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Le parcours qui a mené Alexandre Burrows vers la LNH comme joueur a été long et sinueux. Il ne s'attendait pas à ce que celui qui l'amène au métier d'entraîneur soit très court et en ligne droite!

Moins de trois ans après avoir accroché ses patins, le voilà déjà derrière le banc des Canadiens de Montréal à titre d'adjoint au nouvel entraîneur par intérim Dominique Ducharme.
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Au cours des deux dernières saisons et plus, le Québécois âgé de 39 ans s'était fait les dents au sein de l'organisation comme adjoint de Joël Bouchard chez le Rocket de Laval, l'équipe-école de la Ligue américaine de hockey (LAH).
« Je mentirais si je disais que j'aurais cru faire partie du personnel d'entraîneurs des Canadiens si rapidement », a-t-il avoué, mardi, à sa première visioconférence avec les journalistes depuis qu'il est arrivé en poste, il y a quelques semaines.
Burrows a même révélé qu'il aurait pu faire le saut plus vite ailleurs parce qu'il a reçu des offres d'autres équipes. Mais que c'était avec les Canadiens - « mon équipe depuis toujours », comme il le dit - qu'il souhaitait accéder à la LNH.
« Je n'étais pas prêt à déménager la famille, a-t-il expliqué. Après la fin de ma carrière à Ottawa, nous étions heureux d'être de retour au Québec. Quand Joël m'a approché, j'étais emballé de relever ce défi nouveau dans l'organisation des Canadiens et de travailler avec lui. J'ai accepté un contrat d'une saison parce que je voulais voir si j'aimerais. J'ai tout de suite eu la piqûre du 'coaching'.
« Le destin fait bien les choses. Je ne peux pas être plus heureux de la tournure des événements », a-t-il affirmé.
Un doctorat en hockey
Burrows a reconnu avoir été très surpris de recevoir l'appel du directeur général Marc Bergevin, tard dans la soirée du 23 février, à la suite de la défaite de l'équipe contre les Sénateurs d'Ottawa. Mais il a vite fait ses valises quand Bergevin lui a proposé de prendre la place de Kirk Muller au sein du personnel d'entraîneurs. Le lendemain matin, les Canadiens confirmaient les congédiements de Claude Julien et de Muller et les nominations de Ducharme et de Burrows.
« Je me sentais prêt pour le poste. À travers ma longue carrière, j'ai tout vécu, les hauts et les bas. J'ai évolué dans toutes les ligues, dans tous les trios et dans toutes les chaises. J'ai pu apprendre d'excellents entraîneurs et j'ai regardé beaucoup de matchs. Je mange du hockey. J'ai tout vu, il n'y a plus rien qui me surprend. Je suis allé à l'université du hockey, comme on dit, et j'y ai même obtenu un doctorat », a-t-il imagé.
« La nouvelle génération de joueurs est très portée sur la communication. Je suis à l'aise avec ça. Si les jeunes ont plus besoin d'un grand frère que d'une figure paternelle, je peux gagner leur confiance. »
Rester soi-même
La passion de Burrows dans tout ce qu'il fait a été maintes fois relevée par les joueurs depuis son arrivée. C'était un joueur très énergique, il l'est tout autant comme entraîneur. Ça se voit lors des séances d'entraînement.
« J'ai plusieurs amis qui occupent des postes semblables dans la Ligue et ils m'ont tous donné le même conseil : reste toi-même.
« J'étais comme joueur un travailleur infatigable qui savourait pleinement chacune des journées que j'ai passées dans la LNH, a-t-il soulevé. C'est ce qui m'a permis de connaître une belle carrière. Je ne changerai pas comme entraîneur. Je vais afficher le même dynamisme et entrain. J'ai beaucoup de plaisir à travailler avec Dominique, Luke (Richardson, l'entraîneur des défenseurs) et tous les autres.
« Je me sens bien. Je me sens à ma place. »
Comme les jumeaux Sedin
Chez le CH, on lui a confié la tâche de relancer le jeu de puissance. Les résultats sont prometteurs jusqu'à maintenant. L'équipe a fait mouche en supériorité numérique dans quatre des six premiers matchs depuis les changements derrière le banc.
