Mais la saison 1970-71 rend encore plus justice à la précision et à la touche de marqueur d'Esposito. Une campagne de 78 parties qui a représenté un record de la LNH pendant 10 saisons, jusqu'à ce que la supervedette des Oilers d'Edmonton Wayne Gretzky surpasse la marque de 152 points d'Esposito en récoltant 164 points en 1980-81. Un an plus tard, Gretzky a pulvérisé le record de 76 buts d'Esposito en trouvant le fond du filet à 92 reprises.
L'un des records d'Esposito de 1970-71 tient toujours. Ses 550 tirs, décochés avec son bâton en bois de frêne Northland Pro, représentent encore un sommet en une saison depuis que cette statistique est officiellement comptabilisée (1959-60). Les 528 lancers décochés par l'attaquant des Capitals de Washington Alex Ovechkin en 2008-09 le placent au deuxième rang.
« Avec la manière dont le hockey se joue aujourd'hui, je ne pense pas que mes 550 tirs vont être battus, a affirmé Esposito. Les joueurs ne tirent plus autant. Il y a une tonne de lancers bloqués, et les bâtons en composite utilisés aujourd'hui se brisent constamment. »
La saison historique d'Esposito est survenue entre deux conquêtes de la Coupe Stanley des Bruins durant cette décennie. Il l'a réussie à sa septième saison complète dans la LNH, sa quatrième à Boston, après avoir amassé 99 points (43 buts, 56 aides) en 1969-70.
« Je ne m'étais pas fixé d'objectifs personnels pour mes chiffres offensifs, a-t-il expliqué. Quand j'ai commencé avec Chicago, quand il y avait six équipes dans la LNH, je voulais inscrire 20 buts par saison, ce qui était l'équivalent de frapper pour ,300 au baseball. J'y suis parvenu dans chacune de mes trois saisons avec Chicago. »
Le 15 mai 1967, une transaction majeure a envoyé Esposito aux Bruins avec les attaquants Ken Hodge et Fred Stanfield en retour de l'attaquant Hubert Martin, du défenseur Gilles Marotte et du gardien Jack Norris. C'est devenu l'une des transactions les plus inégales de l'histoire de la LNH, un vol de grand chemin des Bruins.
« J'avais un objectif différent après avoir été échangé aux Bruins, s'est remémoré Esposito. J'ai dit [au directeur général Milt Schmidt] au téléphone que je voulais avoir un salaire de 12 000$. J'ai presque démissionné pour avoir ce que je demandais. J'ai dit à Milt : "Si tu ne me paies pas 12 000 $, je ne viens pas. Je peux faire autant d'argent à l'aciérie (à Sault Ste. Marie)." Je voulais pouvoir soutenir financièrement mon épouse et ma fille. »