5-5 Maurice FLA QnA with NHLdotcom

Il y a 12 mois, Paul Maurice n'avait plus la passion du hockey.

« Ce que je faisais à pareille date l'an dernier? Pour être honnête, j'avais les quatre meilleures journées de pêche de ma vie », a-t-il avoué en ricanant vendredi.

Ce qu'une année a pu faire à l'homme de 56 ans!

Aujourd'hui, la ferveur, l'enthousiasme et la motivation sont de retour. Embauché à titre d'entraîneur-chef des Panthers de la Floride le 22 juin dernier, Maurice voit sa nouvelle équipe mener 2-0 sa série de second tour face aux Maple Leafs de Toronto à l'aube d'un match au FLA Live Arena, dimanche (18h30 HE; TBS, CBC, SN, TVAS).

« C'est peut-être une réponse simple, mais c'est la vérité », a-t-il mentionné à LNH.com. « J'avais perdu mon amour pour ce sport. Et ça m'affectait. J'ai maintenant retrouvé cet amour.

« Ce fut une année remplie de défis. Mais elle a aussi été amusante. »

Une année qui a été précédée d'une montagne russe d'émotions : le 17 décembre 2021, Maurice a causé la surprise en démissionnant de son poste d'entraîneur-chef des Jets de Winnipeg. C'était sa 24e saison à entraîner une équipe de la LNH et sa neuvième au Manitoba. Mais il était épuisé.

Il ne savait pas s'il allait revenir dans le monde du hockey. Il ne savait pas s'il le voulait. Le sport était bien loin de ses préoccupations à ce moment-là, surtout lorsqu'il avait un poisson au bout de sa ligne.

Puis, tout a changé.

Maurice prenait la route de son chalet du nord de l'Ontario jusqu'à Winnipeg lorsqu'il a reçu un appel du directeur général des Panthers, Bill Zito. La Floride voulait faire l'embauche de Maurice, même si celui-ci ne se cherchait pas activement un emploi.

Les émotions négatives de l'époque sont maintenant loin dans sa mémoire.

Ses Panthers ont présenté une fiche de 42-32-8 en saison régulière, ce qui leur a permis de s'emparer de la deuxième place de quatrième as dans l'Association de l'Est. Au premier tour des séries, ils ont surpris la planète hockey en éliminant les puissants Bruins de Boston, vainqueurs du trophée des Présidents au terme d'une saison régulière record. Quelques jours plus tard, ils sont aux commandes de leur série face aux Maple Leafs, à deux victoires d'une présence en finale de l'Est.

Les 817 victoires en carrière de Maurice le placent au sixième rang de l'histoire de la LNH et ses 1767 parties dirigées représentent le quatrième total derrière Scotty Bowman (2141), Barry Trotz (1812) et Joel Quenneville (1768). Sa fiche est de 817-712-138 (et 99 égalités) en 25 ans avec les Whalers de Hartford/Hurricanes de la Caroline, les Maple Leafs de Toronto, les Jets et les Panthers.

Il a remporté 47 de ses 101 matchs de séries éliminatoires, amenant notamment les Hurricanes de la Caroline en finale de la Coupe Stanley face aux Red Wings de Detroit, en 2002.

Dans une entrevue avec LNH.com, Maurice discute des raisons pour lesquelles la Floride est le bon endroit pour lui, de son succès en séries et de l'impact des attaquants Sam Bennett et Matthew Tkachuk cette saison.

Premièrement, qu'est-ce qui t'a convaincu de quitter ta vie de pêcheur pour revenir au hockey?

« La vie est drôlement faite. On était au début du mois de juin. Tout était parfait. Je ne m'ennuyais de rien. Je ne me plaignais jamais. Deux équipes m'avaient contacté depuis ma démission, mais la décision était évidente pour moi. Ça ne cadrait pas avec ce que je voulais, je n'étais pas intéressé. Puis, Bill Zito m'a appelé et m'a dit : ''Je veux simplement connaître tes intérêts'' et je lui ai répondu : ''Je suis intéressé aux Panthers de la Floride''. »

Pourquoi les Panthers?

« J'ai un passé ici, [mais j'ai pris ma décision à partir] d'une seule conversation. Je connaissais plusieurs personnes dans l'organisation, dont Bryan McCabe (directeur du personnel des joueurs). Bryan était défenseur des Maple Leafs lorsque j'étais leur entraîneur-chef (de 2006 à 2008). J'aimais être avec lui. Il fait du bon travail, tout comme Roberto Luongo (conseiller spécial au directeur général). Tuomo Ruutu (entraîneur adjoint) fait aussi partie du personnel et je l'ai dirigé en Caroline. J'avais plusieurs contacts en Floride que j'avais oubliés. Mais en fin de compte, Bill Zito a le don de vous garder intéressé. Pas comme un vendeur. C'est encore plus naturel. Il a une passion contagieuse pour le hockey et pour la vie en général. »

Ton entourage voyait-il à quel point tu étais épuisé lorsque tu as quitté ton emploi chez les Jets?

