De ce point de vue, je vois beaucoup de similitudes entre son jeu et celui de Vasilevskiy. Une des grandes différences, toutefois, est que j'ai l'impression qu'Askarov joue petit dans son filet. Il mesure 6 pieds 4 pouces, mais on a parfois l'impression qu'il ne s'en sert pas. D'un autre côté, il a seulement 20 ans et ne pèse que 180 livres, comparativement aux 220 livres de Vasilevskiy.
Il a aussi démontré dans ce premier match qu'il ne manquait pas de confiance en n'hésitant pas à sortir de son filet pour jouer la rondelle, et en effectuant quelques feintes également. Il aurait peut-être pu se garder une petite gêne par moments - notamment sur le jeu qui a mené au but de Kirby Dach - mais quand un gardien est habile en maniement de rondelle, une équipe ne devrait pas s'en priver.
Sur une saison complète, les bons coups vont être plus nombreux que les gaffes. Et ces gaffes vont survenir de moins en moins souvent, au fur et à mesure que les défenseurs connaîtront les tendances et les habitudes de leur gardien. Vous comprendrez donc qu'il a fait preuve d'un peu d'audace à son tout premier match derrière cette brigade défensive.
Fort de cette première expérience, Askarov retournera probablement dans la Ligue américaine sous peu, et c'est bien correct ainsi. Les Predators comptent sur un excellent gardien en Juuse Saros et ils n'ont aucune raison de bousculer les choses avec leur jeune espoir. C'est une bonne chose qu'il transite par la Ligue américaine après des saisons au cours desquelles il n'a disputé que très peu de matchs dans la KHL.
L'environnement parfait
Une chose est certaine, c'est que les Predators n'ont pas hésité à l'envoyer dans la mêlée dans un environnement assez impressionnant. Le Centre Bell était bruyant, surtout après le discours livré par Subban.
Contrairement à ce que l'on pourrait penser, ça peut être une bonne chose pour un gardien même si ce sont des moments assez stressants. La première fois que j'ai joué dans la LNH, c'était à l'ancien Garden de Boston alors que j'étais venu en relève à Stéphane Fiset après une période. C'était à l'époque où les Bruins alignaient les Raymond Bourque, Adam Oates, Cam Neely et compagnie.
Je m'en étais quand même bien tiré. Par la suite, l'entraîneur des gardiens Daniel Bouchard avait poussé fort pour que j'obtienne un départ au Stadium de Chicago plutôt qu'à Hartford, justement parce que l'ambiance plus terne d'Hartford faisait en sorte que c'étaient des matchs plus difficiles à jouer.
Tout ça pour dire que ce n'est pas mauvais de mettre un jeune gardien dans des situations plus émotives. C'est même mieux que de l'envoyer dans la mêlée pour un match somnifère.
Les dirigeants des Predators avaient fait leurs devoirs, et se doutaient bien qu'Askarov était suffisamment outillé pour relever le défi de Montréal. Ils ne s'étaient pas trompés.
\Propos recueillis par Guillaume Lepage, journaliste LNH.com*