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Cinq questions avec... Ian Laperrière

Au sein d'un contingent d'entraîneurs du Québec, Ian Laperrière est l'un des rares survivants de l'édition 2018-19 des Flyers

par Nicolas Ducharme @nicolasducharme / Journaliste LNH.com

La saison 2018-19 n'a pas été de tout repos chez les Flyers de Philadelphie. Après un début de saison décevant, presque tout l'état-major de l'équipe s'est fait montrer la porte. Derrière le banc, seul Ian Laperrière a survécu aux multiples changements et il occupe encore un poste d'entraîneur adjoint en cette saison 2019-2020.

Les visages sont bien différents derrière le banc avec les Flyers en début de saison. Dave Hakstol, congédié en décembre, et Scott Gordon, qui est retourné dans la Ligue américaine après avoir assuré l'intérim, ont laissé leur place à Alain Vigneault à titre d'entraîneur-chef et à Michel Therrien et Mike Yeo comme adjoints. Avec Laperrière, ça signifie que trois des quatre hommes derrière le banc de l'équipe sont Québécois.

« Ça parle beaucoup français à Philadelphie, lance Laperrière en rigolant lors d'une entrevue avec LNH.com. Il y a même une affiche dans le bureau qui dit ''bienvenue''. C'est le préposé à l'équipement qui l'a créée à la blague, mais le signe est encore là. C'est naturel pour nous, puisque c'est notre langue. Mais quand il y a un anglophone avec nous, on essaye de changer. »

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Le fait français aura permis au nouveau personnel d'entraîneurs de créer une chimie plus rapidement, surtout que Laperrière est le seul du groupe qui était avec l'équipe l'an dernier.

« Qu'on parle anglais, français, chinois, le hockey, ça reste du hockey. L'approche reste pas mal pareille, mais Alain a une approche différente que je n'avais jamais vue chez les autres entraîneurs. Dès le début, lors des rencontres de préparation, puis au camp d'entraînement et dans les pratiques, il a une façon de faire que je n'avais jamais vue et j'apprécie beaucoup. J'aime ce qu'il fait et en tant que coach, j'apprends beaucoup de lui. »

Il fallait s'y attendre, les Flyers connaissent un début de saison plus lent. Non seulement fallait-il mettre un nouveau système en place, mais l'équipe a amorcé la saison en Europe afin d'affronter les Blackhawks de Chicago dans le cadre de la Série globale. Après le premier mois d'activités, ils ont une fiche de 7-5-2 à l'approche de leur duel face aux Canadiens de Montréal, jeudi (19 h (HE); RDS, TSN2, NBCSP, NHL.TV).

« Tu ne veux jamais utiliser le voyagement comme excuse, mais nous sommes allés en Europe pendant une dizaine de jours pour jouer un seul match. Et dès que nous sommes revenus, nous n'avons joué qu'un match à la maison avant de partir dans l'Ouest canadien. C'est beaucoup de voyagement, mais c'est notre cédule et il faut faire avec. (Mardi), nous avons gagné, mais nous n'avons pas bien joué. Les joueurs ne sont pas plus satisfaits. Il y a place à beaucoup d'amélioration. »

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À l'âge de 45 ans et après une carrière de 1082 matchs dans la LNH, l'ancien choix de septième ronde des Blues de St. Louis en 1992 amorce une neuvième saison au sein du personnel des Flyers.

Voici cinq questions avec Ian Laperrière :

L'année dernière, tu étais entraîneur adjoint avec les Flyers et tu prenais place sur le banc. Cette saison, tes responsabilités ont changé. Qu'est-ce qui est différent?

Ma routine maintenant, c'est de préparer les rapports d'avant-match, d'identifier les tendances et de regarder les autres équipes. Par exemple, contre les Canadiens, je vais être sur la galerie de presse pendant deux périodes pour être sûr qu'on fait les choses de la bonne façon, et ensuite, je descends sur le banc. C'est différent de ce que je faisais avant, quand j'étais uniquement sur le banc avec les anciens entraîneurs. Ce sont des ajustements personnels que j'ai à faire.

 

Avec tous les congédiements et départs au sein des Flyers l'année dernière, y'a-t-il eu un moment où tu as remis ta carrière et tes aspirations en question?

