Joshua Roy Lepage

BROSSARD - Il serait très optimiste, voire fort audacieux, de penser que Joshua Roy aura le même impact qu'à ses deux dernières saisons avec le Phoenix de Sherbrooke dès sa première campagne chez les professionnels dans l'organisation des Canadiens de Montréal.

L'attaquant québécois a complètement dominé la compétition en amassant pas moins de 218 points, dont 97 buts, à ses 121 dernières rencontres dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec - une moyenne de 1,80 point par match. La réalité risque d'être différente, maintenant qu'il doit gravir un nouvel échelon.

« Je suis rendu là dans mon développement, a dit Roy au camp de développement, lundi. J'ai travaillé fort cette année et ce camp est une bonne façon de voir où j'en suis rendu. […] J'y vais étape par étape, et je ne pense pas vraiment à l'endroit où je jouerai (Montréal ou Laval). »

La bonne nouvelle, c'est qu'autant le principal intéressé que l'organisation sont prêts à prendre le temps qu'il faudra pour amener le choix de cinquième ronde en 2021 à atteindre la grande ligue. Ce ne sera peut-être pas cette année, ni même la suivante, mais on ne voudra assurément pas sauter d'étapes.

« J'entrevois la situation avec de la patience. C'est important d'en avoir quand tu as plusieurs jeunes joueurs qui vont arriver chez les pros », a fait valoir l'entraîneur-chef du Rocket de Laval, Jean-François Houle, lorsque questionné au sujet de Roy et de Riley Kidney, un autre espoir qui fera le saut la saison prochaine.

« Oui, ils vont faire des erreurs et c'est correct. Ils sont là pour apprendre, et nous on est là pour les aider. Je pense que c'est la bonne façon d'approcher ça en leur donnant l'occasion d'essayer des choses. »

Roy a déjà eu la chance d'en essayer, cette année. Plutôt que de l'utiliser dans un rôle purement offensif au Championnat mondial junior, Roy s'est retrouvé sur un troisième trio avec des missions défensives et du temps de jeu en désavantage numérique, et il a relevé le défi haut la main.

Bien qu'on l'ait découvert sous un autre visage, il a aussi été en mesure de se faire valoir offensivement avec sa récolte de 11 points, dont cinq buts, en sept matchs pour aider le Canada à décrocher la médaille d'or.

« Ça fait longtemps que je sais que je dois améliorer mon jeu défensif, et j'ai prouvé au Mondial junior que j'étais capable de le faire, a souligné le Beauceron de 19 ans. Il me reste encore de grosses étapes à franchir si je veux monter au prochain niveau. […] Dans la Ligue américaine, tout le monde est aux portes de la LNH et veut faire sa place. »

Après avoir disputé un petit match avec le Rocket lors des séries éliminatoires de 2022 et s'être entraîné avec l'équipe pendant ce parcours, Roy a une légère longueur d'avance sur ses homologues à ce stade-ci de la nouvelle saison.

« C'est de l'expérience, comme dans n'importe quel domaine, a fait valoir Houle. Quand tu as la chance de vivre quelque chose avant les autres, tu apprends des choses et ça se voit ensuite dans ton jeu. »

Le véritable test s'amorcera toutefois quand toute cette belle bande sera de retour en ville pour le camp des recrues - et le vrai camp d'entraînement - à la fin de l'été.