Connor Hellebuyck QA 91125

HENDERSON, Nevada – Connor Hellebuyck a passé l’été à se préparer pour en faire davantage et être encore meilleur dans ce qui pourrait être la plus grosse saison de sa vie.

Le gardien des Jets de Winnipeg défendra son titre du trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe dans la LNH. Il en va de même pour son titre du trophée Vézina. Il a mis la main sur les deux honneurs la saison dernière grâce à sa fiche de 47-12-3, ses huit blanchissages, sa moyenne de buts alloués de 2,00 et son pourcentage d’arrêts de ,925, devenant le premier gardien depuis Carey Price en 2015-16 à hériter de ces deux trophées la même année.

Hellebuyck sera à nouveau la pierre angulaire des Jets, qui ont remporté le trophée des Présidents avant d’être éliminés au deuxième tour des séries dans l’Association de l’Ouest. Ils feront encore partie des favoris dans l’Ouest et ils demeurent de sérieux prétendants à la Coupe Stanley.

En outre, Hellebuyck aura la chance d’être le gardien no 1 des États-Unis aux Jeux olympiques de Milano Cortina 2026, une occasion rêvée d’aider les Américains à gagner l’or pour la première fois depuis 1980.

Hellebuyck a discuté de tout ce qui l’attendait cette saison dans une entrevue avec LNH.com lors de la Tournée des médias nord-américaine de la LNH/AJLNH, mercredi.

Quand tu connais une saison comme celle que tu as connue l’an dernier, qu’est-ce qui te passe par la tête pendant ton entraînement estival en préparation pour ton retour à Winnipeg?

« Je pensais à : "Comment pouvons-nous atteindre un autre niveau? Comment pouvons-nous continuer à bâtir sur ce que nous avons accompli?" Le fait que nous avons eu du succès ne veut pas dire que nous allons continuer d’en avoir. Alors que faut-il faire pour que ça se poursuive? C’est ce que j’aime avec ce sport, il y a toujours des choses à apprendre. Il y a toujours de l’adaptation à faire, car le hockey évolue. Alors, de mon côté, je dois voir quelle est la prochaine étape. Je crois qu’il s’agit de gérer les niveaux de stress. Vers la fin de la saison, quand tu arrives en séries, le stress est automatiquement plus élevé. Tout le monde te regarde et tente de pointer du doigt tes points faibles. Tu dois rester dans ta bulle, jouer à ta façon, te soucier de ce que tu veux faire et de ce que tu aimes voir. »

Est-ce que c’est quelque chose qui se travaille ou ce n’est que l’aspect mental?

« C’est mental, mais tu peux travailler sur cela à l’entraînement. Disons que l’entraînement ne se déroule pas parfaitement, plutôt que de t’en faire et de laisser la frustration s’emparer de toi, prend un moment pour réfléchir et fais les ajustements nécessaires. »

Est-ce que ce niveau de stress est la grosse différence entre le hockey de saison régulière et le hockey des séries pour les gardiens?

« Je dirais que oui. Ça et le fait que le jeu des séries est tellement orienté sur l’équipe. Ce n’est jamais un seul gars qui va faire la différence. S’il y a un joueur qui connaît de très bonnes séries, je t’assure que c’est parce qu’il y a 19 autres gars qui contribuent à son succès. La chose que j’ai apprise est qu’on ne peut pas blâmer un seul joueur ou en mettre un sur un piédestal. Tu as besoin de tout le monde. »

WPG@DAL, #6: Hellebuyck s'étire pour frustrer Rantanen

Es-tu capable de rentrer dans ta propre bulle en séries ou c’est plus difficile à faire?

« Oui, je suis capable de le faire. Ça ne change rien que tu perdes par un but ou par 10 buts, au bout du compte, c’est une défaite. Tu dois passer à autre chose et remporter le prochain match. Les statistiques n’ont pas d’importance. Elles sont importantes pour les contrats et le côté des affaires, mais quand les séries arrivent, tu ne te soucies pas de ça. Tu perds ou tu gagnes. »

Quand tout allait pour le mieux en saison régulière l’an dernier, comment te sentais-tu? Comment as-tu réussi à faire en sorte de rester aussi dominant?

« J’ai bien géré mes montagnes russes l’an dernier. Ceci étant dit, l’équipe jouait extrêmement bien. Les gars marquaient des buts, ils réduisaient les chances de marquer de notre côté. Ça m’a rendu la vie beaucoup plus facile et ça rendait le jeu plus prévisible, ce qui est une de mes forces. Mais de mon côté, j’ai bien composé avec les hauts et les bas. Chaque fois que quelque chose de moins bon survenait, je passais rapidement à autre chose et je ne m’en faisais pas avec ça. […] Eric (Comrie) et moi avions – je ne dirais pas superstitions, mais – nos petites routines que nous aimions qui nous permettaient de prendre les choses avec un peu plus de légèreté. Nous étions comme des enfants qui ont du plaisir. C’est tellement important de ne pas trop penser. Va jouer et aie du plaisir. »

Ce pourrait être une grosse année pour toi, avec tout ce que tu peux accomplir chez les Jets, la possibilité d’être le partant pour les États-Unis aux Olympiques, la défense de tes titres du Hart et du Vézina, etc. Comment entrevois-tu cette année à venir?

