ST-LOUIS BADGE CHAUMONT

LAVAL-SUR-LE-LAC – Nick Suzuki l’avait déjà dit. Mais le capitaine n’avait aucun problème à ressortir la même casette pour décrire Martin St-Louis. Il n’a jamais croisé sur sa route un meilleur entraîneur en chef.

À l’image de Geoff Molson, Jeff Gorton et Kent Hughes, Suzuki se réjouissait de la nouvelle du jour lors du traditionnel tournoi de golf des Canadiens de Montréal sur le chic parcours de Laval-sur-le-Lac.

Sous le coup de 8 h, le CH a publié un communiqué pour dévoiler ce qui semblait écrit dans le ciel : une prolongation de contrat de plusieurs saisons pour St-Louis.

« C’est génial, a dit Suzuki avec un grand sourire au visage. Je ne connais pas son contrat. Mais il est probablement mon entraîneur préféré à vie. C’est bien de voir qu’il restera avec nous. Je trouve qu’il s’améliore tous les ans. Il nous pousse toujours de la bonne façon.

« Il est un nerd du hockey. Il veut s’améliorer, il veut voir ses joueurs s’améliorer. C’est bien de savoir qu’il nous dirigera encore longtemps. »

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Le secret sur la durée de l’entente a rapidement pris le bord. Jeff Gordon, le président des opérations hockey, a confirmé qu’il s’agit d’un pacte de quatre ans. 

« Nous avons effacé l’année restante à son contrat pour repartir avec un nouveau contrat de quatre ans qui s’ouvre maintenant », a précisé Gorton.

St-Louis, quant à lui, gardait les deux pieds bien sur terre.

« C’est flatteur. Mais je ne m’arrête pas à ça, a-t-il répliqué. Moi, j’adore ce que je fais. Si on me donne un vote de confiance comme quoi je suis l’homme de confiance, je vais continuer. Mais si on me dit que je ne suis pas cet homme, c’est correct aussi. Je reste humble. Ce n’est pas parce que tu places tous les efforts que tu réussis toujours. Mon cœur est à la bonne place. J’adore être l’entraîneur des Canadiens. »

S’il n’avait aucune expérience comme entraîneur en chef dans la LNH à son embauche au mois de février 2022, St-Louis a maintenant une bonne idée des exigences du métier avec une expérience de cinq ans, dont quatre saisons complètes.

Dans un monde où la sécurité d’emploi n’existe pas véritablement, St-Louis vient au cinquième rang parmi les entraîneurs avec le plus d’expérience au sein de la même équipe. Il suit Jon Cooper (Lightning), Jared Bednar (Avalanche), Rod Brind’Amour (Hurricanes) et André Tourigny (Coyotes et Mammoth) dans cette catégorie reliée à la longévité.

« Nous sommes très heureux de cette signature à long terme », a dit Geoff Molson, le propriétaire du CH. « Il est très apprécié par moi, mais aussi par les joueurs, les autres coachs et la direction. Il est aussi aimé par vous, les médias. Il continuera à construire une bonne équipe. »

« Il n’est pas une personne qui prétend détenir la vérité, a renchéri Gorton. Il a ce désir de s’améliorer. Il écoute les opinions des autres. Et ce n’est pas toujours facile d’agir ainsi. Dans la LNH, il y a de gros égos. Nous travaillons aussi avec des joueurs qui gagnent de gros salaires. Il sait comment prendre le pouls de son équipe. Ça prend un talent spécial pour y parvenir. Les joueurs veulent jouer pour lui. Je pourrais répondre encore plus longtemps. Il a ce côté unique comme coach. »

Dans le concert d’éloges, Hughes a ajouté sa voix.

« J’aime son leadership. On entend souvent dire qu’un coach a besoin d’être un bon vendeur. Les joueurs doivent acheter son système. Sa communication est exceptionnelle. Depuis son arrivée ici, il continue son évolution comme entraîneur. »

« Il n’a jamais montré des signaux nous laissant croire qu’il ne pouvait pas surmonter un obstacle, a continué le DG. Nous nous améliorons tous les ans. Nous avons atteint les séries à nos deux dernières saisons. Il y a deux ans, nous avons déjoué les pronostics. L’an dernier, nous avons joué en finale de l’Association de l’Est. Il n’y a aucune raison de douter de lui. Nous l’avons engagé pour plusieurs raisons. Il est un homme très intelligent et il a un esprit analytique. »

À l’image du noyau fort de l’équipe qui restera en place pour encore plusieurs saisons, le CH misera sur ses trois principales têtes dirigeantes pour longtemps. Le 14 octobre 2025, Gorton et Hughes ont accepté simultanément une prolongation de contrat de cinq ans.

Le nouveau pacte offert à St-Louis s’inscrit donc dans cet esprit de continuité.

« Nous aimons travailler ensemble, a affirmé Gorton. Vous pouvez le voir. Les joueurs le ressentent aussi. Il y a une continuité. C’est une bonne chose. Nous nous connaissons. Nous avons bâti des amitiés, mais nous pouvons également tout nous dire. »

Auteur d’une première saison de 50 buts (51) l’an dernier, Cole Caufield profitera encore des conseils de l’ancienne gloire du Lightning de Tampa Bay.

« C'est une bonne nouvelle pour la ville, pour les partisans et pour tout le monde, a commenté Caufield. Marty a évidemment eu un impact considérable, non seulement sur moi, mais aussi sur l'ensemble de notre noyau dur. Et je pense que cela concerne tout le monde, du personnel d'encadrement aux joueurs en passant par la direction. Tout le monde évolue et apprend à ses côtés ; nous avons beaucoup de chance de pouvoir compter sur lui pour la suite de cette aventure. »

Aucune grande promesse

Après une saison de 106 points et une défaite en finale de l’Est en cinq matchs contre les Hurricanes de la Caroline, le CH composera maintenant avec des attentes plus élevées. Mais en cette journée de tournoi de golf qui lance la prochaine saison, Molson et les dirigeants de l’équipe n’ont rien fait pour gonfler ce phénomène.

« Je veux vous laisser cette définition (d’une bonne saison), a affirmé Gorton. Nous avons connu du succès. Mais nous voulons y aller un jour à la fois. Nous désirons poursuivre notre progression. Il y a beaucoup de fierté à l’intérieur de cette équipe. Nous savons que nous avons une bonne équipe. Nous nous dirigeons dans le bon chemin, mais nous n’ajouterons pas de pression. »

Le Tricolore n’a pas martelé sur une thématique forte, comme c’était souvent le cas dans le passé.

« Il n’y a pas de slogan, a souligné Molson. Nous avons accompli du bon travail au cours des dernières saisons afin de construire une bonne équipe. Nous avons encore un jeune noyau et nous voulons poursuivre ce que nous bâtissons. »

« On ne s’arrête pas aux attentes, a renchéri St-Louis. On compte sur un groupe fier, humble, mais aussi honnête. Qu’on gagne ou qu’on perde, on revient toujours à nos valeurs. On veut toujours gagner la journée. Les attentes seront toujours là, qu’elles soient hautes ou basses. On ne s’en fait pas avec les attentes. »

Juraj Slafkovsky est le seul qui a osé pousser la note plus loin.

« J’espère que nous serons l’une des deux dernières équipes à jouer en séries, a lancé le Slovaque. Mais c’est une longue saison. Nous devrons y aller un jour à la fois. »