Choix de premier tour des Nordiques de Québec au repêchage de 1993, Jocelyn Thibault a disputé 586 matchs au cours de sa carrière de 15 saisons dans la LNH. Il a porté l'uniforme des Nordiques, de l'Avalanche du Colorado, des Canadiens de Montréal, des Blackhawks de Chicago, des Penguins de Pittsburgh et des Sabres de Buffalo, signant 238 victoires. Il a été entraîneur des gardiens de l'Avalanche pendant deux saisons et il est aujourd’hui actionnaire du Phoenix de Sherbrooke dans la LHJMQ. Il collabore depuis plusieurs années avec l'équipe de LNH.com pour traiter des dossiers chauds devant les 32 filets de la Ligue.
« Marco a fait de moi le gardien que je suis aujourd’hui. » Cette déclaration de Jakub Dobes après la victoire contre l’Avalanche du Colorado, jeudi, ne pourrait mieux expliquer la décision prise par l’état-major des Canadiens plus tôt cette semaine.
Mercredi, on apprenait que l’entraîneur des gardiens de but Éric Raymond, en poste depuis la saison 2021-22, était congédié et remplacé par celui qui occupait les mêmes fonctions avec le Rocket de Laval, Marco Marciano.
Plusieurs facteurs entrent en ligne de compte dans une telle décision. D’abord, même si Éric Raymond en était à la dernière année de son contrat, c’est certain que le couperet ne serait pas tombé si Samuel Montembeault et Dobes s’étaient montrés à la hauteur depuis le début de la saison. Ce n’est malheureusement pas le cas, et le CH étant au cœur d’une lutte extrêmement serrée au classement, la direction a pris le pari de procéder à un changement dans l’espoir de créer une étincelle.
Il est tout de même important de souligner le bon travail qui a été fait par Éric Raymond durant son passage au sein de l’organisation. Si les Canadiens ont participé aux séries éliminatoires la saison dernière, c’est en grande partie grâce au rendement des gardiens de but.
Le choix d’amener Marco Marciano allait de soi. Dobes s’est développé avec lui à Laval et il y a assurément une connexion et une connivence que l’état-major ne pouvait pas ignorer. Montembeault et Marciano se connaissent également depuis plusieurs années. Ils se sont côtoyés durant l’été dans le giron de l’Armada de Blainville-Boisbriand à l’époque où Samuel commençait son stage junior, tout juste avant que Marciano ne soit embauché par les Canadiens pour aller travailler comme entraîneur vidéo avec les Bulldogs de Hamilton.
La complicité passée ou présente entre un membre du personnel et les joueurs est quelque chose qui se sait, et les directions des équipes sont sensibles à ça. Les dirigeants vont savoir qu’un joueur ou un gardien aime davantage travailler avec un entraîneur ou un autre – je ne parle pas d’Éric Raymond ici, mais vraiment de façon générale. Ce que je veux dire, c’est que c’est certain que si Dobes a une bonne relation avec Marciano, la direction était au courant.
Ce n’est d’ailleurs pas rare qu’une organisation choisisse d'aller chercher un entraîneur des gardiens ailleurs, parce qu’on sait que celui-ci a un historique avec un des gardiens en place. Je l’ai moi-même déjà fait à Sherbrooke à un certain moment. Notre gardien Evan Fitzpatrick, un choix de deuxième ronde des Blues de St. Louis en 2016, connaissait toutes sortes de difficultés. J’avais donc engagé son ancien entraîneur des gardiens avec qui il avait travaillé dans les Maritimes dans le but de le relancer. Ce n’est pas d’hier que ce genre de décisions se prennent.
Chaque entraîneur des gardiens a son approche. Certaines équipes ont maintenant un département des gardiens plus étoffé. Je prends la Floride à titre d’exemple, où François Allaire est à la tête du département. Il y a un organigramme à travers l’organisation, et les entraîneurs, au bas de la pyramide, si on peut le dire ainsi, vont suivre la ligne de parti qui a été mise en place. Mais au final, c’est l’entraîneur des gardiens qui va établir sa relation avec ses athlètes.
Des performances rassurantes
On ne peut évidemment pas parler de « l’effet Marco Marciano » pour expliquer les deux derniers départs de Dobes. D’ailleurs, Marciano aurait simplement dit à Dobes avant le match contre l’Avalanche : « aie du plaisir ». C’est exactement ce que je lui aurais dit si j’avais été dans la même situation. Un entraîneur qui vient tout juste d’arriver ne commencera pas à tout chambarder 24 heures après son embauche.
Face à Vegas et au Colorado, on a vraiment vu un gardien plus en contrôle. Dobes a sorti de gros arrêts difficiles à réaliser, ses poussées sur les jeux transversaux étaient excellentes, ses lectures de jeu étaient bonnes, il se laissait moins glisser sur ses patins.


















