MCNABB CHARA BADGE CHAUMONT

LAS VEGAS – « C’est un animal. »

Jérémy Lauzon a utilisé instinctivement cette expression pour décrire le courage de Brayden McNabb.

« Je lui ai dit après le match, mais ce que je trouve le plus impressionnant, c’est que même s’il joue avec cette blessure, il reste exactement le même défenseur. Il vient de se casser le nez au match précédent et ça ne paraît pas. C’est tout à son honneur. Il est un véritable guerrier. »

Dans le vestiaire des Golden Knights au T-Mobile Arena de Las Vegas, Lauzon restait encore en admiration vis-à-vis la bravoure de McNabb quelques minutes après cette victoire de 5-4 en deuxième période de prolongation contre les Hurricanes de la Caroline.

Atteint par un tir frappé à 87 mp/h de Nikolaj Ehlers directement au visage en première période du deuxième match de la finale, McNabb a frappé l’imaginaire en revenant à son poste à la ligne bleue des Knights dès le match suivant.

John Tortorella l’a déployé sur la patinoire pour la mise en jeu initiale du troisième match en l’envoyant à sa position habituelle, soit à la gauche de Shea Theodore. À l’annonce de son nom par l’animateur maison, le défenseur de 35 ans a reçu une ovation monstre des partisans de Vegas.

Cette scène avait des airs de déjà-vu pour Lauzon. Zdeno Chara, qui portait une grille complète comme McNabb, avait également amorcé le cinquième match de la finale de la Coupe Stanley de 2019 contre les Blues de St. Louis pour obtenir un tonnerre d’applaudissements des fidèles au TD Garden.

Il y a maintenant sept ans, un jeune Lauzon se retrouvait sur la passerelle de presse à Boston pour cette rencontre. À cette époque, le Québécois était l’un des réservistes au sein des Bruins, lui qui avait joué ses 16 premiers matchs dans la LNH lors de la saison 2018-2019.

« Oui, j’ai pensé à Zdeno en voyant Brayden en uniforme, a affirmé Lauzon. Je le disais à ma femme avant le match aujourd’hui. Quand je lui expliquais que Nabber (McNabb) allait jouer, je revoyais Zdeno qui avait joué avec une fracture à la mâchoire. Les athlètes de la LNH sont les plus grands guerriers. Il n’y a pas une autre ligue sportive comme ça. »

Au quatrième match de cette finale de 2019, Chara avait redirigé avec son propre bâton un tir de l’attaquant Brayden Schenn directement sur son visage. La face ensanglantée, le capitaine des Bruins avait quitté le match après cet incident, survenu tôt en deuxième période.

Mais après deux jours sans match, le Slovaque avait retrouvé ses coéquipiers pour participer au cinquième match, le 6 juin. Et il a été en uniforme jusqu’à la fin de cette série, remportée en sept matchs par les Blues.

Après la finale, Chara avait confié souffrir de multiples fractures à la mâchoire et qu’il avait joué les trois derniers matchs avec « deux plaques, quelques fils et des vis » pour tenir le tout en place.

McNabb, quant à lui, a passé une portion de la nuit du 4 juin dans un hôpital de Raleigh afin de guérir de sa blessure. Et il était de retour à son poste seulement deux jours plus tard. Il portait d’ailleurs de nombreux points de suture sur son nez, des marques qui restaient visibles même derrière sa grille complète.

Le Saskatchewanais aura servi d’inspiration à ses coéquipiers dans ce gain rocambolesque en deuxième période de prolongation. Même s’il a reconnu qu’il avait de la difficulté à respirer du nez, il a joué un rôle crucial dans ce match avec un temps de jeu de 35 min 47 s, le deuxième plus haut total après Theodore.

En plus de passer de nombreuses minutes sur la glace, le numéro 3 a obtenu deux passes, dont une sur le but gagnant de Theodore, en plus de finir avec un dossier de +3. 

Questionné à savoir où il a trouvé tout ce courage, McNabb a offert une réponse assez classique.

« Je ne sais pas trop comment l’expliquer, a-t-il dit. Quand on est dans le feu de l'action, on y est vraiment, et mentalement, on essaie juste de se battre. »