Je retombe dans de vieux souvenirs. Les quêtes d’une saison de 50 buts de Cole Caufield et de 100 points pour Nick Suzuki m’ont fait penser à mes premières saisons dans la LNH avec les Penguins de Pittsburgh.
À cette époque, je ne le réalisais pas, mais j’étais chanceux de côtoyer des phénomènes. À mes cinq premières années à Pittsburgh, j’ai toujours joué avec un coéquipier qui obtenait 100 points ou 50 buts. Je peux remercier Sidney Crosby et Evgeni Malkin.
Comme Sid, j’étais une recrue chez les Penguins en 2005-2006. Cette année-là, j’avais obtenu huit points (cinq buts, trois passes) en 48 matchs. Sid, lui, avait fini avec 102 points (39 buts, 63 passes) en 81 matchs.
En 2006-2007, Crosby a récolté 120 points (36 buts, 84 passes). En 2007-2008, Malkin a pris le flambeau avec une première saison de 100 points (106). Gino en était à sa deuxième saison avec les Penguins.
L'année suivante, Malkin (113) et Crosby (103) ont chacun atteint le plateau magique des 100 points. Puis en 2009-10, Sid a marqué 51 buts et obtenu 101 points.
En six campagnes à Pittsburgh, j’ai donc été témoin de six saisons de 100 points ou plus (cinq fois Crosby et une fois Malkin) et d’une année d'au moins 50 filets (Crosby). À mes cinq saisons suivantes, soit à Philadelphie, au Colorado et à Boston, je n’ai plus revécu ce phénomène.
À mes jours avec les Penguins, je croyais pratiquement que c’était la routine de voir Sid finir à 100 points et plus. Et c’était la même chose pour Gino. Je ne réalisais pas à l’époque où je jouais que j’étais chanceux de partager le même vestiaire que deux des meilleurs joueurs de ma génération.
Je parlais cette semaine avec Pierre Turgeon et Pierre Larouche. Je me retrouvais avec eux à Pittsburgh pour participer à un tournoi de hockey amical pour la fondation de Mario Lemieux. Les deux Pierre ont déjà connu le sentiment d’une saison de 50 buts et de 100 points.
Les deux disaient la même chose. Quand tu dépasses le plateau des 40 buts, tu commences à penser au chiffre de 50. Mais le nombre de matchs qui reste à jouer commence à descendre. Plus tu approches de la fin de la saison, plus tu commences à serrer ton bâton.
Je n’ai jamais frôlé une saison de 50 buts. À ma meilleure année, j’ai marqué 19 fois avec les Flyers (2011-2012). Je n’en parlais pas publiquement, mais je voulais inscrire mon 20e but. Je désirais changer de dizaine. Ça doit être tellement plus intense quand tu as la chance d’en marquer 50, comme Caufield en ce moment.
À Montréal, il n’y a pas eu un marqueur de 50 buts depuis Stéphane Richer (1989-1990). Et pour une saison de 100 points avec le CH, ça remonte à encore plus longtemps. C’était Mats Naslund (1985-1986).
Entre 50 buts et 100 points, je dirais que c’est encore plus difficile d’atteindre 50 buts. Ça prend tellement de constance pour te rendre à 50. Il ne faut pas oublier que dans une saison de 100 points, tu as parfois environ 30 passes secondaires.
Je reprends les paroles de mon vieux chum Bob Bissonnette dans sa chanson La machine à scorer :