Auston Matthews for contract column

TORONTO -Quand Brad Treliving a été présenté à titre de 18e directeur général dans l'histoire des Maple Leafs de Toronto, le 31 mai, l'homme de 53 ans a clairement indiqué que conclure une entente à long terme avec Auston Matthews se trouvait au sommet de sa liste de priorités.

« Nous parlons ici d'un des meilleurs joueurs au monde. S'assurer les services d'Auston est une priorité », a-t-il déclaré durant sa première conférence de presse officielle, tenue au Scotiabank Arena.

Quatre-vingt-quatre jours plus tard, il a tenu sa promesse.

Mercredi, les Maple Leafs ont annoncé que l'attaquant vedette du club avait accepté une prolongation de contrat de quatre ans d'une valeur de 53 millions $, un pacte qui entrera en vigueur l'été prochain et qui lui permettra d'évoluer dans l'uniforme de la formation torontoise jusqu'en 2028.

S'agit-il d'un geste surprenant? Absolument pas. Malgré les craintes que les fervents partisans de l'équipe avaient de voir l'athlète qui a grandi à Scottsdale, en Arizona, se chercher un nouveau domicile quelque part dans la Sun Belt une fois son entente échue à l'issue de la saison 2023-24, l'Américain de 25 ans avait clairement fait connaître ses intentions quand les joueurs des Maple Leafs ont vidé leurs casiers du vestiaire, il y a trois mois.

« J'aime vraiment jouer ici… c'est réellement un honneur, avait-il alors affirmé. J'ai l'intention de rester ici. Je pense avoir montré de mon côté à quel point j'aime jouer ici et ce que ça signifie pour moi. L'organisation, mes coéquipiers et vous tous savez aussi à quel point j'aime être ici. »

Après les babines, les bottines de Matthews ont suivi mercredi. En fait, il avait peine à contenir son enthousiasme, lui qui a publié un micromessage exprimant à quel point il était emballé plusieurs minutes avant que NHL.com reçoive le courriel officiel des Maple Leafs dévoilant l'entente.

Il était évident qu'il ne pouvait plus attendre de faire parvenir un message aux partisans en devançant ainsi l'annonce des Maple Leafs.

« Je me trouve chanceux de pouvoir poursuivre ma route en tant que joueur des Maple Leafs et de jouer devant les meilleurs partisans du hockey! Je vais tout faire pour nous aider à atteindre le sommet de la montagne. GLG! #LeafsForever », a gazouillé Matthews sur son compte @AM34.

Il fait peu de doute que Matthews a vécu un choc culturel quand les Maple Leafs l'ont réclamé au premier rang du repêchage 2016 de la LNH. La vie de hockeyeur à Toronto, où les athlètes ont constamment les feux de la rampe tournés vers eux, était quelque chose qu'il n'avait jamais connu à l'époque où il avait joué son hockey mineur en Arizona ni durant son séjour d'un an avec les ZSC Lions de la Ligue nationale suisse en 2015-16.

Mais avec le temps, il a commencé à apprécier à quel point la ville et les supporteurs de l'équipe adorent le hockey. Maintenant, au lieu de chercher à éviter ce genre de notoriété, il a appris à la savourer. C'est là une évolution que le capitaine des Maple Leafs John Tavares a bien observée.

« Le niveau de maturité qu'il affiche et la façon dont il a évolué depuis qu'il est ici, c'est très impressionnant », a souligné Tavares, mercredi, ajoutant aussi que son coéquipier « veut être ici ».

En fin de compte, c'est un contrat qui convient aux deux parties.

Quand la prolongation de contrat entrera en vigueur en 2024, la valeur annuelle moyenne de l'entente s'élèvera à 13,25 millions $, faisant de lui le joueur le mieux payé dans la LNH à ce moment-là. Pour un jeune qui a marqué 299 buts avant son 26e anniversaire de naissance et qui a remporté le trophée Hart remis au joueur le plus utile à son équipe dans la LNH en 2022, c'est tout à fait digne de son statut.

Par ailleurs, la prolongation de contrat lui donne une augmentation de salaire de 1,61 million $ par année par rapport au montant actuel de 11,64 millions $ qu'il reçoit actuellement et qui comptabilisé sur la masse salariale, ce qui est gérable pour une organisation des Maple Leafs qui sait que le plafond salarial devrait normalement augmenter l'été prochain.

Dans les prochaines années, le duo des Oilers d'Edmonton composé de Leon Draisaitl, dont l'entente se terminera en 2025, et Connor McDavid, dont le contrat sera échu 2026, se retrouvera probablement aux premier et deuxième rangs des joueurs les mieux payés dans la Ligue. Matthews le sait. Son agent, Judd Moldaver, a commencé à représenter McDavid cet été quand son agent précédent, Jeff Jackson, a quitté son poste pour devenir chef de la direction des opérations hockey chez les Oilers.

Matthews est bien au fait de la situation salariale dans la LNH. Et l'entente qu'on lui a accordée le satisfait pleinement.

TBL@TOR, #5: Matthews donne espoir aux Maple Leafs

Quant aux Maple Leafs, ceux-ci ne seront pas menottés dans un contexte où le plafond salarial va bientôt augmenter. Peut-être auraient-ils préféré un pacte plus long, comme celui de huit ans que l'attaquant Nathan MacKinnon a signé avec l'Avalanche du Colorado, l'été dernier, mais il est clair que les deux parties ont accepté de faire un compromis : Toronto au chapitre de la durée, et Matthews en ce qui concerne le salaire annuel moyen.

Il faut reconnaître que Treliving a bien manoeuvré. Il avait beaucoup à faire quand il a succédé à Kyle Dubas, et il a fait de l'excellent travail pour mettre quelques-uns des morceaux en place à l'approche du camp d'entraînement, qui commencera le mois prochain.

Matthews, qui est sur le point d'atteindre son apogée, aussi incroyable cela peut-il sembler, sera à l'emploi des Maple Leafs jusqu'à l'âge de 30 ans. Les ajouts à titre de joueurs autonomes que sont Max Domi, Tyler Bertuzzi et Ryan Reaves permettent à l'équipe d'avoir un alignement plus coriace ; le fluide patineur qu'est le défenseur John Klingberg devrait aider en avantage numérique, bien que son jeu défensif représente une préoccupation ; et Martin Jones a été embauché pour ajouter de la profondeur devant le filet, aux côtés d'Ilya Samsonov et Joseph Woll.

Évidemment, il reste le dossier William Nylander, dont le contrat, comme ç'aurait été le cas de Matthews n'eût été l'entente de mercredi, sera échu à la fin de la saison 2023-24. À l'instar de Matthews, il a exprimé le désir de rester à Toronto.

« Je ne veux jouer nulle part ailleurs, mais il reste encore un an à faire », a dit Nylander à Tom Gulliti de NHL.com, mercredi, durant la Tournée médiatique européenne des joueurs de la LNH. « Je ne comprends pas pourquoi c'est si pressant de faire quelque chose maintenant. Il me reste encore une année à faire. »

TreIiving en est bien conscient. Et maintenant que la prolongation de contrat de Matthews est réglée, il peut tourner son attention vers l'athlète de 27 ans.

Entre-temps, les partisans des Maple Leafs peuvent pousser un soupir de soulagement, sachant que le joueur de concession de l'équipe au poste de centre est sous contrat pour les cinq prochaines années.