Dans le monde du hockey, la ligne entre l’euphorie et le désastre peut parfois être mince, voire imperceptible à l’occasion.
Mais alors qu’ils se préparent pour leur camp d’entraînement cette semaine, les Sabres de Buffalo sont affamés. Ils ont vécu une montagne russe d’émotions la saison dernière, quand ils ont remporté le titre de la section Atlantique et mis fin à la plus longue séquence de saisons sans participation aux séries éliminatoires de la Coupe Stanley dans l’histoire de la LNH. Leur saison a pris fin quand ils ont été éliminés en sept matchs par les Canadiens de Montréal au deuxième tour du tournoi printanier.
« Nous pouvons assurément bâtir là-dessus, surtout avec toutes les épreuves que nous avons surmontées », a affirmé l’attaquant Tage Thompson la semaine dernière lors de la tournée des médias nord-américaine de la LNH/AJLNH. « La majorité des gars de cette équipe (de l’an dernier) sont encore ici. Ce sont les gars avec qui tu vas à la guerre chaque jour, et nous avons tous un respect et un amour mutuel dans ce vestiaire.
« Ça se voit sur la glace. Et je ne m'attends pas à ce que ça change. »
Jusqu’au but en prolongation de l’attaquant des Canadiens Alex Newhook, les Sabres et leurs partisans vivaient l'euphorie depuis un mois après avoir participé aux séries pour la première fois depuis 2011.
« C’était tellement un drôle de mélange d’émotions, a soutenu Thompson. D’une part, c’est un sentiment de récompense en raison de toute l’adversité à laquelle nous avons fait face pour finalement réaliser l’objectif de mettre fin à la disette. Mais d’un autre côté, c’est comme si tu n’avais rien gagné, alors ce n’est pas vraiment l’objectif ultime. »
Résultat : les Sabres arrivent en 2026-27 avec des objectifs plus élevés qu’une simple participation aux séries éliminatoires dans une deuxième saison consécutive.
Ils sont impatients de continuer à bâtir.
« La façon dont la saison s’est terminée te laisse sur ton appétit et te donne envie d’aller plus loin encore, a dit Thompson. Mais nous devons évidemment soutirer les éléments positifs de cette expérience et ne pas minimiser l’exploit que ça représentait de nous rendre jusque-là.
« Je dois le voir en me disant que ça m’a donné l’opportunité de jouer dans ces situations. Si vous m’aviez dit, quand j’avais 10 ans, que j’aurais la chance de jouer un match no 7 au deuxième tour, mais que j’allais perdre, j’aurais quand même dit oui. J’aurais simplement été heureux qu’on me dise que j’aurais la chance de jouer dans la LNH un jour. Tout est une question de perspective. Mais on veut bien sûr se retrouver du bon côté. »
Mais être « du bon côté » pendant une saison ne garantit rien pour la suivante. La seule chose certaine à l’aube de cette saison est que les Sabres ne surprendront plus personne.
« Nous avons mérité ces attentes avec notre façon de jouer, mais les attentes ne vont pas nous faire gagner des matchs », a prévenu l’entraîneur Lindy Ruff, mercredi, à la veille de l’ouverture du camp. « La différence, ce sera notre ardeur au travail. Mais nous nous sommes placés dans une position où nous avons un standard. Pouvons-nous améliorer ce standard et ne pas nous en contenter? »
Pour les jeunes des Sabres comme Owen Power, l’expérience de jouer du hockey des séries était une étape importante. Le défenseur de 23 ans, qui a été le premier choix au total du repêchage 2021, a le sentiment qu’énormément de pression a été retirée des épaules des joueurs actuels de l’équipe, qui n’auront désormais plus à porter le fardeau d’une disette de 15 ans sans séries éliminatoires, même si la plupart d’entre eux n’étaient pas dans le portrait pour la majorité de ces temps difficiles.
« Maintenant, nous savons en quelque sorte ce que ça prend pour s’y rendre », a dit Power à LNH.com durant la saison morte. « Et nous avons gagné la première ronde contre Boston, alors nous avons également vu ce qui était nécessaire pour gagner en séries. Ça nous a beaucoup aidés, surtout que nous sommes très jeunes et que nous avions très peu d’expérience avant d’arriver en séries.
« Nous sommes un peu plus expérimentés maintenant. Nous savons à quoi nous attendre. »
La plus grande question pour les Sabres demeure : pourront-ils combler les 108 points combinés (44 buts, 64 passes) laissés par les départs de l’attaquant Alex Tuch (Capitals de Washington) et du défenseur Bowen Byram (Blackhawks de Chicago)? Pour y arriver, ils compteront notamment sur des joueurs comme l’attaquant Josh Doan et le défenseur Olen Zellweger, ce dernier ayant été acquis durant l’été.
« Nous allons devoir composer avec la perte de ces deux gars-là, mais je pense que nous avons vu d’autres joueurs se lever l’an dernier, particulièrement en séries, a mentionné Power. J’ai confiance que l’équipe va être en mesure de bâtir sur la saison que nous venons de connaître. »
Il faudra commencer à bâtir dès le début du camp d’entraînement jeudi, a martelé le directeur général Jarmo Kekalainen.
« Ce sera difficile de participer aux séries, a-t-il dit. Il y a 32 équipes, et seulement 16 y participent. C’est difficile chaque année et ce sera vraiment difficile cette année aussi. C’est ce que nous devrons comprendre dès le jour 1. Que nous ayons été champions de section l’an dernier n’importe plus. C’est terminé. Maintenant, tout le monde veut notre tête parce que nous avons été bons l’an dernier, et ils savent que nous avons une bonne équipe, donc ils voudront rivaliser avec nous.
« Nous ferions mieux d’être prêts. »
\Avec la contribution de la correspondante indépendante NHL.com Heather Engel.*




















