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Connor McDavid ne croit pas avoir à donner de conseils à Connor Bedard, car le premier choix au total du dernier repêchage « sait ce qu’il fait. »

Mais l'attaquant des Oilers, lui-même premier choix au total en 2015, avait quelques mots pour ceux qui l’auront à l’œil cette saison.

« C’est une ligue très, très difficile. C’est une ligue d’hommes qui y jouent depuis longtemps, mais, à 18 ans, il est déjà un joueur spécial », a indiqué McDavid lors de la tournée médias des joueurs de la LNH au Nevada, le mois dernier.

« Ça lui prendra une certaine période d’adaptation, a-t-il toutefois ajouté. Je ne crois pas que cela durera très longtemps, mais c’est un rappel que cette ligue est très, très difficile et qu’il y a beaucoup de changements pour quelqu’un de son âge. À 18 ans, tu déménages dans une autre ville. Tu pars de la maison. Dans le junior, tu as une famille de pension qui te surveille. Dans la LNH, il n’y en a pas. Il faut considérer cela si ça ne se déroule pas comme prévu. »

Pour avoir vécu huit ans plus tôt ce que Bedard vivra, McDavid en sait quelque chose. L’attaquant est finalement devenu une grande vedette dans la LNH. Pour ce qui est de Bedard, l’histoire n’est pas encore écrite, mais déjà, les attentes sont très élevées.

« Peu importe où tu vas, les gens veulent t’y voir. Ils veulent te voir en action. Et ils t’analysent », a prévenu le capitaine des Penguins de Pittsburgh, Sidney Crosby.

Comme le destin fait bien les choses, Bedard affrontera ce même Crosby, son idole de jeunesse, pour son premier match dans la LNH à Pittsburgh, mardi (20h HE; ESPN, ESPN+, SN, TVAS).

« Je crois que ceux dans sa situation se sont rendus à un haut niveau car ils savent composer avec la pression, a ajouté le vétéran néo-écossais. Si tu es le premier choix au total d’un repêchage et que tu as une telle feuille de route, les attentes ne viennent pas d’un trait à partir de l’arrivée dans la LNH. Il a montré qu’il était capable de bien les gérer jusqu’à maintenant. »

En effet, les attentes envers Bedard ne datent pas d’hier. À 13 ans, le magazine The Hockey News qualifiait Bedard de « futur du hockey ». L’année suivante, il recevait une exemption de Hockey Canada afin d’évoluer dans la Ligue junior de l’Ouest (WHL) dès ses 15 ans.

« Il compose avec cet engouement depuis qu’il a 13 ans, a mentionné l’attaquant des Predators de Nashville Filip Forsberg. À quel point ce sera une différence marquée dans la LNH? Clairement, c’est la meilleure ligue au monde, donc il y aura une période d’adaptation. Mais avec un tel talent, il saura se débrouiller. »

Bedard a mené la WHL avec 71 buts, 143 points et 360 tirs au but en 57 matchs la saison dernière avec les Pats de Regina.

Dans la LNH, il devra notamment s’habiter à faire face à des rivaux souvent plus costauds que lui. À 5 pieds 10 pouces et 185 livres, Bedard n’est pas le plus physiquement imposant. Depuis son arrivée dans la grande ligue, l’attaquant vedette des Blue Jackets Johnny Gaudreau (5’9’’, 165 livres) s’en est bien sorti malgré un gabarit semblable.

« Je lui dirais de tenter de ne pas se faire mettre en échec trop durement, car il y a plusieurs gros bonshommes dans cette ligue qui peuvent te propulser. Il devra garder la tête haute, a-t-il indiqué. Mais il s’en sortira. Ç’a été le cas toute sa vie jusqu’à maintenant, en tant que plus petit joueur jouant face aux plus costauds. Il sait comment garder la tête haute, puis comment utiliser sa vitesse et ses habiletés à son avantage. Je crois qu’il aura une bonne saison et je ne lui souhaite que le meilleur. »

Les Blackhawks ont entouré Bedard de vétérans afin de faciliter sa transition vers la grande ligue. Ils ont notamment acquis les attaquants Taylor Hall et Nick Foligno des Bruins de Boston le 26 juin, puis Corey Perry du Lightning de Tampa Bay trois jours plus tard. Hall évoluera à l’aile gauche de Bedard pour amorcer la saison, tandis que Foligno, sur un autre trio, est souvent en contact avec la recrue.

« Tu dois être aidé par les vétérans de l’équipe. C’est ce que j’ai fait rapidement du moins », a expliqué le défenseur des Bruins de Boston Charlie McAvoy. Il aura Hallsy là-bas, il aura Foligno; deux gars que je connais bien et qui sont de très bonnes personnes. Ils sauront sans doute l’aider.

« Je crois que la chose la plus importante dans ce sport, que tu sois une recrue ou un vétéran, est la résilience. Si ça se passe bien cette année, tant mieux, c’est génial. Je lui souhaite évidemment le mieux. Mais comme équipe ou comme individu, si les choses ne se déroulent pas bien, ta résilience est toujours ce sur quoi tu vas te rabattre. C’est vrai pour ta première saison comme pour ta vingtième. Tu dois avoir suffisamment de confiance en toi pour te dire que si tu as un mauvais match ou que ça ne va pas bien, les choses vont finir par se replacer. »

Et personne n’est à l’abri des surprises. Surtout pas les recrues. John Tavares avait une idée de ce à quoi il devait s’attendre en arrivant dans la LNH en 2009, quelque mois après avoir été le premier joueur appelé du repêchage par les Islanders de New York. Finalement, quelques imprévus l’ont pris de court.

