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MANALAPAN, Fla. - Lorsque David Poile lui a téléphoné pour lui dire qu'il prenait sa retraite comme directeur général des Predators de Nashville, le commissaire de la LNH Gary Bettman lui a tiré la pince.

« Je lui ai dit : 'Oh non! Les réunions des directeurs généraux vont être trois fois moins longues!' », a raconté Bettman, lundi. « Nous avons beaucoup ri. »
Chaque année, les DG se réunissent pendant trois jours afin de discuter de divers sujets liés au sport et aux changements potentiels qui pourraient se mettre en branle.
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Au fil des années, Poile a suggéré « énormément de choses », pour reprendre ses propres mots.
Certaines de ses idées se sont retrouvées dans les discussions, d'autres non. Bettman a expliqué que chaque fois qu'il y avait eu des changements, Poile avait été impliqué.
L'homme de hockey de 73 ans fait sa dernière apparition à la réunion des DG cette semaine. Sa contribution à cet événement traditionnel fera partie de son important héritage une fois qu'il sera à la retraite, lui qui deviendra conseiller spécial au nouveau directeur général Barry Trotz à partir du 30 juin.
« Il est bien informé, il est attentionné, il est passionné, il est engagé et il accorde toujours la priorité à la santé et au bien-être du jeu, a déclaré Bettman. Il n'y a pas de directeur général plus respecté, dont les opinions sont écoutées et prises en compte par tout le monde. Son palmarès parle de lui-même, et sa longévité et son succès sont sans précédent. »
Poile est le fils de Bud Poile, le premier DG de l'histoire des Flyers de Philadelphie et des Canucks de Vancouver. Avant de devenir le premier DG des Predators de Nashville en 1998, Poile a amorcé sa carrière à ce poste avec les Capitals de Washington, de 1982 à 1997.
Il détient les records de la LNH pour le nombre de matchs (3057) et pour les victoires (1524), et il a mené les Predators à la finale de la Coupe Stanley en 2017, en plus d'être nommé DG de l'année.
« J'adore le hockey, et j'adore énormément la réunion des directeurs généraux, a expliqué Poile. Ce sport est important pour moi. Ça vient de mon père, qui est au Temple de la renommée à titre de bâtisseur. Il m'a toujours dit de laisser les choses en meilleur état que lors de mon arrivée. J'espère y être parvenu au fil de ma carrière. »

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Poile a révélé que plusieurs, dont Bettman, l'ont souvent taquiné à propos de certaines de ses idées, mais que ça ne l'a jamais découragé.
« C'est comme si je lançais du spaghetti sur le mur pour voir ce qui colle afin que nos réunions soient dynamiques et que nous sommes ici pour travailler, a-t-il expliqué. Ce ne sont pas toutes de bonnes idées, mais en suggérant des choses, en obtenant l'opinion de personnes différentes, tu peux t'assurer que tu travailles dans le bon sens pour le sport. »
Poile a été un mentor pour ses collègues, du plus vieux au plus jeune.
Le DG des Oilers d'Edmonton Ken Holland a souligné que Poile « avait été un modèle pour lui ». Puis il s'est mis à rire en rappelant que même s'ils n'ont que six ans de différence, Poile était DG depuis déjà 15 ans lorsque Holland s'est retrouvé à ce poste en 1997 avec les Red Wings de Detroit.
« Il a eu un impact majeur pour notre Ligue, pour nos réunions des DG et pour notre agenda, a affirmé Holland. À mon avis, le bien-être de la Ligue a toujours été sa priorité. Il ne cherche pas à obtenir ce qui favorisera son équipe. »
Mike Grier, qui en est à sa première saison comme DG, avec les Sharks de San Jose, a raconté que Poile lui avait donné un coup de main dans la dernière année.
« Que ce soit une discussion informelle ou que nous soyons en train de parler de joueurs, il m'a toujours offert ses conseils - comment faire mon travail, comment avoir une bonne relation avec le propriétaire, des choses comme ça, a expliqué Grier. J'apprécie vraiment le temps qu'il m'a offert et je pense qu'il a agi de la même façon avec plusieurs personnes. »
Le DG des Blues de St. Louis Doug Armstrong était lui aussi d'avis que les réunions des DG ne seront plus les mêmes sans Poile.
« Peu importe qui a mis le pied dans cette salle, Poile y était toujours, a imagé Armstrong. Il a connu une si grande carrière. Il en a fait tellement pour le hockey. Améliorer notre sport est sa priorité chaque année. Ce sera à la prochaine génération d'apprendre de ce qu'il a fait et d'aller encore plus loin. Nous allons nous ennuyer de lui, pas seulement à la réunion des DG, mais pour son rôle de guide pour tous les DG. »
Que fera Poile à ce temps-ci l'année prochaine? Il a pris un moment avant de répondre.
« Je ne sais pas, a-t-il dit. Tout le monde me demande comment je me sens. Je ne le sais pas parce que je suis tellement occupé. »
Peut-être que cette fois, il ira dans un hôtel pour des vacances, et non pas pour parler de hockey.
« Je vais agir comme conseiller, a-t-il indiqué. Je ne sais pas exactement ce que ça veut dire, et ce que ça représente comme travail. Mais je vais penser un peu à moi aussi. Si je suis pour être un conseiller, je veux quand même avoir la liberté de faire toutes ces choses avec ma famille, en particulier mon épouse, dont nous avons parlé depuis plusieurs années.
« Tout ce qu'on m'a dit, c'est qu'il ne faut pas juger sa retraite selon les six premiers mois. On verra bien comment ça va se passer. »