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MONTRÉAL- Ce ne sont pas tous les gendres qui aimeraient vivre en confinement avec leur beau-père. Heureusement pour Brad Malone, la vie avec Kirk Muller est plutôt agréable.

Ça parle de hockey en masse en tout cas dans la maisonnée des Muller, à Kingston, en Ontario.

Malone, de l'organisation des Oilers d'Edmonton, est le conjoint de Bryelle Muller, une des filles de l'entraîneur associé des Canadiens de Montréal.

Malone et son beau-père passent beaucoup de temps à visionner de vieux matchs qu'on rediffuse à la télévision depuis que la LNH est en pause, le 12 mars.

Muller a d'ailleurs revu avec grand plaisir et fierté le parcours des Canadiens vers leur 24e conquête de la Coupe Stanley. Un parcours dans lequel il a eu son grand mot à dire en 1993.

« C'est le 'fun'. Je suis assis chez moi à Kingston et je peux revoir des matchs des séries 1993 et de la Finale contre les Kings de Los Angeles, a-t-il souligné. C'est une première, je ne l'avais jamais fait avec mes filles. C'est une occasion de revenir sur le passé et d'évoquer des souvenirs qui étaient enfouis dans nos mémoires. »

Muller a pu revisiter la réalisation d'un rêve d'enfance, soit celui d'avoir réussi le but gagnant de la victoire finale du Tricolore dans le cinquième match de la série face aux Kings.

« C'est le rêve de tous les enfants qui grandissent au Canada, de marquer le but qui donne la Coupe Stanley à son équipe, et c'est arrivé pour moi. J'ai réalisé mon rêve d'enfance. D'avoir marqué le but au Forum, devant ma famille et les partisans des Canadiens, je ne peux pas penser à des moments plus mémorables que celui-là. Je me trouve actuellement dans mon bureau et je peux voir des gants et d'autres objets qui me rappellent ce grand moment. Je ne suis pas un collectionneur, mais j'ai vu à les conserver. »

Avec Malone, un attaquant de soutien âgé de 30 ans dont le prochain match sera son 200e dans la LNH, Muller a dit qu'il pousse la réflexion des visionnements des matchs d'époque sur plusieurs aspects du jeu.

« C'est amusant de revoir les matchs avec ma famille et un joueur actuel, et de comparer le style de jeu des deux époques, a-t-il noté. Nous avons des discussions intéressantes, Brad et moi. Il m'apporte l'éclairage d'un joueur actuel. »

Quand il n'est pas à occuper son temps libre à faire des travaux de paysagement sur son terrain ou à jouer avec ses petits-fils, il continue de s'acquitter de ses tâches chez le CH. Il a dit qu'il ajoute à ses compétences d'entraîneur en participant à des séminaires.

« Le hockey a beaucoup progressé, quand on regarde des matchs des années 1970, 1980 ou 1990, mais on ne réinvente pas la roue, a-t-il avancé. Il faut garder l'esprit ouvert et faire les ajustements nécessaires. J'évolue dans le hockey depuis plus de trois décennies et j'apprends toujours. La pause me permet de le faire. Je m'intéresse particulièrement aux séminaires sur les façons de travailler avec la nouvelle génération de joueurs. C'est la clé, selon moi. Les entraîneurs doivent évoluer avec la nouvelle génération, sinon ils prennent du recul. »

Muller a également dit plancher sur le jeu de puissance des Canadiens, qui est un des meilleurs de la Ligue à l'étranger (24,7 pour cent, troisième), et le pire à domicile (12,4 pour cent).

« Nous avons du bon personnel. La perte de Jonathan Drouin en novembre nous a affectés. La question est de savoir pourquoi nous avons été le meilleur jeu de puissance à l'étranger pendant une grande partie de la saison, mais un des plus mauvais chez nous, a-t-il soulevé. Sur la route, nous gardons les choses simples. Nous pensons davantage à tirer vers le but. Notre manque de réussite au Centre Bell représente un grand obstacle. Nous devons apprendre à simplifier les choses comme nous le faisons sur les patinoires adverses. »

Muller met même à profit les connaissances de Malone, qui côtoie les Connor McDavid et Leon Draisaitl chez les Oilers, en plus d'être un spécialiste de l'infériorité numérique.

« Quand on décortique l'attaque massive des Oilers, on réalise que les cinq joueurs sur la glace constituent une menace constante, a-t-il avancé. C'est ce vers quoi nous devons tendre également. De cette façon, nos adversaires ne pourraient pas centrer leurs efforts qu'à empêcher Shea Weber de tirer. Ça revient à simplifier les choses et à mieux travailler en unité de cinq. »

Pour ce qui est d'une éventuelle reprise des activités, Muller a préféré ne pas se compromettre.

« Je me prépare pour toute éventualité et, si on nous demande de recommencer, je serai prêt, a-t-il mentionné. Il y a des choses beaucoup plus importantes que le hockey en ce moment. J'ai appris dernièrement que l'ancien médecin des Devils du New Jersey, que j'ai côtoyé pendant sept ans à mes débuts dans la LNH, était décédé du coronavirus. J'ai tenté d'obtenir plus d'informations, mais je n'ai pas su s'il travaillait au front dans un hôpital quelque part. »