Milan Lucic

BOSTON - Le marché des joueurs autonomes de la LNH n'était ouvert que depuis une minute quand le directeur général des Bruins de Boston Don Sweeney a reçu un message texte sur son téléphone. Il s'agissait d'une photo de Milan Lucic, qui portait sur sa tête une casquette aux couleurs des Bruins.

Il avait acheté cette casquette dans un magasin de Los Angeles deux jours plus tôt, en plus de t-shirts pour ses enfants, en prévision du moment où il pourrait officialiser le contrat d'une année de 1 million $ et 500 000 $ en bonis de performance qui lui permettrait de revenir avec l'équipe avec laquelle il a disputé ses huit premières saisons dans la LNH.

Il y a longtemps que Lucic rêvait à cette réunion, depuis que les Bruins l'ont échangé aux Kings de Los Angeles le 26 juin 2015.

« Je ne vais pas mentir, depuis sept ans, je m'imagine à quoi pourrait ressembler le moment où je remettrais les couleurs noires et jaunes à nouveau, a raconté Lucic. C'est pourquoi je suis si heureux d'obtenir cette chance. »

Les Flames de Calgary avaient permis à Lucic de discuter avec d'autres équipes. Sweeney est entré en contact avec l'ancien des Bruins et ils ont conclu une entente sur une poignée de main. Mais Lucic avait un problème : il était à Los Angeles, alors que toutes ses possessions - dont ses items aux couleurs des Bruins - étaient à Vancouver.

Pas le choix! Il fallait aller magasiner.

« Ça en dit beaucoup sur son état d'esprit et à quel point il avait hâte de revenir à la maison, a souligné Sweeney. Je suis certain qu'il y aura de l'énergie dans l'air quand il va sauter sur la glace. »

Les Bruins n'ont pas pris beaucoup de risques durant cette première journée du marché des joueurs autonomes. En plus de Lucic, ils se sont entendus avec les attaquants James van Riemsdyk (un an, 1 million $), Morgan Geekie (deux ans, 4 millions $) et Patrick Brown (deux ans, 1,6 million $), ainsi que le défenseur Kevin Shattenkirk (un an, 1 million).

Grâce à ces contrats abordables, le fait que l'équipe n'a pas mis sous contrat ses joueurs autonomes Tyler Bertuzzi et Dmitry Orlov, et la transaction qui a envoyé Taylor Hall (6 millions $) au Blackhawks de Chicago lundi, les Bruins seront en meilleure posture lors de l'été 2024 quand le plafond salarial devrait connaître une forte augmentation.

« Nous ne savons pas encore la décision finale de David Krejci et Patrice (Bergeron) quant à la poursuite de leur carrière ou non, et nous nous croisons les doigts que ce sera à notre avantage », a dit Sweeney. Les Bruins ont une somme de 4,5 millions $ sur leur masse salariale cette saison en raison des bonis de performance atteints par les deux joueurs la saison dernière.

C'est aux côtés de Krejci, son joueur de centre, que Lucic a aidé les Bruins à remporter la Coupe Stanley en 2011.

Lucic aimerait retrouver cette magie.

« C'est une place qui est vraiment importante pour moi », a dit Lucic, que les Bruins ont repêché au 50e rang en 2006. « Vous pouvez voir la largeur de mon sourire. Je sens que je suis revenu à la maison. Je me suis toujours senti comme un Bruin, et je suis vraiment reconnaissant d'être à Boston à nouveau. »

Sweeney a avoué samedi que d'échanger Lucic, une de ses premières décisions importantes lorsqu'il a pris la direction des Bruins, avait été « une des plus difficiles de sa carrière comme directeur général. »

C'est pourquoi il était si heureux de s'entendre avec lui, samedi.

« C'était la bonne chose à faire, pour tellement de raisons, a-t-il dit. Il estime qu'il a encore beaucoup à offrir et qu'il peut être une source d'enthousiasme et donner du mordant à notre formation. Ce sont des choses qui nous ont manqué. Dans un monde parfait, il ne serait jamais parti. »

Le rôle de Lucic sera très différent de celui qu'il avait à l'époque, quand il était un attaquant du top-6. C'est quelque chose qu'il accepte, lui qui a amassé 19 points en 77 matchs cette saison à Calgary. En huit années et 566 parties avec les Bruins, de 2007 à 2015, il avait enregistré 342 points, dont un sommet de 62 en 2011.

« Je ne suis plus le même joueur ou la même personne que j'étais il y a 10 ans, a dit Lucic. Je comprends que je vais jouer un rôle différent, un nouveau rôle, mais au final, j'ai toujours le même état d'esprit, celui de vouloir remporter un championnat. »