« De mon côté, les aléas de la saison m’ont frappé de plein fouet lors de mes premières années. J’ai également été surpris par les gardiens et à quel point ils étaient bons, a-t-il affirmé. Tout le monde parle du gabarit des joueurs que tu vas affronter et de la vitesse du jeu, mais moi, j’étais sidéré par le talent des gardiens. J’ai réalisé à quel point ils ont le souci du détail et à quel point ils sont talentueux. Ils semblaient tellement plus imposants que les gardiens dans les rangs juniors.

« Personne ne m’avait prévenu, et c’est quelque chose que j’ai immédiatement remarqué. J’ai réalisé qu’on était à un tout autre niveau. Connor va apprendre certaines choses que personne ne peut vraiment lui montrer, des choses qui seront intéressantes à ses yeux ou différentes de ce qu’il a expérimenté auparavant. »

Il y a une courbe d’apprentissage pour tous les joueurs, même les meilleurs, et une bonne attitude est souvent bénéfique afin de mieux cheminer à travers un tel processus. Auston Matthews, premier choix au total des Maple Leafs de Toronto au repêchage de 2016, a obtenu un conseil de Pat Maroon lors du dernier championnat mondial de l’IIHF, en mai.

« Il me disait qu’il n’y a jamais une mauvaise journée dans la LNH, a raconté Matthews. Et même à ton année recrue – et j’en suis à ma huitième année – il y aura toujours des hauts et des bas dans la saison, donc c’est facile de t’apitoyer sur ton sort ou de ne pas être à ton mieux sur le plan émotif. Ça peut parfois être difficile de reprendre le dessus, donc ça aide d’avoir une approche positive chaque jour, puis de te dire que chaque journée est une nouvelle occasion de sauter sur la glace et d’avoir du plaisir. Tu vis ton rêve et tu dois donc prendre les choses une journée à la fois, avoir du plaisir, puis travailler fort. »

Il est nécessaire que le plaisir ne soit pas uniquement sur la patinoire. Avec 82 matchs, beaucoup de voyagement, d’entraînement, de séances vidéo et d’obligations avec les médias, le quotidien d’un hockeyeur professionnel peut demander beaucoup d’investissement de soi. Hall, premier choix au total des Oilers en 2010, a appris que la vie ne pouvait pas seulement être centrée autour du hockey.

« C’est important pour lui de trouver quelque chose qui lui permettra de décrocher du hockey lorsqu’il va quitter l’aréna, a-t-il souligné. La saison est longue, et tu ne peux pas tout le temps penser au hockey, surtout quand tu atteins un stade avancé de ta carrière. Tu dois laisser le hockey à l’aréna. De cette façon, quand tu y reviens, tu as l’esprit détendu. »

Bedard porte le lourd mandat de mener à nouveau les Blackhawks vers les beaux jours, comme Patrick Kane et Jonathan Toews ont eu à le faire une quinzaine d’années plus tôt. Les deux anciens coéquipiers ont mené Chicago à trois conquêtes de la Coupe Stanley (2010, 2013, 2015) avec un noyau notamment composé des défenseurs Duncan Keith, Brent Seabrook et Niklas Hjalmarsson, puis des attaquants Patrick Sharp et Marian Hossa.

Les représentants de l’Illinois tenteront également de bien entourer Bedard, mais pour l’instant, il détonne du reste de la formation. Jack Eichel a vécu une situation similaire à son arrivée avec les Sabres de Buffalo en 2015, alors qu’il venait tout juste d’être repêché après Connor McDavid.

« Il faut être calme et essayer d’en profiter, a mentionné Eichel. Il a travaillé toute sa vie pour être dans cette situation et jouer dans la LNH. Pour l’avoir côtoyé, je sais à quel point il travaille fort. Il doit tenter de ne pas trop se mettre de pression sur les épaules.

« Je suis persuadé qu’il y aura des erreurs de parcours. Avec ce que j’ai vu de lui, on dirait bien qu’il va rapidement se sentir à l’aise. Mais oui, il s’agit d’une nouvelle expérience pour lui. Il doit s’assurer d’avoir du plaisir. Il joue dans la LNH. C’est la meilleure ligue au monde, et il mérite de profiter du moment. Je sais qu’il connaîtra beaucoup de succès et je lui souhaite le mieux. »

Bedard devra combler de grandes attentes dès cette saison. D’abord les siennes, puis celles des autres. Le défi est d’ampleur, mais la recrue a attendu toute sa vie afin de le relever.

« Ça demeure quelque chose qu’il devra apprendre et expérimenter, mais il est bien préparé pour ça, a dit Crosby. Et il a prouvé qu’il est un joueur exceptionnel. Je suis convaincu que les gens autour de lui – sa famille et ses amis – seront en mesure de l’aider. Et l’équipe également. D’après ce que j’ai vu, il a très bien composé avec cela jusqu’à maintenant. »

*Avec la collaboration du rédacteur en chef de NHL.com Bill Price, du chroniqueur NHL.com Nicholas J. Cotsonika, des journalistes NHL.com Amalie Benjamin, Derek van Diest et Mike Zeisberger ainsi que du correspondant indépendant NHL.com Dave McCarthy.

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