Jake Sanderson et Brady Tkachuk souhaitaient vraiment se concentrer sur la tâche qu’ils devaient accomplir avec leur équipe de la LNH. Ils ne voulaient pas trop se laisser distraire par les Jeux olympiques et tout ce que ça implique.
Parfois, il était impossible d’y échapper.
Les Sénateurs passent beaucoup de temps à voyager dans les grandes villes américaines. Dans le dernier mois, ils ont visité Salt Lake City, Denver, New York, Détroit, Columbus, Nashville, Pittsburgh, Raleigh et Philadelphie. Dans toutes cette ville, ils ont croisé des fans de hockey, fiers et excités, qui voulaient discuter du tournoi international qui approche à grands pas.
« Ça ne se limite pas aux partisans », intervient Tkachuk. « En Caroline, en quittant l’aréna, j’ai croisé au moins six personnes qui m’ont souhaité bonne chance aux Jeux. Dans le groupe, il y avait des employés de l’aréna, mais aussi un gardien de sécurité et un policier. C’était complètement fou. »
Le capitaine croise les mêmes gens chaque fois qu’il se déplace dans l’aréna, lorsque les Sénateurs visitent Raleigh. Ils n’ont pas l’habitude de l’arrêter pour discuter.
« Je ne m’attendais pas à ce que tous ces gens s’intéressent à ce point à nos succès. Je ne vais pas vous mentir. Je commence à avoir très hâte aux Jeux. »
L’attente a suffisamment duré. Les États-Unis entameront leur tournoi ce jeudi à 15 h 10 (HNE), en croisant le fer avec la Lettonie au Milano Santagiulia IHO Arena. Ils affronteront ensuite le Danemark — avec Lars Eller — et l’Allemagne — avec Tim Stützle — avant la conclusion de la ronde préliminaire.
La conversation avec Tkachuk se déroulait dans le lobby de l’hôtel où logeaient les Sénateurs à Philadelphie, à la veille du dernier match de l’équipe précédant la pause olympique.
Jake Sanderson était assis aux côtés de son compatriote. En tant que futur membre de l’équipe olympique américaine, lui aussi avait des anecdotes à raconter.
« Pas plus tard qu’hier, en quittant notre hôtel, je suis tombé sur un groupe d’enfants qui voulaient des autographes. Ils m’ont dit qu’ils étaient des fans de l’équipe nationale américaine. Ils m’ont promis qu’ils allaient regarder tous nos matchs durant les jeux », dit Sanderson. « Je pense comme Brady. Nous nous apprêtons à vivre quelque chose qui est bien plus grand que nous. »
Tkachuk et Sanderson étaient fébriles, à quelques heures du grand départ. Puisque les Sénateurs avaient connu du succès dans les dernières semaines remportant quatre de leurs cinq parties précédentes, ils pouvaient commencer à penser à la grande expérience qui approchait.
Sans trop savoir à quoi ressemblerait l’ambiance en Italie, les deux joueurs pouvaient s’imaginer en train de jouer devant des foules hostiles.
« Personnellement, je crois que nous serons les ennemis de la foule Les gens ne voudront pas nous voir réussir. Je suis prêt pour cela », dit celui qui a l’habitude de composer avec les huées de la foule, dans au moins 31 des amphithéâtres de la LNH. « Je suis prêt pour cela. Je sais que des tas de gens vont nous soutenir à distance. Je suis très à l’aise dans ce type d’environnement. Et je ne suis pas seul. »
Encore une fois, Sanderson est d’accord. « Je me souviens d’un match, au Championnat du monde. On jouait contre la Pologne. Le tournoi n’était même pas présenté en Pologne. C’était en Tchéquie. Les fans voulaient nous voir perdre », raconte-t-il. « Ça se passe comme ça, souvent. Les gens aiment voir les gens trébucher tôt. Moi, ça ne me dérange pas. C’est le genre de chose qui me met le feu au derrière. »
Sanderson, Tkachuk ressentiront tout le soutien de leurs millions de fans, tout en sachant que ces fans ont des attentes. Les Américains ont remporté leur dernière médaille d’or en hockey sur glace masculin lorsqu’ils ont réalisé le fameux « Miracle on ice » à Lake Placid, en 1980. Il s’agissait de leur deuxième victoire en finale olympique. La précédente avait eu lieu 20 ans plus tôt, en 1960, à Squaw Valley.
Entre 1998 et 2014, lors des cinq éditions des Jeux marqués par la présence des joueurs de la LNH, les États-Unis ont remporté deux fois l’argent. Chaque fois, ils ont été battus par l’équipe nationale canadienne en grande finale.


















