Perreault Smith Leonard badge Lepage

GÖTEBORG, Suède – La question revient souvent au banc de l’équipe américaine. Elle est lancée de façon sarcastique parce que tout le monde connaît trop bien la réponse.

« Chaque fois qu’ils touchent à la rondelle, quelqu’un demande si ces trois-là ont déjà joué ensemble », raconte Lane Hutson en riant.

Ces trois-là, ce sont Gabriel Perreault, Will Smith et Ryan Leonard – trois choix de première ronde au dernier repêchage de la LNH. Ils ont été réunis sur le même trio à leur année d’admissibilité au repêchage, alors qu’ils évoluaient chez les moins de 18 ans du programme de développement de USA Hockey (NTDP).

Ils ont passé cette saison-là à faire mal paraître les brigades défensives et les gardiens adverses. Smith (127) et Perreault (132) ont largement surpassé le cap des 100 points tandis que Leonard (94) a flirté avec cette marque. Ils ont évidemment été les meilleurs pointeurs de leur équipe.

Même chose au Mondial des moins de 18 ans, au printemps dernier. Ils ont tous produit à un rythme supérieur à deux points par match pour guider les États-Unis vers la médaille d’or.

Sans surprise, leurs succès se sont poursuivis à Boston College, cette saison, après qu’ils eurent décidé de poursuivre leur aventure ensemble : ils occupent trois des quatre premiers rangs des pointeurs de l’équipe alors qu’ils n’en sont qu’à leurs premiers pas dans les rangs universitaires américains (NCAA). 

« On joue ensemble depuis un bon bout et on sait exactement ce que les autres vont faire à certains moments, a expliqué Smith. D’avoir en tête les tendances des autres et leur façon de jouer, ça nous aide évidemment à nous trouver partout sur la glace. »

Vous aurez donc compris que l’entraîneur David Carle n’a pas osé démanteler cette combinaison gagnante quand il a pris les rênes de l’équipe américaine en vue du Championnat mondial junior. Après les deux premiers matchs – deux victoires –, les trois complices totalisent cinq points.

« Au camp estival, nous ne les avons pas placés ensemble parce que nous voulions voir la dynamique avec les autres, a expliqué le pilote. Dans un monde idéal, on savait qu’on voulait les réunir, mais on ne peut jamais prédire l’avenir. Avec le succès qu’ils ont à Boston College, c’est devenu une évidence.

« Je suis surpris de l’impact qu’ils ont dès leur première saison. Ce n’est pas une ligue facile et il y a plusieurs joueurs plus âgés qui jouent avec beaucoup d’intensité. Leur production parle d’elle-même. »

Dangereux

Ils n’ont encore rien cassé au Mondial junior, entendons-nous, mais les signes d’une éclosion à venir sont là. Ils n’en sont, après tout, qu’à leur première présence sur cette grande scène – à 18 ans seulement.

Dans une rencontre plutôt ordinaire contre la Norvège, ils ont généré plusieurs chances de marquer et ont été le trio le plus menaçant. Puis, dans le carnage de 11-3 face à la Suisse, ils ont participé à la fête plutôt discrètement au chapitre de la production, mais ils ont rarement joué sans la rondelle.

« Il y a peut-être un peu d’ajustements à faire à cause de la patinoire de dimension internationale, mais pour le reste, ça se passe bien, a affirmé Perreault. On apporte tous quelque chose de différent. Ryan apporte l’implication physique, Will l’intelligence au jeu et moi, je suis un bon mélange des deux. »

Si les États-Unis espèrent répondre aux attentes – l’or ou rien – il est clair que les trois auront un rôle important à jouer. Un peu comme lorsqu’ils ont transporté les leurs jusqu’à la médaille d’or au printemps dernier chez les moins de 18 ans.

Ils sont en plus entourés à merveille par des vétérans de qualité comme Jimmy Snuggerud et Cutter Gauthier. La recette devrait fonctionner, en théorie.

« Quand tu goûtes à l’or une fois, tu veux gagner de nouveau, a conclu Smith. Il n’y a rien de mieux comme sentiment que celui-là. Ce qu’on a fait de bien dans ce tournoi, c’est qu’on a approché chaque match comme celui de la finale. On sait qu’on ne peut prendre aucune équipe à la légère. »

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