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MONTRÉAL – Fidèle à son habitude, Paul Maurice n’est pas passé par quatre chemins quand il a été confronté à la dure réalité par la question d’un collègue, mardi, au Centre Bell. 

Maintenant qu’ils n’ont mathématiquement plus aucune chance de participer aux séries éliminatoires, qu’ils ont une équipe décimée par les blessures et qu’ils n’ont aucun objectif de développement étant donné l’âge plutôt avancé du noyau de l’équipe, qu’ont-ils à gagner des cinq matchs restants au calendrier?

« La vérité, c’est qu’il n’y a pas grand-chose à tirer de ça », a répondu le vétéran entraîneur.

Pour une équipe qui a participé à la finale trois fois de suite, et qui a remporté la Coupe Stanley au cours des deux dernières années, la chute est assez vertigineuse. À quelques heures de leur 78e match de la saison face aux Canadiens de Montréal, ils montrent une fiche bien modeste de 37-37-3.

Cette dégringolade s’explique assez facilement avec le nombre de blessés que l’on dénombre au sein de la formation. Des 19 joueurs qui ont participé au dernier match de la finale contre les Oilers d’Edmonton, en juin dernier, seulement neuf seront en uniforme face au Tricolore.

La majeure partie des membres du noyau sont à l’infirmerie – Aleksander Barkov depuis le premier jour du camp – tandis que Matthew Tkachuk est rentré en Floride pour assister à la naissance de son premier enfant.

« Il faut ajuster nos attentes selon les ressources qu’on a sous la main, a expliqué Maurice. Si vos attentes ne changent pas quand les ressources changent, vous aurez tendance à dévaluer tout le travail qui a été accompli au sein de cette équipe. Je dois être un peu plus conscient de mon ton et du processus.

« J’aborde les choses comme si on avait une équipe en reconstruction. J’encourage les gars sur ce qu’ils ont fait de bon et je souligne ce qui pourrait être amélioré. Je ne m’attends pas à ce qu’on ressemble à l’équipe que l’on avait au mois de juin, ce soir. »

En attendant impatiemment la fin de cette rare saison de misère, l’accent est donc mis sur la fierté collective et sur des objectifs plus individuels. Avec tous les trous qu’il y a dans cette formation, certains joueurs ont l’occasion de prouver leur valeur aux Panthers, et aussi au reste de la LNH. 

C’est notamment le cas de l’attaquant québécois, A.J. Greer qui est sur les derniers milles de l’entente de deux saisons et 1,7 million $ qu’il avait paraphée en Floride. Il essaie de se servir de ça comme motivation tandis qu’elle se fait plutôt rare depuis que les séries sont hors de portée.

« C’est difficile, surtout à ce moment-ci de l’année, quand tu vois que les équipes commencent à assurer leur place et que tu te retrouves dans des arénas remplis d’énergie, a-t-il avoué. C’est quelque chose qui fait mal. L’important, c’est comment tu rebondis. J’ai confiance que les Panthers vont être capables de bien faire ça.

« Je ne pourrais pas donner une réponse (sur les négociations). Il n’y a pas eu d’action entre nous et l’équipe. Pour moi, c’est de donner tout ce que j’ai dans les prochains matchs. »

FLA@PIT: Greer réduit l'écart de moitié

Des attentes précises

Greer est sans doute l’un de ceux qui ont profité le plus des portes tournantes de l’infirmerie floridienne. Il a obtenu en moyenne près de trois minutes de plus de temps de jeu par match, et vient de connaître la saison la plus productive de sa carrière – 15 buts et 28 points en 73 matchs.

Son style de jeu a cadré avec celui préconisé par les Panthers dès le premier jour, et il a exprimé son désir de prolonger son association avec eux. Mais on sent qu’il a des attentes bien précises quant à son prochain contrat.

« Je veux rester, mais en même temps, j’ai eu l’occasion de jouer de plus grosses minutes dans différentes situations, a-t-il souligné.  J’ai montré ce que j’étais capable de faire. On va voir ce qui va se passer. Offensivement et physiquement, j’ai montré ma valeur sur un troisième trio. C’est là que je veux jouer.

« J’ai hâte, et je suis excité étant donné le succès que j’ai eu cette année. Je suis très content d’être ici. On m’a donné l’opportunité de jouer des minutes de valeur. »