Pour des raisons des plus évidentes, le nom Richard sera toujours spécial dans l'organisation des Canadiens de Montréal. Ce le sera encore plus toute l'année pour Anthony Richard qui s'est entendu cet été sur les termes d'un contrat d'une saison à deux volets avec l'organisation, une entente qui le destinait à débuter la saison avec le Rocket de Laval.
Marcotte : Anthony Richard était destiné à jouer pour le Rocket
À Laval, l'attaquant espère bien représenter la légende qui porte le même nom que lui

par
Anthony Marcotte
Chroniqueur LNH.com
Un Richard avec le Rocket; on pouvait difficilement trouver meilleur complément!
Le principal intéressé ne s'ajoute pas de pression supplémentaire sur les épaules pour honorer d'une certaine façon le nom mythique du « vrai » Rocket dans le dos. Anthony Richard veut bien faire, oui, mais surtout représenter dignement une légende.
« Si je peux bien faire, ça va juste apporter de la magie qui entoure ça (un Richard avec le Rocket), dit-il. On a déjà le numéro 9 brodé sur notre chandail en permanence, mais ça demeure très spécial de porter le même nom qu'une légende. Si mes performances sont au rendez-vous et que ça peut rester collé à moi, ça me ferait vraiment plaisir. »
À LIRE : Danick Martel a trouvé le bonheur dans la Ligue américaine | Tête-à-tête avec… Marie-Philip Poulin
Dans les rangs juniors, le natif de Trois-Rivières avait l'habitude de porter le 9, une chose qui n'est évidemment pas possible dans toute l'organisation des Canadiens, incluant son club-école. Même le 90 qu'il porte depuis ses débuts dans les rangs professionnels était hors de portée au moment d'apposer sa signature au bas de son contrat.
« Sous Marc Bergevin, il y avait un règlement qui empêchait les joueurs de prendre un numéro au-dessus de 50, a raconté Richard. Quand j'ai signé ici, le responsable de l'équipement Simon Payette m'a demandé de choisir un numéro et c'est là que j'ai su que je ne pourrais pas prendre le 90. Je suis content que Jeff Gorton et Kent Hughes aient accepté de changer la règle. Je considère que de laisser les joueurs choisir leur numéro peut aider à leur confiance. Je trouve que de pouvoir garder mon 90 est une belle continuité dans ma carrière professionnelle. »
Richard aurait souhaité voir son aventure se poursuivre dans l'organisation du Lightning de Tampa Bay. Il n'aura finalement passé que quelques mois au sein de l'équipe, tous dans le club-école à Syracuse mis à part un rappel sur l'escouade de réserve du Lightning lors du parcours du club jusqu'en finale de la coupe Stanley.
« J'étais déçu un peu que ça se termine avec le Lightning, d'autant plus que ç'a passé proche que je joue un match en finale, révèle-t-il. Mais un moment donné, c'est la business et on n'a pas été en mesure de s'entendre sur quelques chiffres même si l'intérêt était mutuel à ce que je revienne. »
Il faut s'armer de patience quand on veut grimper les échelons d'une équipe ayant établi les bases du succès d'une dynastie au cours de la dernière décennie.
« Dans leur cas, ils misent sur une équipe de vétérans qui reviennent chaque année à laquelle ils greffent quelques joueurs tous les ans, constate-t-il. Ça fonctionne bien pour eux, mais c'est difficile pour les joueurs dans la Ligue américaine d'aspirer à monter. On le voit bien avec Alex Barré-Boulet (N.B. présentement le meilleur marqueur de la LAH). Ça fait des années qu'il domine la ligue, mais il n'a pas encore sa chance. »
De ses intentions de retourner à Tampa Bay à celui de Plan B de retomber sur ses pattes à Montréal, disons que la transition s'est faite en un court laps de temps. Richard a été rapidement convaincu par l'opportunité qui se présentait à lui, d'autant plus que ça lui permettait de se rapprocher de la famille. Il avait toujours frais en sa mémoire l'excellente série qui s'était rendue à la limite de cinq matchs entre Syracuse et Laval le printemps dernier, une série où il a été le meilleur marqueur de son équipe avec six points.
« J'ai laissé tout ça dans les mains de mon agent, mais quand j'ai su que ça ne fonctionnerait pas avec Tampa, je souhaitais me retrouver ici, confie-t-il. Je voulais trouver un endroit où je serais à l'aise avec le style de jeu. J'apprécie ce que (l'entraîneur-chef) Jean-François (Houle) apporte et je pense qu'il aime bien mon style aussi. C'était un fit naturel avec Montréal. »
Malgré un départ collectif plutôt difficile chez le Rocket avec seulement deux victoires en huit sorties, Richard a été en mesure de marquer lors des trois derniers matchs de son équipe et trône au sommet des pointeurs de l'équipe avec six points. Pour l'instant, ce n'est pas le temps de paniquer, car il y a des aspects intéressants sur lesquels bâtir.
« On peut prendre exemple sur le match de [vendredi], a-t-il souligné à propos de la victoire de 8-1 contre Rochester. Il faut afficher davantage de confiance dans notre jeu. C'est impossible d'être à 100% à tous les matchs, mais il faut qu'on soit meilleurs à domicile et que ça devienne une forteresse ici. Il faut vraiment que ce soit difficile pour nos adversaires de nous battre à la maison. »
Le Trifluvien aura laissé une impression favorable lors du dernier camp des Canadiens. Avec autant de joueurs sous contrat et pratiquement assurés d'un poste, les perspectives d'amorcer la saison à Montréal étaient, disons-le, très faibles. Richard espère qu'un bon départ à Laval comme l'avait fait son bon ami Laurent Dauphin la saison dernière lui permettra de jouer des matchs dans le grand club cette saison et peut-être même d'y terminer l'année.
« Quand tu prends de l'âge, tu comprends un peu mieux comment un camp va évoluer et qui obtiendra de réelles chances de faire l'équipe, considère Richard. Pour un gars comme moi (avec un contrat à deux volets), l'objectif est de faire bonne impression pour que ton nom revienne dans les pourparlers s'il y a un blessé. Si tu connais un bon camp, bien souvent il y a un bon début de saison qui vient avec. »

















