Perron était bien loin de chez lui mais un vétéran à l’attitude bienveillante faisait tout en son possible pour qu’il ne se sente pas trop seul.
Ce vétéran, c’était Keith Tkachuk.
Tkachuk ouvrait très souvent les portes de sa maison à ses jeunes coéquipiers.
«Parfois, quelques joueurs allaient manger chez les Tkachuk. Parfois, j’y allais seul, se remémore l’attaquant québécois. Quand j’étais assis à table, il m’arrivait de faire des calculs. Je me rendais bien compte qu’il y avait une moins grande différence d’âge entre les enfants de Keith et moi.»
Quand le repas était terminé, Perron ne se sentait donc pas trop mal d’aller au sous-sol avec les jeunes Matthew, Brady et Taryn pour s’amuser un peu.
«On jouait de gros matchs de mini-hockey», raconte Perron.
De gros matchs?
«Avec les garçons, ça jouait déjà très dur dans les coins.»
Perron se permet d’insister, sur ce sujet. Si les frères font aujourd’hui partie des attaquants en puissance les plus respectés dans la LNH, c’est qu’ils ont appris très tôt à jouer de la bonne façon.
«C’était fou! Matthew et Brady, ensemble, ça n’avait aucun sens! Quand j’allais chez eux, ce que j’aimais, c’était de baigner dans une véritable ambiance de hockey. Ce n’était pas du tout négatif. Chez les Tkachuk, on avait du fun! Il y avait des chandails encadrés sur les murs. Le sous-sol, c’était pour les matchs de mini-hockey. Les fins de semaine étaient dédiées au hockey mineur. Keith était un vrai passionné de hockey. Il parlait de hockey tout le temps! Je me souviens que Keith pouvait se montrer dur envers les jeunes parce qu’il tenait à ce qu’ils jouent de la bonne façon. Il voulait qu’ils soient des attaquants en puissance et c’est exactement ce qu’ils sont devenus aujourd’hui.»
Les souvenirs de Brady sont similaires.
Il sourit, par exemple, lorsqu’on lui parle de mini-hockey.
«Nous avons fait beaucoup de trous dans les murs de la maison de mes parents! Lorsque des ouvriers venaient faire des réparations, on se dépêchait de faire de nouveaux trous», rigole-t-il.
«Je crois que DP venait nous rendre visite plus souvent que les autres joueurs des Blues», ajoute Brady, tout en précisant que le jeune attaquant québécois ne se contentait pas de jouer au hockey avec les enfants Tkachuk. «Il jouait aux jeux vidéo, aussi. Un jour, mon père a essayé de se joindre à nous, mais on a beaucoup ri de lui parce que c’était la première fois qu’il essayait et qu’il n’était vraiment pas très doué.»
«Je me souviens d’avoir voyagé avec DP pour assister au Match des étoiles de 2009 à Montréal. Mon père participait au Match des étoiles et DP était là pour le match des jeunes étoiles. C’est un beau souvenir.»