C'était une année de fous. Le DG, l'assistant du DG et l'entraîneur-chef se font mettre dehors pendant l'année. Que tu le veuilles ou non, tu te demandes si tu n'es pas le prochain. Tu restes à côté de ton téléphone et tu te demandes ce que tu vas faire. Finalement, ç'a fonctionné et Alain a voulu me garder avec le personnel d'entraîneurs.

Mais ça m'a permis de penser à la prochaine étape. En ce moment, je suis bien où je suis, mais un moment donné, je pense qu'une partie de moi aimerait essayer d'être entraîneur-chef. Est-ce que je vais être bon? Je ne le saurai pas tant que je ne vais pas l'essayer. Je ne sais pas quand ce sera, mais je sens que je suis de plus en plus prêt.

 

Quel conseil donnerais-tu à un joueur qui pense se lancer dans le coaching après sa carrière?

Le premier conseil que je donnerais, c'est celui que Tony Granato m'a donné quand je jouais pour lui au Colorado. Nous étions assis dans un avion en route pour Los Angeles, où les Kings retiraient le chandail de Luc Robitaille, puisque Tony et moi avons joué avec lui. Il m'a regardé et il m'a demandé ce que je voulais faire après ma carrière. Je lui ai dit que j'aimerais aller dans le coaching. Il m'a dit : « Si tu veux rester dans la game, tu ne peux pas en sortir. » Il y a des gars qui disent qu'ils vont prendre deux ou trois ans avec leur famille avant de revenir et se trouver un travail, mais non, ce n'est pas de cette façon que ça marche. Les équipes t'aiment beaucoup quand tu es joueur, mais après, si tu attends, il y a d'autres joueurs qui prennent aussi leur retraite qui veulent cette place.

 

Tu as évolué avec cinq organisations dans ta carrière de joueur, dont de longs passages avec les Kings et l'Avalanche. Ton dernier contrat dans la LNH en était un de trois ans avec les Flyers, mais ta carrière s'est arrêtée abruptement lors de la première année après avoir reçu deux rondelles au visage lors des séries éliminatoires de 2010. Ta seule saison comme joueur à Philadelphie s'est transformée en longue association au sein de l'organisation. Es-tu capable d'expliquer pourquoi? 

Les équipes disent aux joueurs qu'elles vont s'occuper de toi, mais ça n'arrive pas souvent. J'ai joué une seule saison et ils s'occupent de moi comme si j'avais joué pendant 20 ans ici. Il y a un aspect familial qui a été mis de l'avant par monsieur [Ed] Snider lorsqu'il a acheté l'équipe et que Paul Holmgrem et Bobby Clarke ont décidé de garder. J'en suis l'exemple parfait. Ils m'ont dit : ''tu as tout donné pour nous, tu as mangé deux rondelles dans la face, tu as saigné pour l'équipe. On va s'occuper de toi pour ton après-carrière''. Je suis vraiment choyé et je me sens privilégié. 

 

Les Flyers ont un groupe de jeunes joueurs très prometteurs, mené par les Nolan Patrick, Travis Konecny, Ivan Provorov, Carter Hart et Joel Farabee. Est-ce que ça te rappelle tes premières années à la retraite, comme directeur du développement des joueurs, lorsque les Jakub Voracek, Sean Couturier, James van Riemsdyk, Sergei Bobrovsky et Claude Giroux faisaient leurs débuts dans la LNH? 

Giroux, j'ai joué avec lui. Il était tout jeune et j'étais tout vieux! Mais ça nous a permis d'avoir cette relation lorsque je suis devenu entraîneur.

Le futur ici est A-plus, avec les Farabee, Patrick, et même à 22-23 ans, Provorov est encore très jeune. Le futur est beau, mais la façon dont la LNH fonctionne aujourd'hui, c'est qu'il faut que tu trouves un moyen de gagner maintenant, avec tes vétérans et tes jeunes. Tu dois trouver une chimie. Tu ne peux pas attendre qu'ils deviennent des vétérans parce que sinon, tu vas te retrouver dans la même routine où d'autres jeunes vont arriver.

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