Le Repêchage 2026 de la LNH Upper Deck se tiendra les 26 et 27 juin au KeyBank Center de Buffalo. Le premier tour se tiendra le 26 juin (19 h HE; ESPN, ESPN+, SN, TVAS) tandis que les tours 2 à 7 auront lieu le 27 juin (11 h HE; NHLN, ESPN+, SN, SN1). LNH.com vous aide à vous préparer en vue de ce repêchage en vous offrant des profils des principaux espoirs admissibles à l'encan, grâce à des entrevues réalisées dans le cadre de la Séance d’évaluation des espoirs de la LNH (Combine) au KeyBank Center, qui s’est tenue du 1er au 6 juin.
Repêchage 2026 : Jaxon Cover, des Caraïbes à la LNH
L’attaquant qui a grandi à Grand Caïman en tant qu’adepte du roller-hockey pourrait être sélectionné dès le premier tour

par
Sébastien Deschambault
Directeur de la rédaction LNH.com
BUFFALO – Quand un surdoué sur patins est considéré comme l’une des étoiles montantes de son sport dès l’âge de 6 ans comme l’était Jaxon Cover, ça ne devrait pas représenter une surprise qu'il devienne un potentiel choix de premier tour du repêchage de la LNH quelques années plus tard.
Ça l’est toutefois quand le jeune homme en question a grandi à Grand Caïman. Quand les patins qu’il chaussait n’étaient pas des patins à glace, mais bien des patins à roues alignées. Et quand sa première saison au hockey sur glace n’a été disputée qu’à 13 ans.
« Je savais que le hockey sur glace existait, mais je ne regardais pas des matchs tous les jours », a raconté Cover lorsque rencontré par LNH.com dans le cadre de la Séance d’évaluation des espoirs. « Je portais le numéro 87 en raison de Sidney Crosby, qui était déjà mon joueur préféré. Je regardais toujours ses faits saillants, et j’aimais voir à quel point il était un joueur intelligent. »
Comme il était en quelque sorte considéré comme le Sidney Crosby du roller-hockey sur sa petite île des Caraïbes, le père de Jaxon, Patrick, qui est natif d’Etobicoke en Ontario, comprenait qu’il avait le potentiel d’aller encore plus loin. Il a d’abord inscrit Jaxon et son frère aîné, Jaedon, à une semaine de camp de hockey par été dans son Ontario natal, avant de les inscrire au Saint-Andrew’s College quand Jaxon était âgé de 12 ans.
Après une première année loin de la maison marquée par la pandémie de COVID-19, au cours de laquelle il n’a pas joué au hockey sur glace, Jaxon a participé à un premier camp d’entraînement à l’âge de 13 ans.
« À mon premier entraînement, je ne savais pas vraiment ce qu’était un hors-jeu ou un dégagement refusé, a lancé Cover en riant. Nous n’avons pas ces règlements au roller-hockey. C’est un sport où le rythme est beaucoup plus élevé et où il n’y a presque jamais d’arrêts de jeu. J’ai donc dû m’ajuster, mais ça ne m’a pas pris trop de temps. »
Il a en effet progressé à un rythme impressionnant, au point où il a été repêché par les Knights de London en 2024, à peine trois ans après s’être lancé à temps plein dans le hockey sur glace. Et à sa saison recrue à London cette année, il a terminé au premier rang des attaquants de l’équipe avec une récolte de 52 points (20 buts, 32 passes) en 67 matchs.
Son nom est passé du 45e rang du classement de mi-saison du Bureau central de dépistage (BCD) de la LNH parmi les patineurs nord-américains au 29e rang sur la liste finale.
« Sa progression du début à la fin de la saison a été impressionnante, a affirmé Jean-François Damphousse du BCD. Avec le peu d’expérience qu’il a du hockey sur glace, il devient un joueur très intrigant. Au début de l’année, on voyait des lacunes concernant sa lecture du jeu, mais au fur et à mesure que la saison avançait, sa prise de décision devenait bien meilleure.
