« Je suis très déçu. »
C’est ainsi que le président des opérations hockey des Blue Jackets de Columbus John Davidson a amorcé la conférence de presse faisant suite à ce qu’il a qualifié d’un des moments les plus difficiles qu’il a vécus depuis qu’il est dirigeant dans la LNH, lundi.
Dimanche, Mike Babcock a quitté ses fonctions d’entraîneur des Blue Jackets après que l’Association des joueurs de la LNH eut enquêté sur des allégations selon lesquelles il a tenu des réunions pour apprendre à connaître ses joueurs qui ont rendu certains d’entre eux « très mal à l’aise », selon Davidson.
Davidson a raconté avoir appris les découvertes de l’enquête vendredi lors d’un appel avec le commissaire de la LNH Gary Bettman. Dimanche, Babcock démissionnait, n’ayant jamais dirigé un seul match avec les Blue Jackets.
L’ancien entraîneur associé Pascal Vincent remplacera Babcock.
« Parfois, tu fais une erreur, a lancé Davidson. Nous avons fait une erreur. Je suis ici pour vous le dire. En tant que groupe, nous devons [à nos partisans] une explication et des excuses, mais nous sommes aussi très à l’aise d’aller de l’avance avec Pascal une fois que tout ça sera derrière nous. »
Ils doivent passer à autre chose immédiatement.
Le camp d’entraînement s’amorcera avec les examens médicaux et tests physiques mercredi. Les joueurs des Blue Jackets, comme les autres dans la LNH, seront sur la glace pour leur premier entraînement officiel jeudi. Il n’y a plus de temps pour parler de Babcock.
« Comme groupe, nous sommes juste impatients de commencer le camp et de bloquer le bruit extérieur », a affirmé le capitaine Boone Jenner. « Il y a eu beaucoup de bruit. »
La situation devait toutefois être abordée.
Davidson a fait face à la musique, faisant son mea culpa pour l’embauche de Babcock malgré le passé turbulent de l’entraîneur avec ses joueurs et en sachant que la situation pouvait se retourner contre les Blue Jackets.
Le directeur général Jarmo Kekalainen ne s’est pas défilé non plus, admettant que c’était une erreur d’engager Babcock et qu’il en assumait la pleine responsabilité.
Le groupe de propriétaires des Blue Jackets, mené par le propriétaire majoritaire et gouverneur John P. McConnell, a publié une déclaration affirmant qu’ils sont « profondément frustrés et déçus », mais que Davidson et Kekalainen ne sont pas en danger « en ce moment. »
Ces propos sont tous importants. Les partisans des Blue Jackets méritaient d’entendre la réaction des leaders de l’organisation. Ils méritaient de connaître l’opinion des propriétaires.
Ils ont ensuite entendu Vincent, qui a peut-être offert les mots les plus importants parce qu’il a regardé vers l’avant après que Davidson et Kekalainen eurent parlé. Et c’est exactement ce qui doit se produire pour les Blue Jackets.
« Nous avons fait face à de l’adversité et comme équipe, comme personne et comme entraîneur, que devons-nous faire? », a demandé Vincent en introduction de la conférence de presse. « Tu y fais face et tu passes à autre chose. C’est ce que nous allons faire. Je sais que nos joueurs ont travaillé extrêmement fort cet été. Je sais ce que nos entraîneurs ont accompli, et nous nous concentrons maintenant sur ce qui s’en vient. Que pouvons-nous faire aujourd’hui pour nous préparer pour demain? Nous serons prêts pour jeudi. Nous serons sur la glace jeudi et nous allons nous mettre en marche. C’est notre plan. Notre plan est d’être une équipe très compétitive, et nous allons travailler extrêmement fort. Mais également, nous voulons nous assurer que nos partisans soient fiers d’encourager les Blue Jackets de Columbus. »
Vincent a indiqué qu’il a brièvement parlé aux joueurs des Blue Jackets lundi matin, après que Kekalainen eut pris la parole. Sa conclusion de la réunion est qu’il n’y a « aucun doute » que les joueurs l’acceptent comme nouvel entraîneur.
« Ç’a été une semaine un peu folle pour nous, c’est le moins qu’on puisse dire, mais nous sommes prêts à passer à autre chose à partir de maintenant avec "Pazi" comme entraîneur, a martelé Jenner. Pour connaître "Pazi", il mérite amplement ça. Il est un entraîneur intelligent qui travaille fort et qui se soucie de tout le monde dans ce vestiaire. Je suis très emballé et je sais que les autres gars le sont aussi. »
L’attaquant Patrik Laine a ajouté : « Je n’ai pas été aussi fébrile depuis longtemps. »
S’il est sincère, c’est la première étape.
La deuxième, c’est pour Vincent de convaincre les joueurs d’acheter son plan et de leur faire comprendre qu’il est maintenant le patron après avoir été entraîneur associé lors des deux dernières saisons.
Après tout, Vincent n’a jamais été entraîneur-chef dans la LNH, bien qu’il l’a été pendant cinq saisons dans la Ligue américaine de hockey et 12 dans la LHJMQ. Brad Larsen, qui a dirigé l’équipe lors des deux dernières saisons, n’avait lui aussi jamais été chef d’orchestre dans la LNH avant d’accepter le poste à Columbus.
Les Blue Jackets ont raté les séries éliminatoires lors des deux saisons où Larsen était à la barre, terminant à l’avant-dernier rang de la LNH l’an dernier avec une récolte de 59 points, un de plus que les Ducks d’Anaheim.
« Ça fait 30 ans que je travaille pour devenir un entraîneur dans la Ligue nationale de hockey, a dit Vincent. Le processus a été long, mais une de mes qualités, c’est d’être un gars d’équipe pour qui les gens sont importants. »
Vincent a indiqué que Babcock et lui partagent la même vision de comment le hockey de vrai être joué, ce qui devrait aider, puisque la plupart des stratégies qui avaient été implantées durant la saison morte après que Babcock ait obtenu le poste le 1er juillet vont demeurer.
« La transition va se faire sans anicroche », a affirmé Vincent.
La troisième étape sera de tout mettre en place afin que les Blue Jackets deviennent une équipe compétitive.
Lorsque Larsen a été congédié le 15 avril, Kekalainen a affirmé qu’il s’agissait « d’un changement qui était absolument nécessaire de faire. »
Lorsque Babcock a été embauché le 1er juillet, Kekalainen a affirmé « qu’il s’agit de la bonne personne pour le poste. »
Ça s’est reviré contre lui. Mais à 24 jours du premier match de la saison, ce n’est plus ce qui compte.
Les Blue Jackets devront tourner la page sur le court règne de Babcock d’ici à ce qu’ils sautent sur la glace, jeudi.
« Les derniers jours ont été difficiles, croyez-moi, a admis Vincent. Que devons-nous faire? Nous devons nous concentrer sur l’avenir. Nous devons être certains d’être prêts. Les joueurs, je les connais, et ils méritent que leurs entraîneurs soient prêts pour le camp d’entraînement, et nous le serons. »
Avec la collaboration de Craig Merz, correspondant indépendant NHL.com



















