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Le hockey en chiffres : Que vaut un choix?

Bouchard : Le repêchage est une science inexacte, les données des 20 dernières années sont la preuve

par Olivier Bouchard / Chroniqueur LNH.com

C'est la question à plusieurs millions, celle qui se pose pour chaque équipe, chaque mois de juin. Doit-on, à l'image des Maple Leafs de Toronto cette saison, accumuler un maximum de choix pour garnir la banque d'espoirs? Ou doit-on plutôt les échanger pour acquérir des joueurs établis, une pratique à laquelle les Blackhawks de Chicago ont eu recours ces dernières saisons?

La question de l'information est au cœur de ce genre de décision. Le repêchage est un processus terriblement imprévisible parce que l'âge des joueurs concernés signifie que, s'ils sont relativement matures sur le plan physique, ils sont néanmoins appelés à changer énormément dans les années suivantes. Il est donc difficile de projeter ce qu'ils feront plus tard.

On a vu se développer au fil des saisons des modèles permettant d'estimer la production offensive qu'on est en droit d'attendre de tel ou tel joueur à partir de ce qu'il a produit à l'âge de 18 ans. Les Panthers de la Floride, par exemple, ont lourdement investi dans ce domaine lors des dernières années, notamment en embauchant des spécialistes de la question comme Josh Weissbock.

D'autres spécialistes produisent désormais des modèles publics d'estimation des performances des joueurs. Ainsi, Fluto Shinzawa présentait dernièrement les travaux de Michael Schuckers sur la question. Mais je n'ai pas l'intention de reproduire ici ces calculs. J'aimerais plutôt vous présenter quatre observations élémentaires qu'on peut déduire de l'étude des données disponibles sur le repêchage des 20 dernières années (toutes les données sont tirées de l'excellent site hockeydb.com).

Première observation : au-delà de la première ronde, peu de joueurs se rendent

Le graphique ci-dessous montre à quel point presque tous les joueurs repêchés en première ronde ont droit à au moins un match d'essai dans la LNH. C'est simple : le prestige relié à cette première tournée de choix fait qu'on cherche à donner toutes les chances à ces joueurs de réussir à se tailler un poste. La baisse brutale de matchs donnés aux joueurs cueillis en deuxième ronde nous montre qu'une fois passée cette première fournée, on ne laisse passer que les plus méritants.

Deuxième observation : peu importe le rang, ceux qui passent produisent

Si on ne regarde que les joueurs ayant obtenu au moins un match, un élément saisissant ressort immédiatement : on n'a pas de plateau quant aux points produits. En fait, seuls les premiers choix se démarquent durablement. Ensuite, ceux qui donnent des matchs sont ceux qui savent marquer, tout simplement. C'est dire qu'il y a des joueurs appelés à être de bons producteurs offensifs tout au long du repêchage.

J'en reviens à la question de l'information disponible. Les premiers choix sont des joueurs archi-suivis, aux moindres gestes décortiqués, qu'on a observé sur toutes les scènes, dans toutes les situations. Les autres? On se fait souvent une idée sur une douzaine de matchs, tout au plus. Ils sont donc nombreux, les joueurs de talent à passer entre les mailles du filet de la première ronde. C'est pourquoi on voit souvent des équipes échanger un choix contre deux autres plus reculés : une équipe veut un joueur, certes, mais surtout, l'autre a confiance dans ses cartes cachées. Ça peut sembler un peu abstrait, mais comme le graphique ci-dessus nous le rappelle, lorsqu'on tire un bon numéro dans les rondes lointaines, on n'hérite pas nécessairement d'un plombier!

Troisième observation : les défenseurs partent tôt

Il est plus difficile d'évaluer les défenseurs, parce que peu de statistiques suivent leur progression. Mais on voit bien que les défenseurs qui donnent des matchs sont, essentiellement, repêchés dans les trois premières rondes. Après, on est dans la perle rarissime.

Quatrième observation : personne ne comprend rien aux gardiens

Les gardiens repêchés ne donnent pour ainsi dire jamais les résultats escomptés. D'illustres inconnus émergent de nulle part, des joueurs universitaires deviennent soudainement excellents, allez savoir. La pente constatée dans les graphiques portant sur les autres positions est ici pratiquement absente. 

Les gardiens sont manifestement le grand trou noir des 20 dernières saisons. Quelle est la clé de l'énigme des cerbères? De meilleurs dépisteurs, plus spécialisés? De meilleurs entraîneurs, plus aptes à tailler ces diamants bruts? Chose certaine, je ne vois pas comment on peut justifier de bruler un choix des trois premières rondes sur un gardien de buts. Les attaquants productifs et, surtout, les défenseurs sont trop essentiels et difficiles à obtenir.

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