« Il possède de bonnes mains, une bonne vision, il est capable de fabriquer des jeux pour ses coéquipiers, mais il est aussi capable de prendre de bonnes décisions autour du filet. »

Bien épaulé par les frères Mark et Dale Hunter à London, où il va passer au moins une autre saison avant de faire le saut avec l’Université Penn State dans la NCAA, Cover est persuadé que cette progression n’est que la pointe de l’iceberg.
« Je m’attendais honnêtement à récolter environ 30 points, j’aurais considéré ça comme une bonne saison recrue, a noté Cover. Nous avons ensuite conclu des transactions, et on se fiait un peu plus sur moi pour compter des buts, et je me suis retrouvé sur le premier trio.
« Je sens toutefois que je ne fais qu’effleurer la surface de mon potentiel. J’ai le sentiment que mon jeu a tellement progressé cette année, et si je sais qu’il me reste encore bien des choses à apprendre, je sais aussi que je peux y arriver et que je vais continuer de m’améliorer. »
Des avantages et des inconvénients
Le hockey sur glace et le roller-hockey partagent peut-être la même base, mais il s’agit de deux sports bien différents. Néanmoins, Cover croit que certaines de ses aptitudes qui faisaient sa force en patins à roues alignées se sont bien transposées sur la glace.
« Je dirais que c’est surtout le cas de mes déplacements latéraux, a-t-il soumis. Je peux battre les défenseurs adverses en me déplaçant rapidement d’un côté à l’autre.
« Je vois aussi très bien la glace, et je peux réaliser des jeux uniquement avec mes mains. Je vois aussi des passes que peu de personnes voient. J’aime utiliser mon lancer, même si je dois m’en servir encore plus souvent. »
Ce ne sont toutefois pas tous les éléments du roller-hockey qui se transfèrent naturellement sur la glace.
« Je tente encore d’améliorer mon jeu en zone défensive, a admis Cover. Je pense avoir fait beaucoup de progrès de ce côté, mais il me reste énormément de travail à faire. Quand j’ai commencé à jouer au hockey sur glace, je ne savais pas ce qu’était une défensive de zone, parce que j’étais habitué à la couverture homme à homme, je suivais un gars partout sur la surface de jeu. Je sais maintenant ce que c’est, alors je n’ai plus d’excuse pour rater mes couvertures défensives.
« Je dois aussi continuer de travailler sur ma mécanique de patinage. J’ai un coup de patin un peu bizarre. Je dois améliorer ça, ainsi que l’explosion de mes premières enjambées. »
Malgré les éléments de son jeu qu’il doit encore travailler, le chemin qu’il a parcouru en si peu de temps est impressionnant, surtout si l’on tient compte du trajet qu'il a emprunté. Il souhaite que ses succès inspirent d’autres jeunes de son coin de pays à pourchasser leurs rêves, et qui sait, peut-être à suivre ses traces.
« C’est super de savoir que mon pays est derrière moi et que les gens me soutiennent, a exprimé Cover. J’espère que mon histoire va inspirer d’autres jeunes à tenter leur chance, que ce soit à Grand Caïman ou à d’autres endroits non conventionnels. Ça n’a pas non plus à être du hockey, je veux simplement que les jeunes comprennent qu’ils peuvent accomplir tout ce qu’ils veulent s’ils sont prêts à s’investir totalement et à travailler très fort. »
S’il sait que son histoire sort de l’ordinaire, Cover ne voulait toutefois pas que ce soit ce que les 28 équipes qu’il a rencontrées à la Séance d’évaluation retiennent de lui au terme de leur entrevue.
« Je veux leur montrer que je suis bien plus que mon histoire, a-t-il déclaré. J’ai investi énormément d’efforts, j’ai travaillé fort sur mes aptitudes, j’ai parcouru beaucoup de chemin, et je suis très fier de moi. C’est ce que je veux que ces 28 équipes retiennent. »

















