Dom Nicoletta + John Forget

Nous avons trouvé deux membres de l’organisation des Sénateurs d’Ottawa que tout le monde pourra soutenir lors des Jeux olympiques, à Milan.

Le thérapeute en chef du sport Domenic Nicoletta et le gérant de l’équipement en chef John Forget feront partie de la délégation canadienne lors des Jeux olympiques d’hiver à Milan. L’équipe canadienne masculine de hockey disputera son premier match jeudi matin, à 10 h 40, contre la Tchéquie.

Les deux hommes ont souvent fait partie du personnel d’Équipe Canada lors d’événements internationaux au cours des dernières années. Ils ont porté — et pris soin, dans le cas de Forget — les uniformes canadiens à 12 occasions lors du Championnat mondial de l’IIHF. Ils étaient également présents, l’an dernier, lors de la Confrontation des 4 nations.

Ce voyage constituera un retour aux sources pour Nicoletta, en quelque sorte. Ses parents sont nés en Calabre, à environ 11 heures au sud de Milan. Il s’agira du premier séjour en Italie pour l’homme de 52 ans depuis sa lune de miel. Son épouse, Jenny, est la fille du regretté John Muckler, qui a été le directeur général des Sénateurs.

Forget rêve depuis longtemps de visiter l’Italie. Il obtiendra enfin sa chance, dans une certaine mesure. « Je ne crois pas que j’aurai vraiment la chance de visiter les attraits touristiques », rigole l’homme de 45 ans.

Les deux hommes auront la chance d’emmener leurs familles aux Jeux.

« C’est le genre d’opportunité qui ne se présente pas souvent dans une vie », dit Forget. « Il faut savoir profiter de ces opportunités. Ma femme aura tout un défi devant elle, durant un vol de huit heures durant lequel elle devra s’occuper de trois enfants. Il n’était pas question pour nous de rater cette opportunité. »

Forget devait partiiper aux Jeux olympiques de Pékin en 2022 avec Équipe Canada. Ce projet est tombé à l’eau lorsqu’on a pris la décision de ne pas envoyer les joueurs de la LNH, alors qu’on essayait de sortir de la pandémie de COVID-19.

« C’était bizarre. D’abord, nous avions fait tout le travail de préparation. Nous avions participé aux rencontres dans la région de Banff avec les entraîneurs. À l’époque, nous ne savions pas vraiment ce qui allait se passer. Nous étions en train de nous sortir de la COVID. On se basait sur l’expérience des Jeux d’été de Tokyo. Du jour au lendemain, on a tout annulé », se souvient Forget.

« Après avoir entendu les histoires des gens qui étaient là, je crois que nous n’aurions pas vraiment vécu l’expérience olympique. C'était très cloisonné et il y avait beaucoup de règles. Je pense que tout le monde a cette vision des Jeux olympiques, où l'on rencontre des gens, où l'on assiste à d'autres épreuves, où l'on profite de cette ambiance particulière, mais pour moi, cela se résumait à être à la patinoire et dans la bulle, et il n’aurait surtout pas fallu développer des symptômes. »

Cette fois, toute la préparation a été faite pour un tournoi qu’on attend depuis 12 ans. La Confrontation des 4 nations 2025 a servi de répétition générale. Ce fut le premier tournoi opposant les meilleurs joueurs au monde depuis la Coupe du monde de 2016, même si seulement quatre pays étaient invités.

Forbet et Nicoletta feront partie d’une très petite, mais polyvalente équipe à Milan. Darren Granger, qui occupe le même poste que Forget chez les Kings de Los Angeles, sera également de la partie. Les deux hommes se connaissent plutôt bien, pour avoir fait équipe lors de la Confrontation des 4 nations.

Les responsables de l'équipement ont utilisé la longue liste de joueurs de l'équipe établie pendant la saison morte afin de trouver l'équipement nécessaire pour tous ceux qui pourraient être sélectionnés. Une fois la composition de l'équipe finalisée, ils se sont attelés à distribuer cet équipement à leurs équipes respectives de la LNH afin qu'ils puissent s'y habituer avant leur départ pour l'Italie.

« Nous avons une super équipe. Tous les gens qui seront en Italie ont déjà travaillé lors de grands événements internationaux. Ça nous facilite la tâche. Chacun sait dans quoi il s’embarque », dit Forget.

« Lors de tournois comme celui-là, tout le monde doit mettre l’épaule à la roue. Ce n’est pas pareil, ici, à Ottawa. Nous avons un million de personnes qui sont prêts à nous aider dans tous les niveaux. »

Nicoletta est d’accord. Tout le monde doit jouer un rôle plus au sein de l’équipe nationale. « Cent pour cent. Quand il y a seulement cinq ou six personnes au sein du groupe, tout le monde doit se rendre disponible pour préparer le vestiaire avant l’arrivée des joueurs. Je ne pourrai pas uniquement m’occuper de l’aspect médical. Je devrai soutenir tous mes collègues, chaque jour », a-t-il indiqué.

