Texier badge ducharme

Alexandre Texier pourrait difficilement connaître un meilleur début de saison. L'attaquant occupe le premier rang des marqueurs des Blue Jackets de Columbus et l'équipe lui offre de plus en plus de responsabilités, à son grand bonheur.

À LIRE AUSSI: Dupuis : La beauté des séries en pleine saison régulière | Super 16 : Les Golden Knights se rapprochent du Lightning
À sa deuxième campagne complète dans la LNH, Texier se pointe au premier rang des buteurs de son club avec quatre filets, en plus d'avoir ajouté deux passes. Il n'a été blanchi que deux fois en sept rencontres. Il est arrivé en confiance au camp d'entraînement, beaucoup plus sûr de ses repères dans une ville qu'il ne connaissait pas il y a un an à peine et où on parle une langue qu'il ne maîtrisait pas.
« Ça se passe plutôt bien, a souligné l'attaquant de 21 ans. Je ne me pose pas trop de questions. J'ai la confiance de mon coach, parce que je lui en donne et que je travaille fort. Je n'ai pas changé mon jeu et je n'ai rien fait de particulier. J'ai simplifié mon jeu. C'est une des choses que j'ai apprises l'an dernier.
« Nous n'avons joué que sept matchs. J'essaye de ne pas m'enflammer et de continuer à faire ce que je fais jusqu'à maintenant. »
La progression dans le jeu du Français est évidente, et elle avait commencé à se manifester la saison dernière. Après un lent départ où il n'avait inscrit que trois buts et ajouté une aide en 22 matchs, Texier a trouvé son rythme et a accumulé neuf points lors des 11 rencontres suivantes. Trois matchs plus tard, une fracture de stress lombaire mettait fin à sa saison, le 31 décembre 2019.
« Ç'a été assez long et la réadaptation ne s'est pas passée comme prévu, a-t-il expliqué. Le point positif, c'est que ça m'a fait grandir, et ça m'a appris des choses. »
Texier ne devait pas rejouer en 2019-20, mais la pandémie de la COVID-19, les chamboulements du calendrier et la tenue de séries éliminatoires estivales lui ont permis de revenir au jeu à temps pour le tournoi éliminatoire. Il a très bien paru, et ses quatre points en 10 matchs ont aidé les Blue Jackets à éliminer les Maple Leafs de Toronto lors de la ronde de qualification pour accéder à la première ronde des séries éliminatoires. Columbus a toutefois baissé pavillon contre les éventuels gagnants de la Coupe Stanley, le Lightning de Tampa Bay.
La table était mise pour 2020-21. Non seulement il est productif, mais sa manière de l'être est différente qu'à ses débuts dans la LNH. Mardi, lors de l'affrontement contre les Panthers de la Floride, Texier a inscrit son quatrième but de la saison, quand le lancer d'Oliver Bjorkstrand l'a touché au haut du corps pour ricocher dans le filet. Ce n'était certainement pas son plus beau but en carrière, mais il en dit long sur l'implication du Français, qui n'a pas hésité à aller se salir le nez devant le demi-cercle pour permettre aux Blue Jackets de marquer. Il a même terminé le match avec une cicatrice à la joue droite, coupé par un bâton élevé.

FLA@CBJ: Texier redirige le tir de Bjorkstrand

« Pour être honnête, je n'y allais pas trop (devant le filet) il y a deux ou trois ans… mais je ne jouais pas trop défensivement quand j'étais en France non plus, a-t-il lancé en rigolant. Il faut passer par là. Si je veux des minutes et marquer des buts, je dois aller devant le filet. J'ai réussi à comprendre que si je n'y vais pas, il n'y a rien qui va se passer et je vais moins jouer. J'ai tout à gagner. »
De l'aile au centre
À son arrivée à Colombus alors qu'il restait deux matchs à faire à la saison 2018-19, l'entraîneur-chef John Tortorella avait été clair avec le natif de Grenoble : s'il n'était pas fiable défensivement, il ne jouerait pas.
Texier a compris la leçon, et depuis, Tortorella lui offre de plus en plus de responsabilités, lui qui est le troisième attaquant le plus utilisé à Columbus. À un tel point que depuis deux matchs, il évolue au centre plutôt qu'à l'aile. Il devrait piloter le premier trio de l'équipe, jeudi contre les Panthers, en compagnie de Nick Foligno et Oliver Bjorkstrand.
« Je n'avais jamais joué au centre depuis que j'ai quitté la France », a raconté celui qui a fait un détour de deux saisons par la Liiga en Finlande, de 2017 à 2019, avant d'atterrir dans la LNH. « J'aime bien avoir des responsabilités et c'est le cas au centre, plus qu'à l'aile. Je vais faire plus d'erreurs et j'ai plus de choses à apprendre. Je dois bien jouer défensivement et être bon sur les mises au jeu. Ce sont plein de petits détails qu'on ne voit pas forcément, mais qui font une grosse différence dans un match. Je me concentre là-dessus. »
Alors, satisfait de ce début de saison, Alexandre Texier? Oui, mais il sent qu'il peut en donner encore plus.
« Je ne suis pas encore là où je veux être. Mon objectif, c'est d'être un top joueur dans la LNH et dans mon équipe. Mon défi, c'est de répéter les bonnes performances chaque soir. C'est ça le plus dur et c'est sur quoi je focalise. En plus, avec la COVID, il n'y a pas de spectateurs, il faut donc essayer d'aller trouver de l'énergie au fond de nous. C'est ce que j'essaye de faire. Avec une saison courte, je ne veux pas avoir de regrets après un match. »
Le départ d'un mentor… et d'un ami
La saison s'est amorcée par une controverse à Columbus, puisque le meilleur joueur de centre de l'équipe, Pierre-Luc Dubois, a demandé une transaction. Son souhait a été exaucé le 23 janvier, lorsqu'il a été échangé aux Jets de Winnipeg en compagnie d'un choix de troisième ronde du Repêchage 2022 en retour des attaquants Patrik Laine et de Jack Roslovic.
Dans le vestiaire, les Blue Jackets ont tenté de naviguer à travers cette tempête, et la transaction permettra d'enlever une certaine tension et de tourner la page. Mais pour Texier, le départ de Dubois signifie la perte de celui qui lui a montré le chemin à son arrivée dans la LNH, qui est devenu un ami, un cochambreur, et qui lui a même appris à cuisiner.
« Le début d'une carrière, tu te souviens des personnes qui t'ont aidé et soutenu dans les moments difficiles, a souligné Texier. Quand je suis arrivé ici, je ne parlais pas anglais. Il m'a beaucoup aidé sur la glace, dans le vestiaire et en dehors. Je ne connaissais pas la ville, rien du tout. Il m'a beaucoup appris. Quand il est parti, ça faisait un peu bizarre, mais c'est un bon ami. Je suis content qu'il soit heureux et je lui ai dit que je lui souhaitais le meilleur. »