Le jour de Noël en 1941, Bowman était le premier – et le seul – enfant du quartier Verdun à porter un chandail des Bruins, avec la laine épaisse ornée du numéro 10 porté par le centre Cowley, gagnant de la Coupe Stanley et du trophée Hart à titre de joueur le plus utile à son équipe la saison précédente.
Jane Bowman travaillait au grand magasin Eaton et elle avait commandé le chandail par correspondance à partir du catalogue. Elle savait que son fils de 8 ans adorait les Bruins, puisque le jeune homme écoutait leurs matchs sur le signal nocturne de la radio de Boston.
Alors il allait de soi qu’elle commande un chandail de Cowley pour Scotty, et non pas le chandail bleu-blanc-rouge des Canadiens, qui était le seul choix de chaque enfant du quartier.
Des décennies plus tard, à Ottawa, Bowman a rencontré Cowley par l’entremise de ses fonctions dans le monde du hockey et il lui a dit à quel point il avait eu un impact sur le jeune partisan qu’il était.
Les souvenirs de Cowley, des joueurs de sa jeunesse et de tellement de légendes qu’il a dirigées pendant son illustre carrière refont surface dans la mémoire de Bowman maintenant qu’il atteint le remarquable plateau des 90 ans.
Il y a aussi les souvenirs d’Hébert, un homme discret qui vivait à l’étage au-dessus de la famille Bowman dans les années 1940.
Dépisteur principal des Rangers de New York pour le Québec, Hébert a été embauché en 1948 en tant que directeur de l’Auditorium de Verdun alors qu’il était entraîneur des Cyclones au niveau junior dans cet amphithéâtre. Il est celui qui allait recommander Gump Worsley, un de ses gardiens prometteurs, aux Rangers, ouvrant le chemin au futur membre du Temple de la renommée vers sa première équipe de la LNH en 1952.
En 2021, la patinoire principale de l’historique Auditorium a été nommée en l’honneur de Bowman, dont le père, John, avait contribué à la construction vers la fin des années 1930.