Rick Bowness CBJ

Rick Bowness était sur son bateau en Floride lundi quand les Blue Jackets de Columbus lui ont offert la chance de sortir de la retraite et de diriger l'équipe à l’âge de 70 ans. Il en a parlé avec sa femme Judy et il a accepté le poste dès lors, sur l’eau.

« Nous sommes heureux, a-t-il dit avec le rire qui fait sa marque de commerce. Nous sommes soulagés d’être de retour. »

Naturellement, plusieurs questions se posent : qu’est-ce qui a changé depuis qu’il s’est retiré à titre d’entraîneur-chef des Jets de Winnipeg le 6 mai 2024? A-t-il encore l’énergie pour refaire le saut dans la LNH? Peut-il aider les Blue Jackets à revenir au plus fort de la course pour une place en séries éliminatoires cette saison? Quel est le plan ensuite?

Bowness et le directeur général Don Waddell ont fait un survol de la situation dans une conférence de presse avant la visite des Flames de Calgary au Nationwide Arena, mardi (19 h HE; FDSNOH, SNW).

Personne n’a passé plus de temps que Bowness derrière un banc de la LNH – 2726 matchs au total. Ça inclut 802 matchs en tant qu’entraîneur-chef, guidant sept équipes à une fiche combinée de 309-408-37 et 48 verdicts nuls.

Après l’élimination des Jets par l’Avalanche du Colorado dans le match no 5 de la série de premier tour le 30 avril 2024, Bowness a dit à son équipe qu’il avait fait son temps. Il a annoncé sa retraite quelques jours plus tard.

« Je savais, au fond de mon cœur, que le temps était venu », avait-il déclaré à l’époque.

La raison principale était la santé. Bowness s’était absenté pour 11 matchs cette saison-là après que sa femme eut été opérée à la suite d’une crise d'épilepsie.

« Sans les problèmes de santé, je n’aurais pas remis ma démission, a-t-il dit. La passion est encore là, mais nous devions surmonter quelques embûches – je n’entrerai pas dans les détails à ce sujet. Ces problèmes ont été réglés au cours de la dernière année et demie. Je me sens beaucoup mieux. Judy va très bien. Alors la porte s’est ouverte à nouveau. »

Bowness a raconté qu’il était heureux en Floride à voir régulièrement ses enfants et à travailler pour le réseau TNT, mais que sa femme s’ennuyait de la LNH encore plus que lui.

« Elle me demandait toujours ce qui allait se passer si l’appel venait, a-t-il raconté. Je lui disais que personne n’appellerait. Mais nous nous disions que nous allions devoir considérer l’offre si une occasion se présentait. »

Quand Bowness a reçu un message texte de Waddell lundi, il pensait que le DG voulait s’enquérir à propos d’un joueur qu’il avait déjà dirigé. Mais tel n’était pas le sujet.

Columbus (19-19-7) se trouvait au dernier rang dans l’Association de l’Est, à sept points de la deuxième place de quatrième as. Les Blue Jackets avaient encore 12 matchs à jouer avant la pause des Jeux olympiques de Milano Cortina 2026, dont huit à domicile.

Waddell a parlé d’un « moment critique ». S’il en venait à remplacer l’entraîneur Dean Evason, c’était le moment. Waddell a pensé à Bowness en se disant qu’il était exactement ce dont les Blue Jackets avaient besoin.

« Tu ne peux pas trouver quelqu’un qui possède plus d’expérience, a justifié le DG. L’imputabilité et la structure qu’il va nous apporter seront bien accueillies par nos joueurs, et il est un excellent communicateur. »

Bowness soutient qu’il n’y avait qu’une poignée d’équipes pour lesquelles il aurait accepté de sortir de la retraite. Columbus en faisait partie, car il connaît bien Waddell et parce qu’il est convaincu que l’équipe est meilleure que le démontre sa fiche.

Le nouveau pilote a aussitôt parlé des buts contre, des tirs accordés, de l’infériorité numérique, des chances de qualité offertes dans l’enclave et des contre-attaques accordées à l’adversaire comme étant les éléments problématiques.

« Ce ne sont plus les années 80 », a dit Bowness, qui a joué 173 matchs dans la LNH au centre de 1975 à 1982 et qui est arrivé derrière un banc dans la Ligue en 1984-85. « Tu ne fais pas ton chemin vers les séries en marquant des buts. Tu fais ton chemin en défendant. L’attaque vient en jouant de façon solide défensivement.

« Mais ça prend un concept défensif d’équipe, dans lequel tout le monde est engagé. Nous allons donc tenter de faire en sorte que tout le monde s’implique davantage défensivement. Il y a quelques changements structurels que nous pouvons instaurer, et c’est ce que nous allons faire. »

C’est ce qui importe dans le moment présent.

« Nous allons conclure cette saison, a dit Waddell. Nous nous assoirons ensuite à la fin de la saison pour discuter de la façon dont les choses se sont passées et des décisions à prendre pour la suite. »

Ce sera peut-être très positif. Bowness s’est souvenu de son arrivée avec les Jets le 4 juillet 2022, à l’âge de 67 ans.

« Quand je me suis rendu à Winnipeg, j’en étais à un point où je pensais que mon temps était fait. Puis, ils m’ont contacté. C’était le même scénario, a-t-il rappelé. Ils ont des propriétaires et une équipe de gestionnaires remarquables. J’ai adoré travailler avec ces gens-là, et ils ont une bonne équipe. […]

« Comme je l’avais dit aux joueurs [à Winnipeg], “Écoutez, je ne suis pas à la recherche d’un travail après ceci. J’arrive ici et je vais faire tout ce qui doit être fait. Je ne suis plus un entraîneur de 30 ans qui se soucie de sa carrière. J’en suis à mes derniers milles, et je le sais.” Ce sera la même approche ici.

« Une personne qui pense à l’an prochain n’a pas la bonne approche. Tout ce qui importe est la saison en cours. Tout ce qui importe est le match de ce soir et le prochain. Les choses vont s’arranger d’elles-mêmes l’année prochaine, et je ne me préoccupe pas du tout de cela. J’arrive en ayant la mentalité que nous devons vivre dans le moment présent, nous concentrer sur aujourd’hui pour ensuite nous concentrer sur demain.

« J’ai l’énergie pour faire tout ça, et toute mon attention y sera. »

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