« Il n'y a pas d'unité no 1 ou no 2, les deux peuvent avoir du succès et nous les laisserons se livrer une compétition à l'interne », a-t-il établi à priori. « Les deux ont des atouts. Celle de KK (Jesperi Kotkaniemi) exécute bien en ce moment et elle obtient des bonds favorables. Je ne suis pas inquiet pour l'autre unité, celle de (Shea) Weber. Nous finirons par trouver des façons que Shea puisse décocher son redoutable tir. »
Le dénominateur commun que Burrows veut voir pour les deux unités, c'est dans leur façon d'attaquer le filet de front, en se massant devant et en y dirigeant la rondelle. Comme le défenseur Jeff Petry l'a fait pour marquer le seul but de l'équipe, lundi.

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« Nous aurons du succès avec cette philosophie-là », a-t-il ajouté, après avoir mentionné qu'on ne laisse tout de même rien au hasard sur le plan stratégique.
Burrows n'était pas un abonné au jeu de puissance comme joueur, même s'il a dit qu'il s'immisçait dans les réunions d'équipe. Il y a été utilisé par moments, surtout quand il a évolué avec les jumeaux Sedin, Henrik et Daniel, chez les Canucks de Vancouver. Il a souligné que les Sedin faisaient dans la simplicité, malgré leur immense talent.
« Même les Sedin ne cherchaient pas à forcer le jeu. Ils étaient des experts pour faire dans la simplicité. Tout est affaire d'exécution. Il faut venir à savoir où se trouvent ses coéquipiers sur la glace. Le jeu est tellement rapide qu'il faut agir promptement. Il faut que ce soit clair, simple, direct et efficace. Pour ça, il faut répéter les mêmes patrons de jeu jusqu'à ce que ça devienne des automatismes ou une seconde nature pour les joueurs. »
Des retrouvailles
Burrows s'est dit optimiste que les Canadiens soient sur la voie du retour vers le succès. Il a dit avoir été agréablement surpris par l'unité qui régnait au sein du groupe.
« C'est un bon groupe de joueurs, très soudé et qui a à cœur de vouloir bien faire et de contribuer aux succès de l'équipe. Tout le monde se soutient, s'encourage. »
Burrows a relaté avec humour que les retrouvailles avec d'anciens rivaux de longue date, avec lesquels il avait souvent eu maille à partir, s'étaient admirablement bien déroulées.
« J'ai eu quelques bonnes batailles avec Corey Perry et Tyler Toffoli et je me suis déjà battu avec Shea Weber. J'ai souvent affronté ces trois joueurs quand ils ont évolué dans l'Association de l'Ouest. Nous jouions tous pour le logo sur notre chandail. Maintenant que nous faisons partie de la même équipe, nous sommes unis pour la même cause. Ils ont tous été super avec moi, il n'y a eu aucune tension entre nous. Au contraire, quand tu as des gars comme eux de ton bord, tu sais qu'ils vont aller à la guerre pour toi.
« Corey est un futur membre du Temple de la renommée. Il a gagné au Championnat mondial junior, aux Jeux olympiques, en plus de la Coupe Stanley en 2007. Il est un des meilleurs pour se positionner devant le but en avantage numérique. Je suis très content de travailler avec lui, comme avec Tyler et Shea. »
L'amitié peut attendre
Pour ce qui est de son retour à Vancouver cette semaine, Burrows s'est dit déçu de ne pas avoir reçu d'invitation ou de mot de bienvenue de son bon ami Antoine Roussel, des Canucks.
« Il doit avoir perdu mon numéro de téléphone. Il ne m'a même pas fait un clin d'œil pendant la période de réchauffement, lundi », a-t-il glissé avec le sourire. « Antoine a le couteau entre les dents. Il veut aider les Canucks à avoir du succès, je comprends ça. Nous fraterniserons plus tard. Il reste quand même mon ami. »
D'ici là, Burrows et Roussel seront encore des ennemis mercredi, à l'occasion du deuxième affrontement de suite entre le Tricolore (11-6-7) et les Canucks (12-15-2) au Rogers Arena (23 h HE; RDS, TSN2, SNP, NHL.TV). Les Canucks ont remporté le premier duel 2-1 aux tirs de barrage.