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LAS VEGAS - Les joueurs des Golden Knights de Vegas auraient difficilement pu mieux choisir le slogan qui les guide à travers les hauts et les bas depuis le début des séries éliminatoires.

« It Hurts To Win » - Gagner fait mal.

C'est ce qu'on peut lire au dos de leurs survêtements d'entraînement et un peu partout dans les corridors du T-Mobile Arena. Ç'a notamment été un sujet de discussion lorsqu'on a vanté leur dévouement à bloquer des tirs devant Adin Hill. Ça prend un tout autre sens en finale face aux Panthers de la Floride.

Face à un adversaire hargneux, robuste, dérangeant et amateur de « cochonneries », la notion de douleur physique devient soudainement très importante. Celle d'être en mesure d'accepter ces agressions répétitives sans donner la réplique l'est encore plus.

Et les Knights l'ont très bien fait pour porter les premiers véritables coups de cette finale : deux victoires en autant de matchs - la dernière fort convaincante au compte de 7-2, lundi.

« Ils ont joué de cette manière pendant les autres séries aussi, a fait remarquer l'attaquant Nicolas Roy. Ils faisaient la même chose après les sifflets contre les autres équipes, et on sait qu'ils vont continuer à le faire parce que c'est leur manière de jouer.

« Je ne vous mentirai pas; ça nous tente parfois un peu de brasser nous aussi, mais en fin de compte, notre objectif est plus gros que notre égo. Si on doit accepter des doubles-échecs, des coups de bâtons, ou peu importe, on va le faire. On est prêts à ça. »

Jonathan Marchessault en a donné un exemple très probant.

À un certain moment de la troisième période, Matthew Tkachuk a choisi d'asséner un double-échec à Brayden McNabb - un gaillard de 6 pieds 4 pouces et 215 livres, qui n'est pas du genre à s'en laisser imposer. Surtout pas par une petite peste, qui cherche à faire la loi en mâchant son protecteur buccal.

Au lieu de répliquer et de saisir l'occasion parfaite pour venger la dure mise en échec que Tkachuk avait donnée à Jack Eichel en plein centre de la glace en deuxième, McNabb a tourné les patins et s'est dirigé vers le banc des siens pour procéder à un changement.

« C'est le genre de choses qu'ils cherchent à provoquer, a précisé le Québécois. On a vu qu'ils étaient parvenus à sortir les autres équipes grâce à leur jeu physique. On savait à quoi s'attendre. On a notre plan de match et il ne changera pas, qu'importe comment les autres veulent jouer. C'est ce qui fait notre succès. »

Pendant que les Knights restent généralement disciplinés et qu'ils regardent leurs adversaires fanfaronner entre les coups de sifflet et pendant le jeu, les joueurs des Panthers, eux, passent leur temps au cachot ou bien dans le vestiaire à purger leurs pénalités d'inconduite.

Après deux matchs, ils ont écopé de 25 punitions pour un grand total de 130 minutes. Les Knights ont marqué quatre buts en 11 occasions sur le jeu de puissance. De quoi crier « Shame! Shame! » aux Panthers comme le font les amateurs du T-Mobile Arena à chaque pénalité.

« Pour moi, être dur c'est d'accepter des mises en échec, de bloquer des tirs et de gagner les batailles, a conclu l'entraîneur Bruce Cassidy. Ce n'est pas de jeter les gants. C'est à propos de la dureté du mental. C'est facile de répliquer et d'obtenir une satisfaction immédiate. C'est bien plus difficile de se retenir.

« Nous avons un groupe mature, ils ont tout le mérite. S'il faut prendre une taloche de plus au visage pour gagner, les gars vont le faire. […] C'est correct de se faire frapper au mois de juin. »