Notre chroniqueur Anthony Marcotte nous parle de l'actualité chez le Rocket de Laval, ainsi que dans l'ensemble de la Ligue américaine de hockey (LAH). Il permettra aux partisans de suivre assidûment ce qui se passe dans l'antichambre de la meilleure ligue de hockey au monde.
Le Rocket de Laval commençait à pomper l'huile en troisième période à Hershey, dimanche dernier, dans les derniers moments d'une séquence de huit parties en 17 jours. Le pointage était de 2-2, mais les Bears continuaient d'attaquer de partout le filet de Cayden Primeau. Comme si ce n'était pas suffisant, l'équipe a écopé de trois pénalités de suite, ce qui a eu pour effet de multiplier les chances de qualité autour du filet.
Marcotte : Le mur nommé Cayden Primeau
Notre chroniqueur explique à quel point le gardien du Rocket est dominant depuis quelques semaines

par
Anthony Marcotte
Chroniqueur LNH.com
Rafaël Harvey-Pinard a cependant sauvé son équipe en marquant à deux reprises, dont une fois sur un tir de pénalité, pour permettre au club-école des Canadiens de Montréal d'aller chercher une précieuse victoire de 4-2 à l'étranger. Primeau n'a été rien de moins que spectaculaire avec 16 arrêts au cours de la troisième période seulement.
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« Le grand avec les grosses pads s'est encore levé! », s'est exclamé Alex Belzile à la sortie de la patinoire.
Et pour cause. Le gardien américain est particulièrement fumant au cours des dernières semaines. Utilisé dimanche dans un sixième match de suite, une première pour lui dans les rangs professionnels, Primeau semble carburer à ces présences répétées dans la mêlée comme en fait foi son pourcentage d'arrêts de ,924 depuis deux semaines. Son utilisation accrue fait de lui le deuxième gardien le plus sollicité de la Ligue américaine malgré un total de sept jours passés dans la LNH.
« C'est bien de pouvoir jouer davantage, mais l'approche envers les matchs ne change pas », a dit le timide gardien de but après sa performance de 38 arrêts dimanche. « Il faut réussir à bien se préparer, peu importe la fréquence à laquelle je suis utilisé. Je suis content d'avoir réussi à profiter de cette occasion. »
Le calendrier du Rocket a donné la chance à l'entraîneur-chef Jean-François Houle d'utiliser son gardien numéro un plus souvent. Lors de ses six derniers départs, Primeau a toujours bénéficié d'au moins une journée de repos complet avant le match suivant.
« C'est comme ça que ça marche dans la LNH; les équipes jouent tous les deux jours, a laissé entendre Houle. Si Cayden veut devenir un gardien de la LNH un jour, il doit réussir à revenir devant le filet match après match et faire fi de la fatigue. C'est ce qu'il fait présentement et il nous donne du gros hockey. »
Cette cadence soutenue tranche toutefois avec ce qu'on a toujours fait dans le cas de Primeau depuis ses débuts dans les rangs professionnels. Nul doute que l'équipe cherchait à le protéger mentalement et physiquement, surtout lors de sa saison recrue en 2019-2020. Joël Bouchard avait dû expliquer à maintes reprises les raisons pour lesquelles il n'utilisait pas Primeau davantage, malgré ses succès qui lui ont permis de décrocher une place sur l'équipe d'étoiles des recrues du circuit. À sa première année dans la Ligue américaine, il avait dû attendre en janvier avant de jouer deux matchs de suite, et jusqu'à tout récemment, jamais n'avait-il joué plus que trois parties consécutives devant le filet.
Le jeune homme de 22 ans n'a que 73 parties disputées au niveau professionnel depuis son saut précoce des rangs universitaires américains. L'ancien entraîneur des gardiens des Canadiens Stéphane Waite avait déjà laissé entendre sur les ondes du réseau radiophonique Cogeco « qu'il serait souhaitable que Primeau dispute au moins 200 parties dans la Ligue américaine ». On est toujours loin du compte, mais il faut se rappeler qu'il n'a pas eu l'occasion de jouer de match entre le mois de mars 2020 et février 2021, une fenêtre de 11 mois.
La patience est donc toujours de mise. Toutefois, Primeau est sans l'ombre d'un doute le numéro un incontesté du club-école en ce moment, ce qui n'a pas toujours été le cas par le passé. La présence de Charlie Lindgren dans l'organisation a privé Primeau d'un temps de jeu majoré lors des deux dernières années. Pour l'instant, il semble que tous les autres gardiens devront s'armer de patience pour obtenir du temps de glace à Laval, car le filet appartient désormais à Primeau le plus souvent possible.
En rafale
• Le Rocket a réussi à prendre la mesure du Moose du Manitoba et des Bears de Hershey la semaine dernière, tout en s'inclinant face à l'excellente formation des Americans de Rochester, vendredi. Laval traverse une séquence heureuse avec une récolte de neuf points sur une possibilité de 12 à ses six derniers matchs.
• Tobie Paquette-Bisson est devenu un pilier en défensive chez le Rocket. Il travaille de près avec Francis Bouillon, qu'il considère comme un mentor. Gianni Fairbrother en est un autre qui bénéficie des judicieux conseils de l'ancien défenseur québécois qui agit à titre d'entraîneur au développement des joueurs des Canadiens.
• Brandon Gignac est en feu chez le Rocket. Le natif de Repentigny revendique six points à ses cinq derniers matchs et il forme une excellente combinaison au centre de Danick Martel et de Kevin Roy. Ce rapide trio donne des maux de tête aux défensives adverses. Gignac, un marchand de vitesse, cherche à relancer sa carrière avec un contrat de la LAH avec le Rocket après quatre ans dans l'organisation des Devils du New Jersey.
• Zach Fucale n'a toujours pas réussi à battre le Rocket en carrière depuis son départ de Laval au terme de la saison inaugurale de l'équipe en 2017-2018. Il était d'office dimanche dans le chandail des Bears et a dû concéder la défaite. Fucale avait aussi baissé pavillon le 4 janvier 2020 avec le Crunch de Syracuse.
• Le Rocket n'a plus que deux matchs à jouer avant la traditionnelle pause du temps des Fêtes qui durera 11 jours cette année, au grand plaisir de toute l'équipe. Les Bruins de Providence seront de passage vendredi à la Place Bell pour leur seule visite de la saison. L'équipe prendra tout de suite après le match le chemin de Syracuse où la bande de Benoit Groulx l'attendra de pied ferme, samedi soir.

















