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Une semaine après l'accident, l'œdème cérébral de Martin Brabec se résorbe. L'adolescent a des moments d'éveil plus fréquents et il peut communiquer avec son entourage. Les médecins sont maintenant optimistes qu'il survivra et qu'il ne conservera pas de séquelles graves.
Soulagés, ses parents peuvent souffler un peu. Son père Josef pensa à quelque chose. Son fils est un fervent de hockey, comme lui. C'est un farouche partisan des Panthers de la Floride. Son joueur préféré est le Finlandais Aleksander Barkov.
Josef se souvint de la tournée qu'il fit avec ses amis en Amérique en octobre 2018. Il prit son téléphone portable et il composa un numéro outre-mer ayant comme indicatif régional 514…
-- Allô Zdenek, c'est Josef Brabec, comment vas-tu mon ami?
-- Salut cher Josef! Je vais très bien merci, et toi?
-- Bof, ça pourrait aller mieux. Tu te rappelles mon fils Martin, que tu as rencontré quand tu es venu nous visiter l'été dernier? Il a été victime d'un grave accident. On ne craint plus pour sa vie, mais il devra passer beaucoup de temps à l'hôpital.
-- Mon Dieu ! Quelle histoire. Je suis content de savoir qu'il va s'en sortir.
-- Zdenek, j'ai pensé à quelque chose. Tu connais la passion de Martin pour le hockey de la LNH, les Panthers et Barkov. Je me rappelle que tu m'as déjà dit avoir une rondelle autographiée de Barkov. Tu crois que tu pourrais la lui envoyer à l'hôpital? Il capoterait. Ce serait sûrement très bon pour son moral.
-- Rien ne me ferait plus plaisir que de lui envoyer la rondelle. Le problème, c'est qu'elle est à Prague. Laisse-moi penser. Je vais trouver une façon, promis.
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Zdenek tenta d'arranger quelque chose pour faire acheminer la rondelle à l'hôpital de Brno. Il eut également une autre idée, à l'approche de Noël.
Zdenek ou « Zee », vous le savez déjà, est un personnage connu comme Barabbas dans la passion dans la communauté européenne du hockey, et même en Amérique.
Il bourlingue dans la LNH depuis plus d'une trentaine d'années. Journaliste chevronné et attentionné, il est respecté des joueurs étrangers. Ce n'est pas rare de même voir leurs conjointes le saluer au passage dans les arénas de la LNH.
« Zee » pensa que des messages d'encouragement de quelques-uns des joueurs qu'il côtoie gonfleraient sûrement à bloc le jeune Martin dans son processus de guérison. Il prit sur lui d'attraper sur le vif, en toute discrétion, quatre joueurs qui se prêtèrent au jeu volontiers.
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-- Allô Josef, c'est Zdenek à l'autre bout du fil, j'ai quelque chose pour toi.
-- Allô Zdenek, heureux d'avoir de tes nouvelles.
-- Comment va Martin?
-- Très bien, il prend des forces tous les jours. C'est très encourageant.
-- Super alors! J'ai pris des arrangements pour que la rondelle lui parvienne. Elle est à la poste, il devrait la recevoir avant Noël.
-- C'est merveilleux. Merci infiniment, Zdenek!
-- J'ai aussi pensé à autre chose. J'ai enregistré des messages de réconfort de quelques joueurs. C'est une surprise, je te fais parvenir ça. Vous lui montrerez, il devrait adorer. J'aimerais que vous filmiez sa réaction. Ça pourrait donner une belle vidéo.
-- Oui c'est une très bonne idée, nous allons le filmer. J'ai super hâte de voir quels joueurs lui ont transmis des messages.
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De sa chambre d'hôpital, Martin devint vite très émotif en voyant défiler sur l'écran d'ordinateur les Nick Suzuki, des Canadiens, Victor Hedman et Steven Stamkos, du Lightning de Tampa Bay, ainsi que Radko Gudas, des Panthers.
-- Wow! C'est bel et bien à moi que ces joueurs s'adressent. Faites-moi revoir s'il vous plaît.
Et on fit rejouer la bande vidéo, encore et encore.
-- Zdenek, tu as frappé un grand coup avec ta vidéo, comme tu constateras à sa réaction.
-- C'est très touchant à voir. Je ferai le message aux joueurs.
-- Oh, et il a aussi reçu la rondelle autographiée de Barkov. Il l'a tout le temps en main. Il dort même avec!
-- HaHaHa ! S'il est heureux, je le suis également.
-- Je n'ai jamais vu mon fils aussi heureux. Mon cher Zdenek, tu sais, dans la vie, on dit que rien n'arrive pour rien. Il y a une raison pour laquelle nos chemins se sont croisés dans ce 'Super C' de Saint-Jean-sur-Richelieu en octobre 2018. On comprend aujourd'hui que cette raison-là en valait le coup 1000 fois.
Après une courte pause, Josef Brabec conclut : « Passe de joyeuses fêtes en famille, ami compatriote, et je te souhaite une bonne et heureuse année 2023 ».
(NDLR) Joyeuses Fêtes et bonne année à tous nos lecteurs, de la part du LNH.com
\Crédit photos: Zdenek Matejovsky*