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LAS VEGAS - Adin Hill n'était pas certain d'avoir bien compris la question. On ne peut pas lui en vouloir, elle provenait de l'arrière du troupeau de dizaines de journalistes amassés autour de son casier, dans un racoin du vestiaire des Golden Knights de Vegas.

« Vous parlez de quoi? De l'arrêt? », a poliment demandé le gardien.

Oui, de l'arrêt. Celui qui mériterait presque qu'on l'écrive avec une lettre majuscule, comme un nom propre, tellement on n'a pas fini d'en parler. Surtout si les Knights parviennent à signer les trois autres victoires qui les séparent désormais de la Coupe Stanley, après ce gain de 5-2 face aux Panthers de la Floride, samedi.

Un gain qu'ils n'auraient peut-être pas signé si Hill avait cédé devant Nick Cousins avec 50 secondes d'écoulées à la deuxième période. C'était 1-1 quand le gardien s'est étiré de tout son long pour stopper le disque avec le bout de son bâton et sauver les meubles de façon spectaculaire.

FLA@VGK, #1: Hill vole Cousins avec le bâton!

Alex Pietrangelo a ensuite aidé son gardien sur le retour, puis 10 minutes plus tard, Shea Theodore procurait aux Golden Knights leur première avance du match.

« C'était un arrêt incroyable à un moment très important du match, a analysé Mark Stone, qui a inscrit le quatrième but des siens. Ç'a changé le rythme du match, j'ai senti le banc énergisé ensuite. Ça nous a ouvert les yeux parce que nous ne jouions pas notre meilleur hockey. Ç'a fait tourner les choses en notre faveur. »

Les Panthers ont éventuellement créé l'égalité, mais ils n'ont jamais été en mesure de reprendre la priorité après avoir inscrit le premier but de la rencontre. C'est un peu l'effet assommoir que peut avoir un arrêt aussi miraculeux réalisé à un moment aussi charnière.

Jonathan Marchessault peut en témoigner. L'attaquant québécois a immédiatement revu l'arrêt que Braden Holtby avait réussi face à Alex Tuch lors du deuxième match de la finale entre les Knights et les Capitals de Washington, en 2018. C'était aussi au T-Mobile Arena, devant le même filet.

De la même façon qu'Hill, le gardien des Caps avait préservé l'avance de 3-2 des siens en toute fin de deuxième match pour permettre aux siens de niveler les chances dans la série. Les Golden Knights n'avaient plus gagné un seul match dans cette finale.

On ne dit pas que c'est le sort qui attend les Panthers, mais c'est du moins ce qui a contribué à leur couper les jambes en lever de rideau. On verra bien s'ils s'en tireront mieux que l'édition 2018 des Knights.

« C'était exactement pareil, a relevé l'attaquant québécois. Ç'a été un tournant en 2018, et ç'en était un autre ce soir. Adin a été excellent pour nous depuis qu'il est rentré dans les séries. C'est un gars qui n'abandonne pas et qui travaille fort. C'est la mentalité qu'on a dans notre équipe. »

Déjà de l'animosité

On était curieux de voir comment Hill, un portier avec très peu d'expérience, réagirait lorsqu'il se ferait déranger par les pugnaces attaquants des Panthers. On a eu notre réponse avant même qu'il y ait 10 minutes de jouées dans la série. Il répond par la bouche de ses canons.

Poussé par Sam Bennett après un coup de sifflet, le gardien s'est relevé et lui a asséné un coup de bouclier. À l'autre bout de la patinoire, Sergei Bobrovsky s'est avancé de quelques mètres pour tenter de lui passer un message.

« S'ils décident de venir dans mon demi-cercle et de me bousculer, je vais protéger mon territoire, a-t-il répondu. Je ne ferai rien de stupide, mais je ne me laisserai pas faire. »

C'est un peu ce que ses coéquipiers ont fait tout au long de la soirée quand les Bennett, les Matthew Tkachuk et les Radko Gudas ont joué du bâton et leur ont distribué quelques taloches pour tenter d'entrer dans leur tête. Ils se sont défendus, mais n'en ont pas ajouté. Ça fait partie du plan de match.

« On veut s'assurer de jouer entre les sifflets, a conclu Marchessault. On ne veut pas se faire mettre dans la m… avec les cochonneries après le sifflet. […] Quand on réplique, ça les agite et ça les excite. Avec des agitateurs comme ça, il ne faut pas embarquer dans leur game. Il faut garder notre calme. »