BOSTON – C’était lors du quatrième match de la saison, quand il a marqué son deuxième but de la rencontre, que la tension a commencé à diminuer, que Dean Letourneau a commencé à voir la lumière au bout du tunnel.
C’était lui. C’était son identité. Il pouvait jouer de cette façon.
« Je savais que ce n’était pas un coup de chance et que je venais de retrouver ma confiance. L’offensive a suivi par la suite », a raconté Letourneau, la semaine dernière, pendant le camp de perfectionnement des Bruins de Boston au Warrior Ice Arena. « À partir de ce moment, je savais que j’étais de retour. Et j’ai maintenu le rythme pour le reste de la saison. »
Choix inattendu de premier tour (25e) au repêchage 2024, Letourneau avait fait le saut à Boston College en 2024-25, quittant l’école ontarienne St. Andrew’s (prep school) plus rapidement que prévu. Malheureusement, la décision n’a pas joué en sa faveur.
À sa première saison dans la NCAA, l’attaquant de 6 pieds 7 pouces n’a pas inscrit un seul but, alors que tous les regards étaient tournés vers lui, et il n’a amassé que trois petites passes en 36 matchs. Plusieurs ont alors remis en question le choix des Bruins de l'avoir sélectionné en première ronde.
Mais le scénario fut fort différent lors de sa deuxième saison. Une passe à son deuxième match, un but à son troisième, puis une soirée d’un but et une aide à sa quatrième sortie.
« Ça commençait à devenir plus naturel, a admis Letourneau. Ça ne se passait pas comme à ma première saison, alors je me sentais de mieux en mieux à mesure que l’année avançait. Les buts et les points me donnaient des sensations. C’est un sentiment génial. »
À la fin de la saison 2025-26, Letourneau occupait le deuxième rang de son équipe au chapitre des points (39) avec 22 buts et 17 passes en 36 rencontres. Il a marqué un seul but de moins que l’attaquant James Hagens, l’un des meilleurs espoirs des Bruins, qui trônait au sommet de Boston College avec 47 points.
Letourneau a récupéré son statut d’espoir intrigant et a surtout regagné sa confiance en tant que joueur de hockey.
« La saison recrue a représenté un énorme saut pour lui. Sauter l’étape du hockey junior n’est plus quelque chose qu’on voie souvent aujourd’hui, a mentionné l’entraîneur à Boston College, Greg Brown. Passer de l’école préparatoire canadienne à jouer contre des gars plus vieux, plus forts et plus rapides a demandé quelques ajustements.
« À l’entraînement, on voyait les habiletés et le sens du hockey qui ne se transposaient pas vraiment dans les matchs à sa première saison. Mais on savait que ça finirait par être le cas. »
L’équipe gardait espoir. Letourneau gardait espoir.
Ils ont été récompensés.
« Il faut donner du crédit à Dean, il a travaillé extrêmement fort pendant l’été pour devenir plus fort et plus rapide. En ajoutant ces éléments, il est revenu pour sa deuxième année, et les choses que nous avions vues en lui ont commencé à transparaître, a noté Brown. Avec la force musculaire qu’il a ajoutée, il a été en mesure de prolonger la durée des jeux, de mieux protéger les rondelles, d’être plus rapide en zone neutre. C’était une transformation complète par rapport à la première année, et il faut donner le crédit à Dean. »
Maintenant âgé de 20 ans, Letourneau s’est présenté au camp de perfectionnement des Bruins à 6 pieds 7 pouces et 235 livres. Il était un monstre, tant au niveau du gabarit que de l’impact qu’il a su avoir. Il s’est démarqué sur la glace, ses habiletés étaient apparentes, son maniement de rondelle était impressionnant.
Il semblait être le genre d’espoir, à l’instar de Hagens la saison dernière, qui pourrait faire ses débuts dans la LNH d’ici la fin de la prochaine saison – alors que plusieurs, un an plus tôt, étaient prêts à le classer dans la catégorie des mauvais paris pris par Boston.
« Il a fait des progrès dans chaque facette du jeu, a affirmé le directeur du développement des joueurs des Bruins, Adam McQuaid. Je pense qu’il était simplement plus accoutumé au rythme du hockey universitaire. […] Je lui donne énormément de crédit parce qu’il est demeuré confiant et qu’il a continué de croire en ses moyens.
« Il est arrivé en ayant de grandes attentes envers lui-même et il a connu une très bonne année. L’aspect le plus important était qu’il tire davantage profit de son gabarit. C’est ce qu’il a fait, et il a appris à jouer plus rapidement. Il devient plus fort et plus rapide – ce sont des apprentissages normaux pour un jeune homme de son âge. »
La déception et la frustration de cette première saison se sont estompées, tout comme l'idée d'un transfert qu'il avait brièvement envisagée en raison des difficultés rencontrées. Il a plutôt commencé à comprendre que tout ça pourrait en fait l’avoir aidé à mettre l’accent sur les facettes à travailler. Il a notamment mis les bouchées doubles défensivement, ce qui a mené Brown à lui faire davantage confiance pour des missions défensives et à lui offrir plus d’occasions de se faire valoir offensivement.
Certes, il y a encore du travail à faire. La protection de la rondelle, la pression en zone offensive et la capacité à générer plus de chances de marquer en partant du coin pour foncer au filet sont des exemples cités par le principal intéressé.
La dernière facette en est une primordiale dans la structure des Bruins – et de Boston College. Avec un tel physique, sauter sur les retours, voiler la vue du gardien, faire des déviations et créer de l’espace pour ses coéquipiers deviennent essentiels.
Idem pour Hagens.
Letourneau a assisté au premier match à domicile de Hagens à Providence, dans la Ligue américaine, et était sur place pour son deuxième match dans la LNH, le 14 avril au TD Garden contre les Devils du New Jersey.
C’était, possiblement, un aperçu de son propre avenir, lequel semble soudainement beaucoup plus accessible qu’au même point l’an dernier. Tellement que Letourneau a brièvement considéré l’option de faire le saut chez les professionnels en 2026-27.
Mais il a finalement opté pour un retour dans la NCAA pour une autre saison. La LNH viendra en temps et lieu.
« J’ai le sentiment d’être un peu plus près de l’objectif, a dit Letourneau. Je me sens davantage prêt pour la prochaine étape. Le but est de retourner à Boston College et de connaître une saison dominante. On verra ce qui arrivera ensuite. »





















