FLEURY BADGE CHAUMONT

MONTRÉAL – Il n’y a aucun scénario qui le fera changer d’idée. Même s’il ne donne aucun but et qu’il bloque 15 tirs en une seule période contre les Blue Jackets de Columbus le 27 septembre prochain, Marc-André Fleury ne fera pas un retour au jeu.

« Je reste à la retraite », a-t-il confirmé en entrevue à LNH.com de son domicile au Minnesota.

À 40 ans, le numéro 29 sortira son masque et ses jambières pour un court retour avec les Penguins de Pittsburgh.

« Je jouerai une période contre les Blue Jackets et je participerai à deux entraînements avec les Penguins, a-t-il précisé. À mon âge, c’est bien assez. »

Les Penguins ont confirmé vendredi qu’ils lui ont offert un essai professionnel. Fleury aura donc la chance de faire un retour dans le passé. Mais il rejette le concept voulant qu’il se retire comme un membre des Penguins, l’équipe avec laquelle il a gagné trois fois la Coupe Stanley (2009, 2016, 2017) et qui avait fait de lui le premier de classe au repêchage de 2003.

« Je n’aime pas dire que je voulais me retirer comme un membre des Penguins de Pittsburgh, a-t-il répliqué. Je ne souhaite pas manquer de respect au Wild du Minnesota. J’ai joué mon dernier match avec eux. J’ai signé mon dernier contrat avec le Wild. Ils ont fait plusieurs choses pour moi.

« Je voulais retourner où tout a commencé pour moi. Je vois ça comme un clin d’œil. Je porterai le chandail des Penguins pour une dernière fois et je reverrai de vieux coéquipiers et amis. C’est une façon de boucler la boucle. »

Pour ce match préparatoire contre les Blue Jackets, vous pouvez déjà parier sur les présences de Sidney Crosby, Evgeni Malkin et Kristopher Letang dans le camp des Penguins.

L’initiative de Kyle Dubas

Même s’il n’était pas le directeur général des Penguins lors du passage de 13 saisons de Fleury à Pittsburgh, Kyle Dubas est le maître d’œuvre de cette soirée du 27 septembre.

« L’idée vient de Kyle Dubas, a précisé Fleury. Il m’a parlé à mon retour à la maison après le Championnat du monde avec Sid et l’équipe canadienne. Je ne m’attendais pas à une telle proposition. À la fin de la saison, j’avais mal un peu partout. J’avais besoin de temps pour y réfléchir. J’ai un orgueil. Je veux quand même connaître un bon match.

« Je lui avais demandé de me laisser l’été pour y penser, a-t-il continué. J’hésitais un peu. Je lui ai reparlé il y a une semaine et j’ai dit oui. Je ne me suis pas trop entraîné cet été. Je n’ai pas pratiqué une seule fois. Je ne veux pas passer pour un sans-dessein. Mais ça reste une occasion de retourner jouer avec les gars et d’avoir du fun. »

Avant de partir pour Pittsburgh, le gardien originaire de Sorel a l’intention de dépoussiérer ses jambières.

« Je patinerai d’ici le 27 septembre. Je ne me suis pas entraîné, mais je n’ai pas une bedaine, a-t-il lancé en riant. Je reste quand même en forme ! Je redoute plus le synchronisme et la vitesse d’un match après une période d’inactivité. »

Fleury ne fera pas le voyage seul entre le Minnesota et Pittsburgh. Sa femme Véronique et ses trois enfants l’accompagneront. Sa mère (France) et sa sœur (Marylène) partiront aussi de Montréal pour le retrouver dans la ville de l’acier.

« Les Penguins ont fait ça avec classe, ils ont invité tout le monde pour moi, a-t-il mentionné. Je suis vraiment touché par ce geste. »

Pour ce retour le temps d’une seule période, Fleury n’a pas caché qu’il s’attend à vivre de belles émotions.

« Oui, je risque de devenir émotif. Je m’attends à l’être juste en retournant dans le vestiaire et en revoyant mon casier. J’aurai la même routine qu’à mon époque avec les Penguins. Je voudrai aussi bien jouer. Je ne veux pas passer pour un sans-dessein. Mais en même temps, les partisans savent que je suis maintenant à la retraite. »

Dans cette conversation téléphonique, Fleury a répété à quatre reprises l’expression sans-dessein en moins de dix minutes.

Après 21 saisons dans la LNH avec les Penguins, les Golden Knights de Vegas, les Blackhawks de Chicago et le Wild, Fleury vient au deuxième rang dans l’histoire du circuit pour les victoires (575), les matchs joués (1051) et les minutes sur la patinoire (60 669:03). Il trône également au sommet des gardiens chez les Penguins pour les matchs joués (691), les victoires (375) et les jeux blancs (44).

Avec un tel palmarès, le jeune retraité devrait survivre à une sortie de 20 minutes contre les Blue Jackets pour une rencontre préparatoire.