KREIDER BADGE LEPAGE 2

LAVAL-SUR-LE-LAC – Chris Kreider devait bien se douter qu’il ne pourrait pas éviter de replonger dans le passé à son premier bain médiatique dans les couleurs des Canadiens de Montréal.

Même 12 ans après sa percutante collision avec Carey Price lors du premier match de la finale de l’Est – un incident qui avait éventuellement écarté le gardien de l’action et qui a fait de Kreider l’un des joueurs les plus détestés dans la métropole – l’attaquant a une fois de plus dû livrer sa version des faits, lundi.

« J’ai expérimenté la passion des partisans du côté sombre en 2014 », a lancé la nouvelle acquisition du Tricolore au tournoi de golf de l’équipe. « Ce n’est pas la même chose, mais ce n’est pas si différent. Ça en dit long sur la passion de la ville et son amour pour l’équipe. Les gens ont la mémoire longue.

« Ce n’était pas intentionnel d’aucune manière. J’étais encore un jeune joueur qui ne patinait pas très bien et qui essayait de marquer. C’est le hockey. Je suis passé à autre chose et je suis heureux d’être ici. »

Reste à voir si les partisans sont prêts à passer à autre chose, eux aussi.

Mais après un été un brin frustrant au cours duquel l’état-major n’a pas fait d’acquisition majeure, il semble que le contrat d’un an octroyé à l’attaquant de puissance, samedi, ait été accueilli favorablement. Le vétéran de 35 ans coche bien des cases sur la liste d’épicerie de la formation montréalaise.

« Pour moi, c’est simple, a amorcé l’entraîneur Martin St-Louis. Quand on regarde notre club, de quoi est-ce qu’on a besoin? On a probablement besoin d’un peu plus d’expérience. Il coche cette case. On a besoin de plus de papier sablé. Coché. D’un joueur qui va au filet. Coché. 

« Tout ça ne serait pas important s’il n’était pas une bonne personne. Et avec Chris, ça commence avec ça. »

St-Louis a une expérience bien différente de celle des partisans du Tricolore. Il a été le coéquipier de Kreider pendant plus d’une saison avec les Rangers de New York – il avait d’ailleurs été la première étoile de ce tristement célèbre match de mai 2014. Mais la relation entre les deux hommes ne s’est pas arrêtée là.

Ils ont retravaillé ensemble juste avant que St-Louis n’obtienne le poste d’entraîneur des Canadiens, pendant la saison 2021-22. La même année, Kreider avait inscrit 52 buts en 81 matchs.

VGK@ANA: Terry aide Kreider à réduire le déficit

« Je l’avais contacté et il avait accepté de travailler avec moi de façon individuelle, a raconté le nouveau venu. Il a été super généreux. On a analysé des vidéos et on a travaillé sur la glace. Il n’avait pas à faire ça, il dirigeait déjà ses garçons à l’époque. C’est un bon mentor, et j’aime sa façon de voir le jeu.

« Sa présence rendait l’équipe encore plus attrayante pour moi. Même à l’époque des Rangers, il était presque un joueur-entraîneur. Il a toujours eu cette intensité et cette ténacité. Je ne crois pas avoir plus appris de quelqu’un qu’avec lui quand je jouais sur son trio. On savait qu’il serait un bon entraîneur. »

Ce sera d’ailleurs la première fois que St-Louis dirigera un de ses anciens coéquipiers : « Je suis content que ça arrive avec Chris », a-t-il souligné.

D’autres liens

Dès que son contrat a été résilié par les Ducks d’Anaheim et qu’il est devenu joueur autonome sans compensation, tous les signes pointaient vers une éventuelle association avec le Tricolore.

L’état-major a été « très agressif » dans le dossier, et les liens entre les deux clans étaient forts et nombreux en raison de leur passé new-yorkais. Jeff Gorton a été le directeur général des Rangers pendant six saisons, et Kreider entretient une étroite relation avec Jim Ramsay, maintenant thérapeute des Canadiens.

« On ne s’attendait pas à ce qu’il soit disponible », a dit Gorton, le vice-président des opérations hockey. « Quand il l’est devenu, on voyait qu’il cadrait bien dans notre équipe pour plusieurs raisons. Il a le gabarit, la vitesse et l’expérience. Sa feuille de route en séries est aussi très bonne.

« On ne voyait aucun aspect négatif quand on pensait à l’idée. Quand on lui a parlé, qu’il nous a dit qu’il voulait venir à Montréal et qu’il aimait notre groupe, nous étions tous emballés. »

Quant au rôle qu’il jouera au sein de cette équipe qui a atteint le carré d’as au printemps dernier, Kreider a dit qu’il avait eu des discussions avec St-Louis, mais il ne s’est pas avancé davantage.

« Je vais jouer le rôle qu’ils veulent que je joue, a-t-il assuré. L’avantage numérique est assez incroyable ici, donc peut-être que ça signifie du temps en désavantage numérique. Je l’ignore. Peu importe, je vais travailler aussi fort que possible et faire tout ce que je peux pour aider cette équipe à gagner des matchs. »