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LAS VEGAS – Debout devant un casier de l’immense vestiaire des visiteurs du T-Mobile Arena, Brandon Bussi jonglait difficilement avec des émotions contradictoires, quelques instants après la défaite de 5-4 des Hurricanes de la Caroline en deuxième prolongation.

« J’ai joué en finale de la Coupe Stanley… C’est plutôt cool, a-t-il lancé. Mais le résultat n’est pas cool. »

La déception et la frustration se lisaient beaucoup plus que la fierté et la joie dans le visage du gardien de 27 ans, qui a vécu tout un baptême de feu en séries éliminatoires. Avec le but bizarre qu’il venait d’accorder – un rebond de la bande qui a dévié sur sa jambière – on peut le comprendre.

Mais si les Hurricanes sont parvenus à effacer un déficit de quatre buts en troisième période pour se donner une chance de remporter ce troisième match, c’est en partie grâce à Bussi. Il a remplacé Frederik Andersen au pied levé en amorçant la troisième période, et a repoussé les 18 premiers tirs dirigés vers lui.

« Brandon a très bien joué, a souligné l’entraîneur Rod Brind’Amour. Je ne voyais aucune raison de laisser Freddy devant le filet de la façon dont ça se déroulait. On a eu un petit regain de vie. Il nous a donné une chance. Je suis déçu que sa soirée se soit terminée ainsi, parce qu’il nous donnait du bon hockey. »

Pas mal, pour un gardien qui n’avait pas joué depuis le 14 avril et qui a été jeté dans la gueule du loup sur la plus grande scène du sport. Sans compter que le deuxième lancer auquel il a fait face était un tir de pénalité de Mitch Marner, qui avait déjà trois buts à son actif à ce moment du match.

« Je voulais l’arrêter, a-t-il répondu quand on lui a demandé ce qui lui avait passé par la tête. Je pense que je ne me suis pas laissé emporter par les émotions. Je me suis mis au travail et je me suis amusé. »

CAR@VGK: Bussi prive Marner d'un quatrième but

Après cet arrêt, les Hurricanes ont pris confiance et se sont mis à la tâche. Trois minutes plus tard, Jordan Martinook amorçait une avalanche de trois buts en 39 secondes. Andrei Svechnikov a mis la touche finale à la remontée en créant l’égalité en fin de match pour faire durer le plaisir.

« Brandon a été incroyable, surtout sur ce tir de pénalité contre Marner, a dit Martinook. Après ça, nous avions besoin que quelque chose de bon se produise pour nous. Écoutez, on a pu compter sur deux bons gardiens toute l’année. Nous avons énormément confiance en Buss. » 

Après la deuxième période très difficile d’Andersen et des Hurricanes, un changement était nécessaire.

Le gardien danois a cédé quatre fois sur 14 lancers au cours de cet engagement, alors que ses coéquipiers multipliaient les erreurs et servaient les surnombres aux Knights sur des plateaux d’argent. S’ils n’ont rien fait pour l’aider, on ne peut pas dire qu’il leur a été plus utile. Il s’est écroulé en même temps que le groupe.

Depuis le début de la finale, Andersen affiche une piètre moyenne de buts alloués de 4,44 et un atroce taux d’efficacité de ,815. Ses chiffres magiques des deux premiers tours sont très loin derrière. 

« Freddy n’est assurément pas à blâmer, l’a défendu le capitaine Jordan Staal. Il y a eu des jeux à l’embouchure du filet, des échappées… Nous étions désorganisés et nous l’avons laissé seul. Il a été bon pour nous tout au long de ce parcours. Je me sens mal pour lui. »

Un changement?

Ce qui nous ramène à Bussi. Avec la prestation qu’il a livrée et les arrêts importants qu’il a effectués, il a peut-être mérité un départ dans le quatrième match, mardi. Il ne faudrait quand même pas oublier qu’il a signé 31 des 53 victoires des siens en saison régulière. Il ne sort pas de nulle part.

Andersen a aidé l’équipe à se rendre jusqu’en finale, mais il est peut-être temps de brasser les cartes. Surtout que Bussi a démontré que la rouille était loin d’être un problème pour lui.

« Je pense qu’on aurait pu être meilleurs devant Freddy en deuxième, a plaidé Bussi. Il est la raison pour laquelle nous sommes rendus à cette étape. […] Je me suis entraîné fort pendant tout notre parcours au cas où l’équipe aurait besoin de moi. C’est arrivé ce soir. J’étais prêt à stopper les rondelles. »

L’échantillon est mince, mais le portier new-yorkais s’est montré beaucoup plus solide et en confiance que son homologue, hésitant et chambranlant depuis déjà quelques matchs. Une chose est sûre, c’est que Brind’Amour aura matière à réflexion lors des deux prochains jours.

« On a deux jours pour évaluer la situation et prendre une décision en vue du prochain match, a conclu le pilote. Il a beaucoup de mérite pour la façon dont il a joué dans une situation loin d’être idéale. C’est dommage que ça se soit terminé ainsi, mais il ne pouvait rien faire sur le but. C’était simplement un mauvais bond. »

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