruction des Sénateurs, il ne reste plus qu'à espérer que ces derniers seront en mesure de la mener à terme et de bien entourer leur joyau.

Nicolas Ducharme, journaliste LNH.com

Dans la vie, il faut savoir mettre le pied dans la porte lorsqu'elle s'ouvre à nous. C'est ce qu'a fait Kevin Lankinen chez Blackhawks de Chicago.
Plusieurs étaient sceptiques lorsque le directeur général Stan Bowman a dit que la lutte se ferait à trois gardiens cette année, incluant Lankinen dans le mélange avec Colin Delia et Malcom Subban, deux gardiens avec de l'expérience dans la LNH. Après tout, Lankinen, 25 ans, n'avait disputé que 21 matchs dans la Ligue américaine de hockey l'an dernier, et un total de 56 sur deux ans - dont six dans l'ECHL - sans rien briser. Mais dès qu'on lui a offert le filet, il en a profité pour cumuler une fiche de 3-1-1 à ses cinq premiers départs.
Depuis, il est le partant de l'équipe, avec un dossier de 6-2-3, une moyenne de buts accordés de 2,49 et un pourcentage d'arrêts de ,925. Pourtant, il a devant lui une défensive correcte, sans plus. Ses performances ont donné confiance aux Blackhawks, qui surprennent et se battent pour une place en séries éliminatoires. Serait-il le digne héritier de Corey Crawford dans la ville des vents?

Guillaume Lepage, journaliste LNH.com

Je n'ai pas le choix d'opter pour Pierre-Olivier Joseph chez les Penguins de Pittsburgh.
On dit toujours qu'il est mieux pour les espoirs de prendre de plus petites bouchées à leur arrivée dans la LNH. Le défenseur québécois n'a pas eu ce luxe avec tous les blessés qu'il y a eu à Pittsburgh en début de saison, et il a très bien répondu. Il continue d'ailleurs de le faire aux côtés de Kristopher Letang sur le premier duo.
C'est assez impressionnant de constater sa progression après seulement une saison passée chez les professionnels. Il a senti la confiance de l'organisation dès qu'elle a fait son acquisition des Coyotes de l'Arizona en juin 2019, et ça lui a visiblement fait le plus grand bien. Il a fait des pas de géant à Wilkes-Barre dans la Ligue américaine, l'an dernier, et c'est ce qui fait en sorte qu'il a été en mesure de jouer des minutes importantes dès son entrée dans la LNH. Joseph apporte même sa contribution offensivement, lui qui totalise un but et quatre aides en neuf matchs.
Sans connaître les intentions définitives de Mike Sullivan, on peut probablement affirmer qu'il a désormais un poste à perdre au sein de la brigade.