Auston Matthews TOR

TORONTO - Auston Matthews ne voulait pas que les questions à propos de son futur avec les Maple Leafs de Toronto retiennent l'attention une fois l'arrivée du camp d'entraînement.

C'est pourquoi lui et le directeur général des Maple Leafs Brad Treliving ont négocié à l'abri des caméras afin d'en venir à une entente de quatre ans d'une valeur annuelle de 13,25 millions $ qui a été annoncé mercredi. Le contrat commencera au début de la saison 2024-25.

« Nous y sommes parvenus parce qu'Auston a décidé que ça allait fonctionner, a dit Treliving. C'est ça, la réalité. Je veux souligner le travail de (l'agent de Matthews) Judd Moldaver durant tout ce processus. Nous avons consacré beaucoup de temps à ce dossier depuis que je suis arrivé ici, et ça s'est réglé quand Auston a décidé qu'il voulait que ça se règle, et qu'il ne voulait pas que ce soit un sujet de discussion (durant la saison) afin de se concentrer sur ce qu'il doit faire, ce qui est de gagner et de consacrer ses énergies à ce qui se passe sur la glace. Au final, c'est lui qui a pris la décision, et c'est à mon avis un signe de leadership.

« Je veux féliciter Auston. Il voulait revenir parce qu'il veut terminer le travail ici, mais il a aussi pris en considération comment (le contrat) allait avoir un impact sur la construction de l'équipe, comment on peut gagner et comme ça va fonctionner dans l'avenir. »

Matthews, qui aurait pu devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet 2024, écoulera la dernière année d'une entente de cinq ans (11,634 millions $) qu'il avait signé le 5 février 2019. Il a terminé la dernière saison à égalité au chapitre des buts (40) avec William Nylander au premier rang chez les Maple Leafs, et il a amassé 85 points en 74 parties.

« Je ne me suis pas réveillé une journée en décidant que ça allait être un contrat de quatre ans. La discussion a été longue avec ma famille, mon agent et mes proches », a expliqué Matthews. « Je devais faire ma réflexion, et la conclusion est que nous avons trouvé le bon équilibre à quatre ans, et à la fin de ce contrat, j'aurai été avec cette équipe pour un total de 12 ans. J'adore jouer à Toronto, j'adore mes coéquipiers et tout ce qui vient avec le fait d'être un membre des Maple Leafs. C'est un véritable honneur de faire partie de cette organisation et quelque chose que je ne prends pas pour acquis. »

Treliving était d'avis que les deux clans ont travaillé en partenariat, plutôt que de faire de ce processus une négociation.

« À mon avis, c'était un effort collaboratif, a affirmé Treliving. On cherchait une solution qui fonctionnait pour les deux parties. Au final, on parle ici d'un des meilleurs joueurs au monde, et avec la situation dans laquelle il se retrouvait, il aurait pu demander beaucoup plus que ce qu'il a obtenu. »

Les Maple Leafs n'ont toutefois pas été en mesure de faire signer à Matthews, qui a gagné le trophée Hart en 2022, remis au joueur le plus utile de la LNH, une entente de huit ans. Ironiquement, ça devrait aider le club à court terme, puisque le salaire de l'attaquant aurait probablement été plus élevé avec ce type de contrat, selon ce qu'a laissé comprendre Treliving.

Le nouveau contrat prendra fin quand Matthews aura 30 ans, et à ce moment, il y a de fortes chances que le joueur de centre, même s'il ne sera peut-être plus dans les meilleures années de sa carrière, soit encore très productif et en mesure de signer un contrat dont le salaire annuel sera supérieur à ce qu'il aurait été s'il avait paraphé une entente de huit ans cette année.

Mais à court terme, un tel contrat aurait menotté les Maple Leafs, surtout si le plafond salarial n'augmente pas autant que les équipes l'espèrent la saison prochaine.

« Vous devez prendre en considération la réalité dans laquelle ça se déroule, et vous devez prendre en considération la réalité du joueur et ce qui se passera avec le plafond salarial, a souligné Treliving. Nous pensons tous et espérons que (le plafond) connaîtra une importante hausse dans un futur rapproché, et nous tentons de trouver l'équilibre afin de le respecter, afin que ça fonctionne pour le joueur, tout en continuant d'avoir de la flexibilité afin de bâtir notre équipe autour de notre meilleur joueur. Nous devons marcher main dans la main. Tout au long de ce processus, nous avons trouvé cet équilibre quant au nombre d'années. »

Treliving a rappelé à ceux qui sont déjà inquiets quant à ce qui se passera dans cinq ans que Matthews n'en est pas à son premier contrat avec l'équipe, et que tout se déroule bien jusqu'à présent.

« C'est un gros contrat, mais je me souviens de son dernier contrat aussi, a rappelé Treliving. Cinq ans, qu'est-ce qui allait se passer après ça? Nous nous attaquerons à la question quand ce sera le moment. Il vient tout juste de signer un nouveau contrat, et Auston a répété tout au long de ce processus qu'il était engagé envers l'équipe et la ville.

« Auston était dans une position où il aurait pu être beaucoup plus difficile. C'est grâce à son leadership si nous avons réussi à nous entendre sur une structure et un salaire. »

Maintenant que Matthews est assuré de demeurer à Toronto pour au moins cinq ans, il pourrait bien être en mesure de réécrire le livre des records de la concession. Avec ses 299 buts en carrière, il n'aura besoin que d'une moyenne de 24,2 buts par saison au cours des cinq prochaines années pour rattraper Mats Sundin, qui détient la marque chez les Maple Leafs avec 420. Si Matthews, qui est déjà au 11e rang de l'histoire du club pour les points, conserve une moyenne de 89 points par saison durant cette période, il dépasserait là aussi Sundin, qui est premier avec 987.

« Mon héritage est quelque chose qui me passe parfois à l'esprit, a dit Matthews. Ce qui est le plus important pour moi chez les Maple Leafs, c'est d'être le meilleur joueur et le meilleur coéquipier, et faire ce que je peux pour mener cette équipe là où nous le désirons tout. Le reste, ça vient avec le fait que je fais partie de cette organisation, que je serai ici pour les cinq prochaines années et que je vais avoir été ici pendant longtemps. Si ça se produit, c'est génial, mais ce qu'on vise bien évidemment, c'est un objectif précis, et c'est clairement ce qui est le plus important. »