« Il faut essayer de penser à tout. Nous allons voyager dans un pays différent, où les choses ne fonctionnent pas toujours de la même façon », dit Forget.

« Ça peut être une question d’électricité. Les pays d’Europe fonctionnent sur 220 volts. Nous travaillons sur 110 volts. Il y a tout plein d’enjeux comme celui-là. Nous avons eu plusieurs rencontres. Nous avons révisé le contenu de tous nos bagages. Tous ceux qui ont eu de l’expérience sur la scène internationale peuvent anticiper les enjeux. »

Nicoletta affirme que l'objectif du personnel de thérapie sportive est de fournir tout ce dont les joueurs ont besoin, aux côtés de Kent Kobelka, thérapeute en chef et physiothérapeute sportif des Flames, qui revient également en tant que physiologiste du sport.

« Sur le plan médical, l'objectif est de donner aux joueurs tout ce dont ils ont besoin, que ce soit sur le plan médical, au niveau des tissus mous, de l'échauffement ou des traitements. Nous leur fournissons tout ce dont ils ont besoin quand ils en ont besoin, puis nous nous asseyons et regardons le spectacle », a déclaré Nicoletta.

Nicoletta partage l’avis de Forget. Le groupe qui a travaillé ensemble dans le passé s’est bien préparé aux défis de Milan. En plus d’avoir remporté la Confrontation des 4 nations, Nicoletta et Forget sont revenus du Championnat mondial à deux reprises — en 2019 ainsi qu’en 2021 — avec une médaille d’or autour du cou.

« Ce n'est certainement pas ce à quoi nous sommes habitués ici. Il y a beaucoup de choses qui changent au fil des heures, les défis sont plus nombreux, il faut tenir compte du timing, simplement en raison de la taille des installations avec lesquelles on travaille. »

En plus de travailler dans des sites différents, les membres du personnel de soutien devront s’habituer à côtoyer des gens différents. Durant la saison, les employés des équipes de la LNH passent plus de temps avec leurs collègues qu’avec les membres de leurs familles. Aux Jeux, ils devront apprendre à connaître des joueurs qu’ils côtoieront pendant quelques semaines, à peine.

« Nous sommes plutôt accueillants. Nous sommes plutôt à l’aise quand vient le temps de briser la glace avec des joueurs qu’on connaît peu », dit Forget.

« Nous avons déjà rencontré la plupart des joueurs qui seront à Milan. Ils commencent donc à nous connaître. Nous ne sommes pas des gens discrets, vous savez. Même les joueurs les plus réservés finissent par devenir bavards à ns côtés. »

« Nous sommes très accessibles, très faciles à vivre, je pense que la Confrontation des 4 Nations a beaucoup aidé, beaucoup de ces gars reviennent », déclare Nicoletta.

« Nous essayons de faire comprendre aux joueurs que nous prenons notre travail au sérieux, extrêmement au sérieux, mais nous aimons aussi détendre un peu l’atmosphère avec des blagues. »

La familiarité entre les deux, qui s'est développée depuis qu'ils ont commencé à travailler ensemble avec les Sénateurs pour la saison 2015-2016, aide également à cet égard lors des tournois courts.

« Nous avons commencé à plaisanter un peu, et les autres joueurs ont compris qu'il ne s'agissait pas d'une situation où « je ne lui parle pas et il ne me parle pas », explique Forget.

« Même à la fin de la Confrontation des 4 Nations, à la fin du tournoi dans le vestiaire, c'était devenu normal. Les gars entraient et se sentaient plus à l'aise, ils se comportaient comme ils le feraient dans leur équipe de la LNH », se souvient Nicoletta.

Et, tout comme pour les joueurs, le tournoi est un rêve devenu réalité. « C'est un immense honneur. Pour être honnête, je suis un honoré », déclare Nicoletta. « Il n'y a rien de mieux que d'entendre son hymne national sur la scène internationale, c'est fou. J'en ai encore des frissons. »

« C'est un rêve, mon gars », intervient Forget. « On a grandi en regardant ça, pas seulement le hockey, mais les Jeux olympiques en général. Le simple fait d'être sélectionné pour avoir la chance de remporter cette médaille d'or, c'est assez incroyable... quand on est sur le banc, on le ressent. »

« La compétition, l'intensité, l'attention, tout est de première classe », décrit Nicoletta. « C'est le niveau élite. Nous ne savions pas à quoi nous attendre aux 4 Nations, nous ne savions pas comment ces gars allaient réagir. Ce premier match [du tournoi] contre la Suède, les 12 premières minutes ont été les plus rapides que j'ai jamais vues. Ça n'avait rien à voir avec le hockey habituel. »

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