« J’aborde ça en me disant que ce n’est qu’une autre saison qui commence. Nous continuons à bâtir sur ce que nous avons fait, mais je ne veux pas entraîner des attentes à travers ça. Les attentes peuvent faire mal. Je l’ai souvent vu. Nous avons une bonne équipe, mais parfois tu ne gagnes pas quand tu t’attends à gagner, puis tu gagnes quand tu ne t’attends pas à gagner. Nous voulons vraiment laisser les attentes de côté et repartir à neuf. Nous allons tenter de bâtir sur la fin de notre dernière saison, aller de l’avant, et tout va tomber en place. »

Avec l’expérience de la Confrontation des 4 nations de l’an dernier, as-tu l’impression que ça va aider ta préparation en vue des Olympiques, advenant que tu y participes?

« Absolument. Les 4 nations, ça s’est non seulement bien passé sur la glace – car maintenant je sais à quoi m’attendre – mais également pour tout l’aspect en dehors de la glace – quoi faire avec les familles, où rester, le voyagement, les nouveaux joueurs, rencontrer de nouvelles personnes. Ça aide à diminuer le niveau de stress et les inquiétudes. »

STL@WPG, #5: Hellebuyck vole Sundqvist avec le bâton

Il fut un temps où les gardiens jouaient régulièrement 60 matchs ou plus. Les choses ont changé, on voit plus de tandems avec deux gardiens qui se séparent les tâches dans une équipe. Dans ton cas, tu as joué au moins 60 matchs dans quatre saisons consécutives et dans six des huit dernières. Ce serait probablement huit s’il n’y avait pas eu de pandémie. Pourquoi est-ce important pour toi et comment es-tu en mesure de jouer autant de matchs constamment?

« Oui, la tendance est au partage des tâches, mais je pense que ça découle d’un mouvement où quelqu’un a été chanceux et maintenant tout le monde pense que c’est la bonne façon de faire. Je ne suis pas d’accord avec ça. Je pense que la meilleure façon de faire ressortir le meilleur de toi-même est de jouer et de trouver ton rythme. Personnellement, j’aimerais revenir à l’époque des 70 matchs ou plus. Je pense que ça permet de trouver ton erre d’aller et, une fois que tu as la confiance, tu n’as plus vraiment besoin de penser, car tu joues et tu te sens bien chaque soir. Il faut mettre en garde la gestion dans tout ça. La raison pour laquelle le nombre de départs diminue autant, c’est parce qu’on en demande trop aux gardiens avec les entraînements et parce que les niveaux de stress sont très élevés, puisqu’on ne laisse pas le gardien et l’entraîneur des gardiens faire leurs affaires. C’est ce que nous faisons bien à Winnipeg, nous comprenons que nos besoins sont séparés de ceux du reste de l’équipe, alors ils nous laissent faire ce qui est le mieux pour nous. J’ai le plein contrôle sur la gestion de ce qui me regarde. »

C’est intéressant. Peux-tu m’expliquer à quoi ça ressemble, comment ça fonctionne?

« Après les matchs, mon entraîneur des gardiens et moi allons discuter de certaines choses. Par exemple, ai-je besoin d’un peu de temps de repos? Devrions-nous prendre une journée de congé et ensuite faire une grosse séance vidéo? Ou encore serait-ce mieux d’aller au gym et tenir une légère séance d’entraînement? Ou, peut-être, faire seulement du vidéo cette journée-là. Donc, as-tu besoin de repos? Prends du répit quand tu le peux. Veux-tu aller sur la glace? Parfois, je veux sauter sur la patinoire, mais je n’ai pas besoin de recevoir de tirs cette journée-là. Je veux simplement aller sur la glace avec mon entraîneur, patiner, me concentrer et avoir une bonne journée sans vider complètement le réservoir d’essence. »

Mais parfois l’équipe s’entraîne et deux gardiens sont nécessaires.

« Voilà pourquoi nous avons toujours eu un troisième gardien sur appel. Et cette année ils ont même ajouté un autre gardien. »

As-tu déjà eu des conversations à propos de ta philosophie avec d’autres gardiens?

« J’en ai déjà parlé, oui, mais ce n’est pas au gardien de trouver les solutions, c’est à l’organisation de le laisser établir sa propre démarche. C’est pourquoi je suis aussi reconnaissant de jouer ici. J’ai pu bâtir ça au fil des années. L’organisation a compris que si tu me laisses le contrôle de mes choses, je vais m’arranger pour que ça fonctionne. Et nous avons un entraîneur des gardiens qui fait passer ce message également. C’est à lui de dire : "Hey, nous ne sommes pas en train de prendre les choses à la légère. Il y a un but derrière tout ce que nous faisons". »