Gorton Deschambault

À 24 heures du début du repêchage 2025, les Canadiens de Montréal détiennent toujours les 16e et 17e sélections. Ça ne veut toutefois pas dire que ce sera toujours le cas lorsque la première ronde se mettra en branle vendredi au Peacock Theater de Los Angeles (19h HE; TVAS, SN, ESPN).

« Nous avons eu des conversations pour améliorer notre rang, ainsi que pour reculer dans l’ordre de sélection », a indiqué le président des opérations hockey Jeff Gorton au cours d’une rencontre avec les médias montréalais à la veille du repêchage. « Tout est une question de coût. Pour le moment, nous parlons aux 16e et 17e rangs, et nous serions heureux de le faire.

« Il y a toutefois des joueurs parmi les 10 premiers que nous aimons beaucoup, et si l’occasion se présente, nous pourrions tenter de nous faufiler là, ou encore de grimper de quelques rangs seulement. Nous allons tout évaluer. Il s’agit d’une cuvée très décente avec des joueurs de qualité. »

Comme c’est toujours le cas à ce moment-ci de l’année, la machine à rumeurs s’emballe, surtout dans un marché comme Montréal. Si Gorton reconnaît que les discussions sont nombreuses parmi ses homologues, il souligne que ça joue du coude aux quatre coins de la ligue pour dénicher les meilleures transactions.

« Il y a beaucoup de compétition pour réaliser certaines choses, a indiqué Gorton. Il y a plusieurs équipes qui possèdent plus d’un choix de première ronde, et quelques-unes de ces équipes tentent aussi d’améliorer leur sort. »

Parmi les formations qui parleront plus d’une fois au premier tour, on retrouve les Flyers de Philadelphie (6e, 22e et 31e choix), qui ont déjà envoyé un signal que la reconstruction passait à la vitesse supérieure en faisant l’acquisition de l’attaquant Trevor Zegras lundi. Les Sharks de San Jose (2e et 30e), les Blackhawks de Chicago (3e et 25e), les Predators de Nashville (5e et 23e), les Penguins de Pittsburgh (11e et 12e), les Blue Jackets de Columbus (14e et 20e) et les Flames de Calgary (18e et 32e) possèdent également deux sélections de premier tour pour le moment.

« Il y a plusieurs équipes qui tentent vraiment de franchir la prochaine étape, alors il y a probablement moins de vendeurs qu’à l’habitude à ce moment-ci de la saison, a poursuivi Gorton. C’est donc très compétitif sur le marché, mais il y a quand même plusieurs conversations qui se tiennent. »

Un facteur qui explique l’intérêt de plusieurs équipes d’ajouter des renforts à leur formation est que le plafond salarial subira une forte hausse le 1er juillet, ainsi qu’au cours des deux prochaines années. Les DG de la ligue se retrouvent donc avec une plus grande marge de manœuvre pour dépenser.

Après plusieurs années de gel ou de faible augmentation en raison de la pandémie de COVID-19, le plafond salarial va faire un bond de 7,5 millions $ pour la saison 2025-26 pour s’établir à 95,5 millions $. Selon les projections, il passera ensuite à 104 millions $ en 2026-27 puis à 113,5 millions $ en 2027-28.

« Nous voyons généralement des équipes qui tentent de bouger des salaires afin de pouvoir réaliser certaines choses, mais nous le voyons vraiment moins cette année, a noté Gorton. Plusieurs équipes ont le sentiment qu’elles peuvent faire un coup d’éclat au cours des prochains jours, et ça crée une certaine congestion. »

Dans de telles conditions, l’important pour Gorton n’est pas d’améliorer l’équipe à tout prix à très court terme, mais plutôt de ne pas prendre de décisions que l’équipe pourrait regretter plus tard.

« Les prochains jours seront importants pour nous, a-t-il reconnu. Mais il ne faut pas faire quelque chose de stupide.»

« Nous voulons améliorer notre équipe, mais il ne faut pas faire l’erreur d’acquérir un joueur qui ne cadre pas avec notre échéancier, ou qui ne cadre pas dans notre vestiaire. Ce serait au moins aussi mauvais que de ne rien faire. »

Toujours un œil sur le Québec

Gorton a eu à répondre à l’éternelle question sur l’importance pour l’équipe d’ajouter à du talent local à l’organisation. Cette saison, trois espoirs du Québec pourraient être sélectionnés en première ronde : Caleb Desnoyers des Wildcats de Moncton, Justin Carbonneau de l’Armada de Blainville-Boisbriand et Bill Zonnon, échangé des Huskies de Rouyn-Noranda à l’Armada il y a quelques semaines.

Carbonneau, répertorié au 16e rang des patineurs nord-américains par le Bureau central de dépistage de la LNH, devrait notamment être appelé vers le milieu de la première ronde, là où le Tricolore parlera deux fois si rien ne change.

« C’est excitant que le Québec mise sur des joueurs de premier plan cette année, peut-être un peu plus que lors des derniers repêchages, a lancé Gorton. Nous ne ressentons toutefois pas de pression supplémentaire de repêcher ces joueurs. Nous aimons notre équipe, et si vous regardez les formations et les personnels d’entraîneurs à Montréal, Laval et même Trois-Rivières, nous misons sur beaucoup de Québécois.

« Nous n’allons pas sélectionner un joueur uniquement en raison de l’endroit où il est né. Je travaillais pour les Bruins, et c’était la même chose. Tout le monde voulait nous voir réclamer des joueurs natifs de Boston, et nous ne le faisions pas là-bas non plus. Ce serait un désavantage pour notre équipe. Nous aimerions toutefois évidemment miser sur plusieurs très bons Québécois. »

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