« La réponse est non. Et je ne donnerai pas beaucoup de détails là-dessus. Tout ce que je vais dire est que j'avais besoin de m'éloigner du hockey. »

Tu as passé une bonne partie de la saison à changer le système et le style de cette équipe. Que peux-tu dire à propos de l'adhésion des joueurs à ces nouvelles bases?

« Ils ont été incroyables. Honnêtement. Et des joueurs comme Tkachuk et Bennett n'ont jamais eu autant d'impact sur l'équipe. Le système cadre parfaitement avec leur jeu. Nous avons assez de joueurs dont le style est intense. Puis, nous avons eu une progression propre aux bonnes équipes. »

Explique-moi votre nouveau système, votre nouveau style. Est-ce simplement la transition d'une approche est-ouest à une approche nord-sud?

« La manière la plus simple de le décrire est la suivante : nous étions surtout une équipe rapide en transition l'an dernier. Nous excellions à ce chapitre. Mais le jeu de transition disparaît en séries éliminatoires. En fait, il ne disparaît pas, mais les chances de marquer en transition rapide diminuent. Nous pouvons donc continuer d'être très bons en contre-attaque, mais nous devions développer d'autres aspects sur lesquels nous n'avions pas encore eu le temps de travailler. »

Tel que mentionné plus tôt, Tkachuk et Bennett sont des joueurs clés de ce nouveau système. À quel point leur assurance améliore la confiance de l'équipe?

« Je changerais le mot ''assurance'' pour ''intensité''. Car je crois que c'est ce qu'ils transmettent. J'ajoute Nick Cousins au groupe, qui a été bénéfique pour les deux autres. Ils jouent chacun avec un très haut niveau d'intensité, et ils n'ont jamais à se convaincre de le faire. »

Comment Tkachuk s'est-il adapté à l'organisation si rapidement après avoir été acquis des Flames de Calgary (le 22 juillet dernier)?

« J'étais un nouveau venu aussi. J'étais en Floride depuis une semaine quand Matthew est arrivé à son tour. L'un des préposés à l'équipement m'a dit : ''il nous a tous amené souper avec nos familles''. Il a une bonne compréhension de l'importance des employés de soutien. Et j'inclus les entraîneurs dans ce groupe, ceux qui sont en veston, ceux en survêtement, les femmes qui travaillent pour notre équipe, etc. Il est quelqu'un qui se soucie naturellement des gens. Je ne m'attendais pas à cela de lui. J'étais de l'autre côté de la rivalité Jets-Flames lorsqu'il était avec Calgary. J'avais une perception particulière de lui à l'époque. Maintenant, de ce que j'ai découvert, il est un coéquipier exceptionnel. Il est plus qu'un joueur, il est le coéquipier de tout le monde. »

Quelle importance revêt ce parcours en séries éliminatoires pour la santé de la concession, les partisans et la direction dans laquelle vous allez?

« Dans notre marché, nous cherchons toujours à aller chercher de nouveaux partisans. Mais le plus grand impact… Regardez les Hurricanes de la Caroline. Leur aréna est toujours rempli au maximum de sa capacité. Depuis que ''Jimmy'' Rutherford a dirigé cette équipe pendant quatre ou cinq ans, ils sont devenus toute une organisation. De notre côté, je pense que ça va nous permettre de solidifier notre lien avec les partisans des Panthers qui suivent déjà l'équipe. Bien entendu, tu veux développer ton sport et rejoindre de nouveaux partisans dans ton marché. Mais les gens qui ont déjà leur chandail et leur abonnement de saison sont récompensés pour leur investissement. Et ça nous permet de les garder comme partisans pour au moins dix autres années. Tu récompenses les gens qui te soutiennent depuis des années. Ils l'ont mérité. »

Penses-tu qu'il y aura beaucoup de partisans des Maple Leafs dans votre aréna, même si la vente de billets est exclusive aux gens qui ont une adresse aux États-Unis?

« Les Maple Leafs seront bien représentés. C'est une réalité du bel État qu'est la Floride. Il y a des gens de partout en Amérique du Nord qui y habitent, et beaucoup d'entre eux soutiennent l'équipe de leur enfance. »

Enfin, pour avoir dirigé Winnipeg et Toronto, tu comprends la pression de travailler dans ce marché. Considérant que les Maple Leafs ressentent certainement de la pression après deux revers à domicile, à quel point est-ce important de connaître un bon départ dans le match no 3 et de garder la pédale au plancher?

« Je vais répondre différemment à ta question. Nous venons de jouer neuf matchs consécutifs. Dans une rencontre, le vent peut tourner en un instant. Une rondelle frappe le poteau et entre dans le filet au lieu de bondir à l'extérieur. Une passe est complétée plutôt qu'interceptée. Nous n'avons dominé aucune de ces neuf rencontres. Ce n'est pas quelque chose de propre aux Panthers, ce sont les détails du hockey de séries. La philosophie est simple : la pédale au plancher, et pas seulement durant cette série. Rien ne change. Quand la rondelle tombe sur la glace, tu donnes ton maximum, et c'est tout. »