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Boucher : « Un défenseur au talent immense et un extraordinaire passeur »

Notre chroniqueur rend hommage à son ancien coéquipier Sergei Zubov, qui fait son entrée au Temple de la renommée en fin de semaine

par Philippe Boucher @Booboo4343 / Chroniqueur LNH.com

Philippe Boucher a disputé 17 saisons dans la LNH récoltant 94 buts et 300 points en 748 matchs. Le défenseur natif de Saint-Apollinaire a notamment connu deux saisons de 40 points et plus. Il a participé au Match des étoiles en 2007, en plus de soulever la Coupe Stanley avec les Penguins de Pittsburgh à sa dernière saison dans la LNH en 2009. Choix de première ronde (13e au total) des Sabres de Buffalo en 1991, il a successivement porté les couleurs des Sabres, des Kings de Los Angeles, des Stars de Dallas et des Penguins. Au terme de sa carrière de joueur, il a occupé des postes de direction chez l'Océanic de Rimouski, les Remparts de Québec et les Voltigeurs de Drummondville dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Philippe a accepté de collaborer avec l'équipe de LNH.com afin de traiter de divers sujets de l'actualité du hockey.

C'est la fin de semaine d'intronisation des nouveaux membres au Temple de la renommée du hockey à Toronto. Un de mes anciens coéquipiers vivra des émotions fortes en joignant les immortels du hockey. Il s'agit de Sergei Zubov, avec qui j'ai joué chez les Stars de Dallas pendant cinq saisons et plus, entre les années 2002 et 2008.

Pour connaître Sergei, je sais qu'il n'aime pas se retrouver sous les projecteurs. Il ne cherche pas à attirer l'attention ou à donner des entrevues. C'est pour ça qu'il est quelque peu méconnu du public. C'était un gars renfermé qui faisait sa petite affaire, comme on dit. Disons que s'il jouait aujourd'hui, il ne serait pas actif sur les réseaux sociaux. Il ne serait pas du genre à avoir un compte Instagram, en tout cas. Ça ne l'empêchait pas d'être un bon coéquipier. Je garde le souvenir d'un homme intelligent et réfléchi.

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Sur la patinoire, il n'était également pas le plus flamboyant, mais c'était tout un défenseur. C'était surtout un extraordinaire passeur. Il n'y a aucun doute qu'il a été le meilleur passeur parmi tous les défenseurs avec lesquels j'ai évolué dans la LNH.

Il voyait tout, il avait des yeux tout le tour de la tête. Il patinait toujours la tête bien haute en possession de la rondelle. Je lui dois plusieurs des 52 buts que j'ai réussis dans l'uniforme des Stars. Beaucoup d'autres joueurs peuvent le remercier pour les belles passes qu'il leur a servies ainsi que d'avoir fait d'eux de meilleurs joueurs.

Ce n'est pas un hasard s'il possède le record de passes (619) pour un défenseur russe dans la LNH. Il vient au deuxième rang au chapitre des points chez ses compatriotes avec 771 points en 1068 matchs. Il n'est devancé que par Sergei Gonchar, avec 811 points. 

C'était un as du jeu de puissance, un quart-arrière dans le sens pur du terme. C'est vrai qu'il a amassé beaucoup de ses points en supériorité numérique, mais on ne peut pas le définir comme un spécialiste de l'attaque massive. Il était bon dans tous les aspects. C'était un défenseur complet, au talent immense et aux qualités remarquables. Il a été un des premiers défenseurs qui a maîtrisé l'art des lancers de punition. On n'hésitait pas à l'utiliser dans ces situations.

Sergei était peut-être méconnu du public, mais il était respecté et craint de ses adversaires. Il a gagné la Coupe Stanley deux fois, avec les Rangers de New York en 1994 et les Stars en 1999. Il mérite amplement la place qu'on lui fait au Temple, et je le félicite.

Un autre qui fera son entrée par la grande porte du Temple et que je tiens à féliciter, c'est évidemment Guy Carbonneau. Il a été un adversaire dans la LNH et je l'ai connu comme dirigeant à Dallas, quand il a été l'adjoint du directeur général Bob Gainey au début des années 2000.

On doit lui lever notre chapeau parce qu'il a su s'adapter au style de la LNH de son époque. Il a trouvé sa niche, il l'a acceptée et il a régné en maître dans son art. Il est arrivé dans la Ligue au moment où ça jouait plus défensif, mais il a su tenir son bout quand l'attaque a repris ses droits dans les années 1990. Il a connu une formidable carrière sur les plans de la longévité, de la durabilité et des résultats, avec trois conquêtes de la Coupe Stanley et l'obtention du trophée Selke à trois reprises. Carbo est un homme de peu de mots, mais je peux témoigner de l'empreinte qu'il avait laissée chez les Stars à mon arrivée à Dallas en 2002. J'ai entendu parler du leadership qu'il avait exercé au cours de la saison où les Stars ont gagné la Coupe en 1999. Le respect que les gars lui montraient était palpable.

En terminant, aux autres membres qui seront admis au Temple en fin de semaine, Jim Rutherford, Vaclav Nedomansky, Hayley Wickenheiser et Jerry York, dans la catégorie des bâtisseurs, je m'en voudrais de ne pas saluer la grande contribution qu'ils ont apportée à notre sport national.

* Propos recueillis par Robert Laflamme, journaliste principal LNH.com

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